"T'aar ta gueule à la récré"... Dits par Souchon, ces mots sont pleins de poésie.... Mais dans la réalité des cours d'école, ils le sont beaucoup moins. C'est "Le Parisien" qui tire la sonnette d'alarme. Il se trouve que dans un collège de Seine-et-Marne, une mère de famille a porté plainte parce que son fils de 12 ans a été victime à la récré d'un jeu aussi gratuit que violent : le "delta". Or, dans toute la France, ces jeux trash se multiplient, à tel point que le ministère de l'Education s'est saisi de l'affaire. Jeux interdits ?... Pas encore... Mais, promis juré, le ministère va agir. En attendant, ces jeux prolifèrent... Il y a donc le "delta" : les élèves choisissent leur victime et fondent sur elle pour la rouer de coups... Le prétexte varie selon les établissements... Parfois, on choisit sa proie tout simplement parce que c'est son anniversaire... Ce qui était le cas pour le gamin de 12 ans dont je vous parlais à l'instant. Il y a aussi le "jeu de la pièce", où les perdants doivent se frotter les mains sur un mur jusqu'au sang... Ou encore le "jeu de la tomate", qui consiste à multiplier les flexions jusqu'à perdre haleine, avant qu'un "camarade", si je puis dire, plaque ses mains sur le sternum de la victime... La partie est considérée comme réussie lorsque l'enfant s'évanouit. La liste est longue... Vous la lirez dans "Le Parisien"... Au départ, il y a le fameux "j'parie que t'es pas cap"... Mais il y a surtout une forme de brimade, avec bouc-émissaire, qui peut parfois conduire au suicide, déplore le ministère de l'Education. La grippe aviaire... Toujours dans les journaux... Un truc de "ouf", comme diraient les ados dans les cours d'école... Oui, folie... "Folie aviaire", comme le titre "Libération", qui établit ce constat : services d'urgence assiégés, animaux abattus, les Français cèdent à une peur irrationnelle. "Un oiseau mort, et la psychose s'emballe"... Hier, c'est "Le Parisien" qui se faisait l'écho de l'émotion créée par la découverte d'une mouette agonisante dans la cour d'honneur du Palais Bourbon... Or, après examen, on en a conclu que l'oiseau s'était pris une vitre... Il n'empêche qu'un cordon sanitaire a été immédiatement installé autour du volatile... En tout cas, ne dites plus "ma poulette" ou "mon oiseau des îles" à celle que vous aimez... Ca pourrait être mal pris. Et comme les oiseaux ne se cachent même pas pour mourir, ils nous font peur. Ainsi, "Libération" s'est appuyé sur les témoignages des conseillers du numéro "Grippe aviaire info" qui, en début de semaine, a atteint une sorte de pic de l'angoisse, avec 5.000 appels... D'où ce petit Tour de France des anecdotes, qui en dit long sur la paranoïa ambiante. Oiseaux de malheur... C'est maintenant la mort au trousses qu'ils prennent leur envol... A Strasbourg notamment, on a enregistré des cas d'empoisonnement de rapaces... Et dans le même département du Bas-Rhin, une femme a exigé que l'on démonte le nid de cigogne installé sur un pylone électrique près de chez elle. Et puis, comme souvent en ces temps troublés, la délation fait son nid... Dans le Loiret par exemple, une femme a appelé pour dénoncer son voisin, qui laissait ses trois poules en liberté. Depuis Hitchcock, on sait que "psychose" et "oiseau" sont des mots qui vont très bien ensemble... "Psychose aviaire", comme le titre de son côté "France Soir", qui raconte comment le maire de Groslay, dans le Val-d'Oise, a interdit le poulet dans les cantines scolaires. Le poulet suspendu : décision jugée irresponsable et illégale par le ministère de l'Agriculture, qui a demandé au préfet de l'annuler. Elles existent depuis dix ans, mais elles ne cessent de nous étonner par leur poésie... Les Victoires... des SICAV ! Oui, ça existe... C'est même une des fiertés du journal "La Tribune" qui, chaque année, récompense les meilleurs placements... Un sujet qui constitue un supplément de 22 pages dans le quotidien économique... Sous le titre : "Les Victoires fêtent leurs 10 ans". "Pourvu que ça dure !", écrit Franck Pauly... Depuis une décennie, la fine fleur des finances fête ses Victoires en début d'année, en récompensant les meilleurs promoteurs de fonds... Et le champion des champions, c'est Aviva, avec 11 trophées engrangés, devant Le Crédit Lyonnais... Assureurs et banquiers se portent bien. Il y a donc ceux qui touchent des fonds... et ceux qui touchent LE fond. D'où cette Une de "L'Humanité" : "1.000 pauvres de plus par jour"... Après plusieurs années de baisse, la pauvreté monétaire est repartie à la hausse, révèle le dernier rapport de l'Observatoire de l'exclusion sociale, dont il faut retenir ces quelques chiffres... Les femmes d'abord : alors qu'elles représentent 51% de la population française, elles constituent 53% de la population pauvre. Les pauvres, hommes et femmes confondus : jusqu'à 7 millions de personnes en France... Autrement 12% de la population totale... Sachant qu'est pauvre, toute personne qui touche entre... rien... et 774 euros par mois. Ce qui fait dire à Maurice Ulrich, dans son édito, que la France d'aujourd'hui n'est pas seulement un pays où ceux qui n'auraient pas su trouver leur place dans la société sont abandonnés... C'est un pays de la pauvreté de masse. Oui, un revenant déjà un peu revenu... Un homme de la tentation... Il y a eu celle de Venise... Titre d'un livre dans lequel il ne croyait pas si bien dire, puisqu'il a dû s'éclipser de la vie politique active... C'est Alain Juppé, bien sûr, qui vit aujourd'hui la tentation de Bordeaux et, en filigrane, de Paris... "Juppé prépare son retour", nous explique "L'Express". Selon l'hebdomadaire, l'ancien Premier ministre réfléchit au meilleur moyen de revenir sur la scène politique, pour exister pleinement lors de la prochaine campagne présidentielle. Alors, deux hypothèses : 1 : Provoquer à l'automne une démission de la majorité municipale de Bordeaux, pour se présenter... Un peu lourd comme procédé... 2 : Une législative partielle en Gironde, avant la mi-juin... Elu député, Alain Juppé pourrait récupérer la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale... Une construction qui vaut ce qu'elle vaut, mais qui prouve une chose, nous dit "L'Express" : quand s'ouvrira la course élyséenne, il sera présent. Oui, si je vous dis que les préservatifs, c'est bon pour l'hygiène dentaire, n'y voyez pas d'allusion scabreuse... Mais, selon le "Guardian" de Londres, nos voisins britanniques dépensent des fortunes en dentifrices et shampooings, pour masquer leur embarras lorsqu'ils achètent des préservatifs en pharmacie. La pudeur a donc un coût... Car, à ce rythme-là, ça frise les 2 livres 60 d'achats supplémentaires pour les hommes, et 5 livres pour les femmes... Autrement dit, 8 euros environ. Des états d'âme juteux pour les pharmaciens, comme l'écrit le "Guardian"... Les retombées de cette pudeur sont estimées, pour les officines, à 67 millions d'euros. Retour en France, direction les planches... Et coup de chapeau à un certain Monsieur Ribbes, directeur du Théâtre du Rond-Point, à Paris... Un rond-point comme un carrefour, car il ne s'agit pas que d'un théâtre, comme le dit "Le Parisien"... Non, c'est aussi un lieu branché, tout à la fois pôle de création et centre de récréation... Où là, le jeu n'est jamais dangereux... Bref, il se passe toujours quelque chose au Rond-Point, autour des trois salles de théâtre, de la librairie et du restaurant... "Un lieu de vie, un lieu d'envie", comme le dit Jean-Michel Ribbes... Qui plus est, avec des résultats... 155.000 spectateurs sont venus voir les 23 spectacles proposés au cours de la saison 2004-2005... Il faut dire que Ribbes joue la surprise... Son théâtre est un petit paradis pour la création... Il faut dire qu'il reçoit en moyenne 80 manuscrits par mois... Créateurs, c'est donc à cette porte qu'il faut aller frapper. Théâtre d'hier et d'aujourd'hui... Qui se souvient d'une pièce intitulée "Le troisième témoin" ?... Une comédie policière, un peu ennuyeuse, mais pas mal ficelée tout de même... C'est cette pièce-là qui fut la première retransmise en direct, et en public... Et c'est à la suite de celle-ci que Pierre Sabbagh a créé "Au théâtre ce soir"... Un élément de notre patrimoine, dont l'auteur du "Troisième témoin" n'est pas peu fier... C'est Dominique Nohain, le fils de son père, Jean Nohain, et ses fameuses "36 chandelles"... Dominique Nohain, qui donne une interview dans "France Soir", délivre cet aveu : "Je ne vais plus au théâtre, dit-il, car j'aimais tellement être sur scène que quand je suis dans la salle, j'ai l'impression de ne pas être à ma place". Eh bien, précisément, "La Croix" rend hommage à un homme qui a passé sa vie dans la salle et qui, à 65 ans, monte sur la scène. Cet homme, c'est un confrère : Jean-Pierre Léonardini, critique dramatique du journal "L'Humanité", qui a déchiré la membrane qui sépare le spectateur de l'acteur... Il est donc sur les planches, tous les soirs, au Théâtre de la Colline, où il joue les pères terribles dans "Le projet HLA". Un critique qui se retrouve dans la peau de l'acteur soumis au jugement de ses confrères, ça ne manque pas de panache... D'ailleurs, il explique que les milliers d'articles qu'il a écrits sur les comédiens et leur jeu ne lui ont servi à rien... "Ici, ajoute-t-il, c'est ma propre carcasse qui va au feu... C'est tout". Alors, à la question incontournable qu'on lui pose... "Allez-vous abandonner le journalisme pour le théâtre ?"... Il donne la meilleure des réponses, tant il serait douloureux de devoir choisir... La réponse est "Ni oui, ni non". On termine avec un autre artiste... Pas journaliste mais, avec ses mots, il a créé un univers bien particulier... C'est Alain Souchon, en Une du "Pèlerin", qui s'explique sur sa chanson "Et si en plus y a personne"... Où il assimile la religion et la violence... Pour "Le Pèlerin", Souchon parle aussi de sa culture religieuse... "J'aime bien l'idée qu'il existe un Dieu créateur, mais je ne suis pas sûr, je n'aime pas les certitudes". "Cette foi qui me manque", dit-il. Souchon le chanteur, content d'être chanteur... "Pour apporter, dit-il, un peu de lumière autour de soi"... "Et si t'es pas d'accord ?... T'aar ta gueule à la récré !"

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