Patrick Cohen : Dans la presse ce matin : questions embarrassantes... Bruno Duvic : A l'heure où Martine Aubry commence à dévoiler le projet socialiste, à un peu plus de quinze jours des Cantonales, un candidat aux Primaires balance un pavé dans le port de Marseille... un pavé qui ne sent pas la rose ! C'est une note adressée à Martine Aubry par Arnaud Montebourg. Le journal La Provence se l'est procurée... cette note dénonce violemment les pratiques à la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Arnaud Montebourg explique qu'il l'a rédigée après un déplacement dans le département en juin dernier. Il dénonce un système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur. Contrôle sans limite de Jean-Noël Guérini, le président du Conseil général, sur le parti. Dérives les plus graves dans l'usage de l'argent public, menaces physiques et intimidation sur un élu d'un homme armé se présentant comme un défenseur du président du Conseil général. Et depuis l'ouverture d'une information judiciaire sur les marchés publics dans les Bouches-du-Rhône, les pressions et les menaces sur les camarades se sont généralisées, ajoute Montebourg. Il suggère une mise sous tutelle de la Fédération socialiste des Bouches-du-Rhône. Le bureau politique du Parti socialiste se réunit mardi... Interrogé hier par l'Agence France Presse, François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry, déclare : "Il n'y a rien dans ce rapport. C'est un avis d'Arnaud Montebourg, des affirmations péremptoires, des faits pas étayés. Aucune preuve, aucun fait réel", a poursuivi M. Lamy. Patrick Cohen : 2ème question : la Libye est au bord de la guerre et de la catastrophe humanitaire... Que fait l'Europe ? Bruno Duvic : La Croix et Le Parisien-Aujourd'hui-en-France décrivent la situation au poste-frontière de Ras Jdir, entre Libye et Tunisie. Un fleuve de plusieurs milliers d'hommes, avec des couvertures et un bagage sur la tête, défilent tous les jours. 75.000 personnes sont déjà en Tunisie, 40.000 attendent du côté libyen. La porte-parole du HCR le dit tout net : "Nous allons vers une catastrophe humanitaire". Un avocat tunisien estime qu'en amenant tous ces réfugiés à la frontière, les Libyens veulent créer un problème avec la Tunisie et l'Europe. Pour l'instant, la solidarité des Tunisiens est sans faille. Ces réfugiés fuient les combats. Première question : "Comment faire dégager Kadhafi ?"... elle est à la Une de Libération. Intervenir ou pas, tel est le dilemme posé aux Occidentaux. C'est ce que Libé appelle "l'ingérable ingérence". Réponse de Vincent Giret dans l'éditorial : "Toute prétention à porter secours à un peuple sans se préoccuper de son avis voue une telle opération à la catastrophe. Mais ce constat ne nous condamne nullement à l'inaction. La communauté internationale doit être prête à intervenir dès lors que les représentants émergeants de l'insurrection libyenne le lui demandent". Intervention militaire, intervention humanitaire, zone d'exclusion aérienne... Pour Alain Juppé, une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU est indispensable. Pour l'instant, la Chine et la Russie y sont opposées. Quand on dit "communauté internationale", que veut-on dire ? L'Europe est en première ligne. Un responsable de l'Union européenne lève le voile sur les discussions avec les Etats-Unis : "Washington nous fait gentiment comprendre qu'il s'agit de notre immigration, notre pétrole, notre relation avec l'islam. Bref, notre problème". Alors, pétrole et bons sentiments... Que fait l'Europe pour aider les peuples arabes ? ... c'est la Une de Courrier-International cette semaine. Pour l'instant, "l'Union européenne, écrit un journaliste d'El-Païs, c'est la doctrine zéro. Nos dirigeants veulent protester sans déranger, influencer sans s'ingérer, condamner sans sanctionner, aider sans prendre de risque, participer sans payer... Bref, des changements sans rien en échange". "Les pays européens, écrit Philippe Thureau-Dangin dans l'édito de Courrier, sont désorientés, souvent hypocrites et incapables d'avoir une politique cohérente". Leïla Shahid, déléguée générale de Palestine auprès de l'Union européenne, ne dit pas autre chose dans les colonnes de Politis : "L'Europe n'est pas une vraie union. Il y a 27 Etats membres dont la différence de perception est parfois énorme. La politique euro-méditerranéenne est un échec total". Pour Valeurs-Actuelles, "passée l'euphorie des révolutions, l'Europe est aussi face à une bombe migratoire". Et en effet, les 27 sont divisés. Ce sont les pays les plus concernés qui réclament un effort particulier à l'Europe. L'urgence n'est pas vécue de la même façon partout. Les immigrés clandestins ne se bousculent pas pour aller s'installer en Europe du nord ou de l'est. Une bombe migratoire, vraiment ? Pour l'instant, c'est bel et bien la Tunisie qui fait face à l'afflux de réfugiés. Dans ce contexte, le dessin de Sempé, cette semaine dans Paris-Match, prend un relief particulier auquel, peut-être, le dessinateur lui-même n'avait pas songé. Dans un jardin public, un petit garçon regarde un bateau miniature dériver dans un bassin... Il y a placé plein de petits animaux... des jouets en plastique... et il le regarde dériver comme une nouvelle arche de Noé. Patrick Cohen : 3ème question : que reste-t-il du débat sur l'islam ? Bruno Duvic : Plus grand chose, si ce n'est un malaise à en croire la presse ce matin... Ne dîtes plus "débat sur l'islam" mais "réflexion sur le respect de la laïcité". Cela donnera lieu à une simple convention. Et à en croire Libération, après cette date, on passera à autre chose. Il faut dire que ce malaise, il est ressenti jusque dans la majorité. Libé rappelle les parole d'Hervé de Charette, mardi à l'Assemblée nationale : "Il est bien étrange que dans le pays de la laïcité, les responsables politiques organisent un débat sur la pratique d'une religion". Et l'ancien ministre des Affaires étrangères de parler "d'une initiative qui conduit non pas à débattre mais à inquiéter... non pas à rassembler mais à opposer. Le tout, au nom de je ne sais quel obscur calcul politicien". "Il n'y a rien d'électoraliste dans cette initiative" assure Jean-François Copé. Mais L'Humanité dénonce à sa Une "une liaison dangereuse entre FN et UMP". C'est aujourd'hui que la circulaire de mise en œuvre de la loi contre le port du voile intégral dans l'espace public est publiée au Journal Officiel. Entrée en vigueur du texte : 11 avril. "Islam et laïcité sont compatibles écrivent" dans Le Figaro, le politologue Olivier Roy et l'historien Justin Vaïsse. Pour eux, la loi sur le foulard de 2004 a été un moment important. Son respect quasi universel a démontré l'attachement des musulmans français à la légalité. Le musulman typique n'est plus assimilable à la banlieue et à l'immigration. C'est un Français des classes moyennes, religieux ou non, et dont les normes sociales sont aussi éloignées du fondamentalisme que celles de son voisin non musulman". Dans ce contexte, l'éditorialiste Maurice Ullrich voit dans la visite de Nicolas Sarkozy au Puy et dans sa cathédrale, une mascarade et une provocation. Ceux qui s'indignent dès que le président de la République manifeste de l'intérêt pour la religion catholique, vont avoir du grain à moudre... Guillaume Tabar nous l'apprend dans Les Echos : "Il assistera, le 1er mai, à la cérémonie de béatification de Jean-Paul 2 au Vatican"; Allez pour finir, tout autre chose... Alors que John Galliano vient d'être viré de chez Dior pour propos antisémites, Le Parisien consacre un article à Karl Lagerfeld à partir de petites phrases qu'il a prononcées... Il flirte avec la provoc et la misogynie. Extrait choisi : "Je me souviens d'une créatrice qui disait que ses robes n'étaient portées que par des femmes intelligentes. Evidemment, elle a fait faillite »... Ou encore : "Mes lunettes, c'est ma burqa à moi"... L'homme au catogan est-il heureux ? Réponse : "Etre heureux... non, je ne suis pas si ambitieux !"

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