8H30 la revue de presse, bonjour hélène jouan

A la Une ce matin, un homme qui s’y voit déjà…

En haut de l’affiche, et qui ne s’en cache, presque, plus. Interview d’Emmanuel Macron à lire ce matin dans le Financial Times: « En cas de Brexit prévient il, c’est-à-dire de sortie de l’europe de la grande Bretagne, la France cesserait de retenir les migrants à Calais ». les voilà prévenus…Du grain à moudre pour david Cameron qui avance cet argument pour convaincre les siens de renoncer à une telle aventure, mais de quoi je me mêle ? Alors même que François Hollande retrouve aujourd’hui le premier ministre britannique à Amiens pour un sommet franco britannique, notamment consacré à la Jungle de Calais.

Une « sortie » du ministre de l’économie, peut être en service commandé, mais sans nul doute à mettre aussi sur le compte de sa volonté de jouer désormais sa carte perso . L’Obs détaille cette semaine » la petite entreprise du locataire de Bercy pour prendre la main sur la campagne présidentielle de François Hollande », et se préparer à le remplacer au cas où. 2 livres en préparation, quand les autres candidats à droite et à gauche, se contentent, petits joueurs, de n’en produire qu’un, un mouvement sous forme de Club de réflexion en passe d’être porté sur les fonts baptismaux, on apprend entre autre dans l’article, que Macron aurait pu signer « en partie dit il, la violente charge de Martine Aubry contre la politique du gouvernement », qu’il rêve « d’émasculer Manuel Valls », que « c’est un vrai libéral mais aussi un vrai progresssiste » parait il sur le plan des idées, et qu’après avoir longtemps juré qu’il n’était pas un « traitre », il semble désormais se résoudre à devoir « tuer le père », à savoir son mentor en politique, François Hollande.

Alors qu’est ce qui donne soudainement des ailes à Emmanuel Macron, qu’on disait passablement affaibli par le dernier remaniement gouvernemental, privé de tribune parlementaire puisque déchargé de la loi de réforme du code de travail? et bien c’est en fait l’affaiblissement de Manuel Valls, pointé ce matin par plusieurs de vos journaux, le Figaro évoque même « un scénario de départ pour Manuel Valls » si la loi travail devait être réduite à peau de chagrin. Cécile Cornudet insiste surtout dans les Echos sur son isolement croissant, sous le titre « l’antivallsisme, valeur montante à gauche », elle y souligne que la position trop droitière du premier ministre, ajoutée à sa brutalité ont fini par concentrer toutes les critiques. Celles des frondeurs bien sûr, celles des hollandais historiques qui voient en lui le « mauvais génie » du président, jusque dans les rangs du ps. Ce matin dans l’Obs encore, le premier secrétaire du parti socialiste Jean Christophe Cambadélis qui réaffirme qu’il souhaite que François Hollande soit candidat en 2017, reste beaucoup plus circonspect quand on l’interroge sur une éventuelle candidature de Manuel Valls « dans ce cas, prévient il, ce serait une nouvelle donne et le premier secrétaire aurait son mot à dire… »…un soutien, comme la corde soutient le pendu comme dirait l’autre…bref quand un recours s’efface, un autre apparait !

Mais au-delà des batailles d’hommes, c’est la ligne défendue par le gouvernement, incarnée aujourd’hui dans la loi El Khomri qui pose question dans la presse ce matin

Le report de cette loi annoncé par Manuel Valls en début de semaine ne suffit pas effectivement à calmer la fronde. Aujourd’hui en France/le Parisien détaille la mobilisation des jeunes notamment, « Hollande face au péril jeune », c’est la première fois que la jeunesse dont il avait fait sa priorité se mobilise contre une loi d’un gouvernement de gauche souligne le journal, situation hautement inflammable d’autant qu’elle est largement relayée en dehors des canaux syndicaux traditionnels. « les jeunes c’est de la nitroglycérine » prévient un spécialiste. L’Humanité publie le contre-projet de la CGT et d’un groupe d’universitaires pour faire des « propositions d’avenir » pour un nouveau code du travail, on retiendra la reconnaissance du temps libre comme notion juridique à protéger pour les salariés, le référendum d’entreprise écarté pour ré-asseoir la légitimité des syndicats, et, signe disent ils de l’exigence d’adaptation aux temps présents et au chômage de masse, l’annualisation du temps de travail en contrepartie des 32H. Très loin vous le voyez, du texte du gouvernement.

Un gouvernement qui de toute façon a échoué, et il n’est pas le seul, c’est toute la social-démocratie qui est en échec dans le monde occidental, analyse Serge Halimi dans le mensuel le Monde diplomatique. Serge Halimi qui pointe toutes les déceptions engendrées par les sociaux libéraux, désormais en butte à toutes les critiques. Aucune de leur recette ne fonctionne, ni la flexibilité, ni la baisse des impôts, même le Fmi, même l’OCDE le disent, les inégalités n’ont fait que se creuser et la croissance n’est même pas au rendez-vous. Serge halimi qui estime que le divorce est désormais consommé avec une gauche qui a capitulé sur tout. Il veut voir dans l’émergence des Corbyn, Sanders ou autres pablo Iglesias le temps des colères, qui balaieront une stabilité politique caduque. Mais en France en est on vraiment à ce point de bascule historique comme le dit le journaliste ? sans doute pas de quoi rassurer Serge Halimi, mais à noter que dans le Elle, à paraitre demain, François Hollande qui s’exprime sur les droits des femmes se dit « féministe », mais surtout il précise être « toujours socialiste » !

On poursuit et termine Hélène avec le pape et la laicité française, et l’écrivain Kamel Daoud qui s’explique une fois encore sur son retrait du journalisme…

Le pape François qui a rencontré à Rome un groupe de catholiques de gauche, les Poissons roses, compte-rendu dans Ouest France de ses drôles de confidences : il se félicite que notre pays ait inventé le concept de laicité, mais ne le dites pas trop confie t il à ses visiteurs, sinon « il fait signe de se trancher la gorge ». Plus étonnant encore, le chef de l’Eglise catholique poursuit : « la France doit être encore plus laique »… »de nos jours explique t il, un état doit être laique mais une laicité qui permet une ouverture à la transcendance, religieuse ou philosophique. Or la France a tendance à appliquer la laicité selon la philosophie des Lumières qui considère toute religion comme une sous culture. » Voilà pourquoi il enjoint notre pays à dépasser cette approche et à être « plus laique ». Si c’est le pape qui le dit…

Et puis à retrouver effectivement dans le Quotidien d’Oran, un texte de Kamel Daoud… mi février l’écrivain annonçait qu’il quittait le journalisme, c’était après un texte sur l’affaire de Cologne qui lui avait valu d’être accusé de faire le jeu des islamophobes par un groupe d’universitaires dans les colonnes du Monde. Kamel Daoud explique que c’est d’abord par fatigue qu’il s’éloigne de la presse, « il y a en Algérie, une passion qui use dit il, qui tue parfois ou pousse à l’exil immobile ».Besoin de se ressourcer donc, mais ni faiblesse, ni débandade de sa part, Kamel Daoud ne retire rien de ce qu’il a écrit sur « nos liens malades dit il avec le corps et la femme », et ce malgré les « délires » déclenchés accuse t il. »ce que je pense de nos monstruosités culturelles est ce que je vis, par le cœur et le corps, depuis toujours, je suis algérien, je vis en Algérie, je n’accepte pas qu’on pense à ma place, en mon nom ». « Certains, qui m’ont soutenu », on notera d’ailleurs que Manuel Valls hier a lancé un appel à ce soutien sur sa page Facebook, « ont saisi qu’il s’agissait d’un droit chez moi de m’élever contre ce qui nous abaisse au nom d’une croyance. La différence ne doit pas excuser la barbarie, je ne suis pas islamophobe, je suis libre. J’aime mener moi aussi conclut il, la guerre de ma libération, et fêter parfois mes indépendances ». Indépendance qu’il va donc célébrer en se réfugiant dans la littérature…

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