La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un coup de théâtre…

« Boléro de Ravel, les héritiers en reprendraient bien pour 20 ans ! », c’est effectivement un sacré coup de théâtre que nous révèlent dans le Figaro Léna Lutaud et Thierry Hilleriteau. On croyait en effet, que depuis dimanche, l’œuvre de Ravel était tombée dans le domaine public, pour fêter ça, France Musique a d’ailleurs prévu aujorud’hui une Journée Free Boléro sur son antenne…et bien, finalement, il n’est peut être pas si Free que ça le Boléro, car de nouveaux héritiers surgissent de nulle part et à coups d’injonction à la Sacem, qui gère les droits d’auteur des musiciens, réclament leur part du gâteau, évaluée à 20 millions d’euros !

Ce sont en fait les héritiers du chorégraphe et du décorateur, qui ont participé en 1928 à la création du ballet du Boléro à l’Opéra Garnier qui se sont opportunément rappelé qu’ils avaient de talentueux aïeux. Le décorateur Alexandre benois étant mort en 1960, ces ayants droits réclament une rallonge de 20 ans, et Evelyne, celle que vous présentiez hier Patrick comme la « fille de la deuxième épouse du mari de la masseuse », l’héritière jusque-là de l’œuvre s’est associée à la démarche, faut dire que elle aussi en reprendrait bien pour 20 ans. Alors on découvre dans cet article du Figaro, que cette bataille pas du tout culturelle, se joue sur fond de sociétés écrans basées à Monaco ou Amsterdam, qu’elle met en scène aussi les éditions Durand, éditeur principal de Ravel qui n’a évidemment aucun intérêt à voir se tarir la manne financière, or coïncidence, la directrice des éditions durant, est aujourd’hui vice présidente de la Sacem…aie aie aie , conflit d’intérêt en vue, je vous rassure, cette directrice n’a pas siégé vendredi dernier lors du conseil d’administration qui a rejeté à l’unanimité la demande des héritiers !

Alors peut-on passer le Boléro en boucle sans enrichir plus avant la « fille de la deuxième épouse du mari de la masseuse » ? et bien pour l’instant, on n’en sait rien…L’affaire pourrait se régler devant les tribunaux…

On poursuit Hélène avec dans la presse ce matin, d’autres combats

Autres combats, autre débats

Débat sur la redistribution d’abord, avec l’annonce officialisée aujourd’hui par le premier ministre d’un coup de pouce salarial aux instits. L’occasion pour vos journaux de faire l’addition des « cadeaux électoraux » comme le titre le Figaro, raccord pour une fois avec l’Humanité qui déclare « le gouvernement, premier de la classe en calcul électoral », mais au-delà de la dénonciation électoraliste, la Croix pose a question : est-ce le moment de redistribuer ? « Oui, c’est évidemment cette question là qu’il faut traiter répond l’économiste LIEM HONG NIOC, fondateur de la nouvelle gauche socialiste. Les entreprises affirmant dans leur grande majorité qu’elles ont un problème de manque de débouchés, il faut dégeler franchement les salaires et les minima sociaux pour redonner du pouvoir d’achat. Et le gouvernement n’en fait pas assez dans cette voie-là ». «la question se pose dans de nombreux pays reconnait un autre économiste, Olivier Passet, mais pas chez nous, où il n’y a pas de cagnotte, et pas de stratégie économique derrière l’exercice qui cherche juste à éviter la contagion des mécontentements électoraux ». Débat récurrent me direz-vous, mais qui marquera sans aucun doute la campagne présidentielle à venir, à gauche notamment

Autre débat, celui sur l’opportunité de conclure ou non l’accord de libre échange avec les Etats-Unis, le fameux Tafta.

Débat, quel débat ? non, en fait il n’y a plus débat ! tout le monde est contre et le secrétaire d’Etat Mathias Fekl vient de l’enterrer un peu plus ce matin.(l’arrêt des négociations est aujourd'hui l’option la plus probable » De la droite à l’extrême droite, en passant par la gauche et l’extrême gauche, et Jean-Luc Mélenchon a beau rappeler notamment sur son blog, que pour lui, c’a a toujours été non…et bien c’est non pour tout le monde. Enfin, presque tout le monde. Le quotidien L’Opinion tente de contrecarrer ce matin sur 3 pleines pages ce qu’il appelle les « 5 mensonges des anti Tafta », l’euro député Alain Lamassoure, très seul dans son propre camp Les Républicains est appelé à la rescousse pour dénoncer ce qu’il considère comme un simple réflexe anticapitaliste et anti-américaniste » qui au final fera le jeu de la Chine et affaiblira l’europe dit il. Mais Rémi Godeau dans son édito ne se fait guère d’illusion « eh oh lance t il » (on notera que l’interpellation hé Oh, rendue populaire par le mouvement de défense imaginé par les amis de François Hollande devient la tarte à la crème du journalisme politique ces jours ci), eh oh donc, il n’y a plus personne pour défendre dans ce pays le libre-échange, sous peine de se voie accusé cde plébisciter le poulet lavé au chlore ? Un tel unanimisme signe déplore-t-il, la victoire intellectuelle du repli sur soi… ». Pas de débat donc, mais un petit village gaulois qui s’appelle ce matin, l’Opinion.

Débat sur la loi El Khomri…celui-là, il commence bien aujourd’hui à l’assemblée nationale…

5000 amendements déposés, débats prévus normalement jusqu’au 12 mai. Marathon en vue donc pour une novice Myriam El Khomri. On relèvera ce matin .

1,que la ministre du travail a beau être novice, elle apprend vite à faire de la politique. « Les erreurs, je les assume » proclame t elle bravache dans Aujourd’hui en France/le Parisien, en fait, elle les balance l’air de rien sur les épaules de son collègue Emmanuel Macron, c’est lui rappelle t elle, qui porte l’article si décrié sur le périmètre d’appréciation des difficultés économiques vécues par une entreprise . Et puis, 2 c’est marrant comme quand il s’agit d’une femme politique, on se demande tout le temps comment elle peut tenir le coup. Ca ne manque, la question lui est posée par le Parisien, la réponse, « un verre de jus d’orange ». On est ravis de la recette,

Toujours sur cette loi Travail, on relèvera aussi l’habile volte-face du numéro 1 de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly. On l’entendait dès hier sur France Inter, mais ce matin, les Echos nous décryptent sa stratégie. Mailly exigeait jusque là son retrait pur et simple, il vient de trouver une occasion de cornériser la CGT, un vieux rêve de Fo, en devenant un interlocuteur du gouvernement pour lui faire accepter de nouveaux amendements, un rendez-vous est d’ailleurs programmé avec François Hollande… Décidément en matière de politique, les hommes ont effectivement encore plein de choses à nous apprendre

Et puis dernier débat également dans de nombreux quotidiens ce matin, Ouest France en fait même sa Une, Que reste t il du Front Populaire ? 80 ans après sa victoire. Dans Libération, Laurent JOffrin veut surtout en retenir les leçons que la gauche devrait en tirer pour le présent, être unie avant tout si elle veut gagner et « accepter la morsure du réel ». Quand dans Ouest France, l’historienne Danielle Tartakowski s’étonne que dans la bataille actuelle contre la loi Travail, personne ne soit vraiment approprié 36, alors qu’il s’agit bien, de conventions collectives, d’enjeux, et de la fin d’un cycle qui avait commencé sous le front populaire » affirme t elle

On termine d’un mot Hélène, sur la légèreté

La légèreté, c’est le titre de l’album que Catherine Meurisse, dessinatrice à Charlie Hebdo vient de publier aux Editions Dargaud. Elle était l’invitée d’Augustin trappenard, vendredi. ce matin, Caroline Constant dans l’Humanité dit quelques mots de cet album qui raconte comment se reconstruire après le massacre, en partant en quête de la beauté sur les pas de Proust à Cabourg ou de Stendhal à la Villa Médicis à Rome. Album « Sublime et bouleversant » dit elle. on ne saurait mieux dire.

►►► Lisez Catherine Meurisse qui commente trois planches deLa Légereté __ et écoutez Catherine Meurisse invitée d'Augustin Trapenard dans Boomerang

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