C'est un chemin de montagne à 60 kilomètres de Yalta. Il débouche sur un plateau d'herbes et de cailloux. Jusque là, écrit Renaud Girard dans Le Figaro , « les visions que l'on avait eues de l'armée russe en Crimée étaient fugitives (….) Mais tout à coup, on se met à voir des soldats russes partout. Treillis rembourré vert foncé, casque lourd sur la tête, fusils d'assaut à la main. Ils sont postés par paires, tous les vingt mètres ». Ils encerclent un camp militaire ukrainien.

La Crimée sous emprise russe, Sébastien Gobert prend le relais dans Libération . Il est à Sébastopol, la ville qui abrite la flotte russe de la mer noire. 15.000 soldats et employés russes y résident en permanence. Il n'y a plus qu'un seul bâtiment qui arbore le drapeau ukrainien : une chaine de télévision. Sebastopol TV.

Un jeune homme qui fait figure de porte-parole de la révolution de Maidan dans la ville reçoit la presse caché dans sa voiture. "Ca n'a jamais pris ici. Beaucoup de nos membres ont été victimes d'intimidations et de violences."

Plus loin, sur une place de la ville, des cosaques donnent un concert sur une estrade géante. Des milliers de personnes les écoutent, des drapeaux russes flottent au vent. Parole d'un jeune couple de spectateurs : "Nous n'avons jamais vraiment fait partie de l'Ukraine".

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Le visage de Vladimir Poutine à la Une du Parisien Aujourd'hui en France .

Et ce titre : « Jusqu'où ira-t-il ? »

« La guerre menace », titre Midi Libre . « La guerre des nerfs », pour Metro News .

Jusqu'où ira-t-il ? Cela dépend, notamment de la réponse occidentale. Chancelleries de l'Ouest prises de court part les mouvements de troupe russes en Crimée une semaine après la révolution de Kiev.

Commentaire de Jean-Paul Piérot dans L'Humanité : « Tout se passe comme si, dans ces chancelleries, avait été d'emblée écartée, dans l'euphorie générale, toute réaction du Kremlin à un bouleversement à ses frontières. Une fois la griserie passée, le choc du réveil est douloureux. »

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Occident pris de court, « Occident impuissant », titre L'Opinion . Obama étudie fébrilement ses options, titre Le Figaro . Propos d'un opposant à Obama, sénateur républicain : « Depuis que l'administration s'est jetée dans les bras des russes en Syrie pour ne pas avoir à faire ce qu'elle avait promis, une intervention militaire, Poutine a vu notre faiblesse". Une chercheuse, spécialiste des relations internationales complète : « L'Ukraine est bien plus vitale pour Poutine qu'elle ne l'est pour nous. Lui est prêt à utiliser la violence sans ciller. Pas nous. L'asymétrie est évidente. »

« Ukraine : l'embarras de Washington face à Poutine », titre Mediapart .

Et l'Europe ? Retour au Figaro . Regard d'un analyste d'un cercle de réflexion américain, Ian Bremmer. "J'ai parlé avec plusieurs ministres européens engagés dans la recherche d'options. Ils n'ont pas la moindre idée de ce qu'il faut faire."

Il y a les menaces de sanctions économiques, tout de même. Si beaucoup d'observateurs dans la presse doutent de leur efficacité, François Heisbourg de la Fondation pour la recherche stratégique en soutient le principe dans le Parisien : « La Russie est puissante mais il ne faut pas sous-estimer ces sanctions, car elles toucheraient l'élite du pays. »

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Pour l'instant, si les troupes russes sont massées en Ukraine, aucun coup de feu n'a été tiré. Comment éviter que la crise ne devienne encore plus grave ? Une idée réunit, une fois n'est pas coutume, L’Opinion et L'Humanité : ne pas rompre le lien avec Vladimir Poutine. "La médiation plutôt que les canons" titre L'Huma . Alexandre Adler dans L'Opinion retient une leçon de la première guerre mondiale, il y a un siècle, toutes proportions gardées : "Un engrenage mal maitrisé peut parvenir à des résultats catastrophiques qui échappent en partie à leurs protagonistes apparents". Il suggère même le nm d'un médiateur : l'ancien chancelier allemand Gerard Schröder.

Dans la presse également : voile sur le football

C'est une mesure qui était à l'essai depuis vingt mois et qui entre bel et bien en vigueur. La fédération internationale de football autorise le port du voile ou du turban sur le terrain de football. Chaque fédération ou ligne nationale a tout de même son mot à dire. Et dans Le Figaro , coup de sang du président de la ligue en France, Frédéric Thiriez, choqué : « Autoriser le voile dans le foot, c'est mépriser la femme (…)

Aussi bien les lois du jeu que la charte olympique excluent des terrains tout message signe ou inscription à caractère politique ou religieux. Même lorsque des athlètes demandent à porter des messages relatifs aux droits de l'homme, on leur interdit (…)

L'universalité du football veut que tous sur la planète nous soyons soumis aux mêmes règles du jeu. Quand on se met à transiger sur des principes fondamentaux, on ouvre la porte à l'encouragement du communautarisme dans le sport. Dans le foot amateur, beaucoup de petits clubs religieux locaux tentent de se constituer ici et là (…)

En Algérie, en Tunisie, en Egypte, au Nigeria, des jeunes filles luttent pour pouvoir jouer au football ou pouvoir participer à des compétitions d'athlétisme sans être voilées. Elles doivent se sentir trahies. »

Argument avancé par la Fifa, le développement du football dans certains pays. Argument rejeté dans L'Humanité : « Les intérêts financiers motivent davantage les dirigeants du football que ceux de la femme. »

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La Croix relève enfin que la position française de ne pas se soumettre à cette nouvelle règle pourrait être contestée, notamment lorsque la France accueillera des rencontres internationales sur son sol.

Quoi d'autre dans la presse ? D'abord la photo du jour, à la rubrique politique.

Qui est l'ex qui est le futur ? Nicolas Sarkozy et Manuel Valls côte à côte hier dans les Tribunes du Parc des Princes pour assister à PSG-OM. Photo dans Le Parisien notamment.

Match remporté par le PSG, c'est « Un grand classique » désormais, titre L'Equipe . Même La Provence à Marseille ne s'en émeut pas plus que cela. C'est « tristement logique », titre le journal.

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Et puis bien sûr Alain Resnais, qui occupe l'essentiel de la Une de Libération , malgré la quasi guerre en Ukraine : « Cinéma mon amour ».

Resnais, résumé d’une vie et d’une œuvre en un abécédaire sur le site Internet du magazine Première : « Tous les films de Resnais sont irréels, comme rêvés. De Hiroshima à Smoking, de Mon oncle d’Amérique, à Pas sur la bouche, rien n’adhère, rien ne touche le sol. C’est la marque de son talent qui échappe à la pesanteur, apporte à toute chose une bizarrerie naturelle, une théâtralité étrange, un classicisme dénaturé qui créent une allégresse subtile »

« Oui, je suis imprégné par le surréalisme. C’est comme quand on met du lait dans le Frigidaire, ça prend toutes les odeurs ». Citation d’Alain Resnais et de proches dans Libération et La Croix.

Arnaud Desplechin : « Ce qui compte, c’est que ce n’est pas un cinéaste embourgeoisé. Il est capable de tout risquer sur chaque nouveau film »

Il était conscient de ces risques. Récit du tournage d’On connaît la chanson par le cinéaste, dans Libé : « Tout le tournage s’est déroulé dans le plus totale incertitude, il nous arrivait de penser que nous faisions la plus grosse gaffe de notre vie. J’ai envisagé que, pendant la projection, les spectateurs ne casseraient peut-être pas les fauteuils – ça ne se fait plus – mais du moins, sortiraient, furieux, pour se plaindre à la caisse ».

Mais Resnais disait encore : « Mon mot d’ordre ? Faire tout ce qui me passe par la tête »

« Je refuse que l’imaginaire soit considéré comme autre chose qu’une autre sorte de réalité. Ce qui se passe dans notre tête est la vie »

Citations du cinéaste et de proches dans Libération et la Croix

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