Par Laetita Gayet.

Après les démissions en cascade dans le camp Fillon, il se prépare à se lancer dans la campagne présidentielle affirme ce matin, LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE à sa Une. Il est même à la manoeuvre à en croire le corps de l'article. Hier matin, le sarkozyste Georges Fenech invite les maires de France à parrainer le maire de Bordeaux. Sitôt sorti du studio de nos confrères de France Info, un appel. C'est Alain Juppé. Mais s'il se lance, Alain Juppé veut qu'il y ait une lame de fond. Au-delà de ses proches. Alors il passe des coups de fil. A Jean-François Copé qui s'activerait maintenant, en secret pour aider à trouver les 500 parrainages.

Des maires LR et UDI veulent publier une tribune pour demander à François Fillon de renoncer ?

Alain Juppé dit oui, à condition que son nom n'y figure pas. On peut la lire ce matin, dans L'OPINION.

Les sarkozystes laissent faire. Quand Alain Juppé sortira t'il du bois ? Avant dimanche dit un proche, au PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE.

Il y a ceux qui s'en vont et ceux qui restent.

Ceux qui s'en vont, mais qui ne font pas le choix d'Alain Juppé. Pierre Bacqué, maire LR de Vaudoué en Seine-et-Marne et conseiller départemental annonce au PARISIEN qu'il donnera son parrainage à Marine Le Pen, officiellement cet après-midi, quand elle viendra dans sa commune. Je ne partage pas ses idées. Mais qu'on continue de soutenir Fillon, est intolérable pour le gaulliste que je suis.

Et puis il y a ceux qui restent. Pierre Danon, ex-patron de Numéricable, membre de l'équipe de campagne de François Fillon sur le site ATLANTICO. On peut être choqué par les révélations. Mais lui seul porte le projet de redressement de notre pays auquel nous aspirons. Pierre Danon appelle à se rendre dimanche, au Trocadéro à Paris, pour soutenir le candidat.

Un rassemblement qui continue de diviser selon LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE. Au-delà du mot d'ordre, c'est le rôle de Sens Commun dans cette grand-messe qui dérange. Chistophe Billan son patron, reconnaît avoir accepté de mobiliser son réseau. Mais c'est tout.

Ce n'est pas l'avis de MEDIAPART qui assure que l'émanation au sein des Républicains de la Manif pour tousse est bel et bien à la manœuvre.

Certains assurent même au PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, que l'association aurait touché 200.000 euros pour mener à bien cette mission.

Conclusion de Bruno Retailleau, fidèle parmi les fidèles de François Fillon, dans LE FIGARO. Si le Trocadéro est noir de monde dimanche, la campagne est relancée. Si elle est vide, c'est terminé.

Comment François Fillon en est arrivé là ?

Ce n'est pas une question que pose Saïd Mahrane sur le site du POINT. C'est un constat qu'il fait.

A force de l'avoir vu né pour être second, il entendait démontrer qu'il avait du courage. Sauf qu'il a confondu orgueil et courage, déni et sagesse, cessité et bonne conscience. Pour nombre d'élus, il n'était pas prêt. Il était juste venu dans la primaire pour faire battre Sarkozy. Le candidat Fillon est aujourd'hui, méconnaissable.

C'est un cadavre soupire un de ses conseillers.

Il est devenu parano au point de baisser les stores avant un rendez-vous ou de dialoguer sur des services de messageries cryptées. Mais il avance avec des mots pleins de rages à la bouche.

Et les mots en politique ont un sens.

Un sens que trois experts ont tenté dans LE PARISIEN MAGAZINE de décrypter. Les mots clés de François Fillon sont la liberté et la dignité. Pour la sémiologue Mariette Darrigrand, son discours met en avant le critère de la vertu considérée comme virile. Qu'en est-il des autres candidats ? Jean-Luc Mélenchon est celui qui manie le mieux la langue française. Sa réthorique est insurrectionnelle. Il se moque et croque comme dans un stand-up. Marine Le Pen construit sa parole sur des oppositions. Peuple contre dirigeants. Elle est la seule à avoir recours à la métaphore. La seule qui verse le plusse dans l'imaginaire. Emmanuel Macron qui a présenté hier son programme. Un projet attrape-tout pour LE FIGARO. Ni de gauche, ni de droite au contraire, pour LIBERATION. Son discours à lui, est teinté de VOUS, quand celui de François Fillon est au JE. Il prend en compte le récepteur du discours. Parole de manager. Et enfin, Benoît Hamon. C'est une élocution hésitante et naturelle. La tempérance telle que l'entendait Platon selon Alain Rey.

Platon, grand penseur parmi d'autre du langage selon le mensuel SCIENCES HUMAINES. John Langshaw Austin affirmait, que quand on dit : "Je suis désolé", on décrit un état et en même temps, on apaise le ressentiment de l'interlocuteur, en principe. Aristote pensait lui que pour inspirer la confiance au public, l'orateur devait manifester de la prudence, de la vertu et de la bienveillance.

Comment est donc perçu sur le terrain le discours de Benoît Hamon ?

Une phrase pour comprendre dans LE PARISIEN-AUJOURD'HUI EN FRANCE, Philippe Martin, député du Gers qui était avec le candidat socialiste hier, au Salon de l'Agriculture. "Il n'y a pas de passion chez les agriculteurs, mais il y a une attention."

Et dans le camp socialiste ? D'après LIBERATION ce matin, les ministres continuent d'hésiter à le soutenir. On a le choix entre un type bien et un programme de dingue explique l'un d'eux. Et un type dingue avec un programme bien. Pas question pour autant pour ces ministres de partir seuls chez Macron.

Dans L'OPINION, certains élus socialistes pensent au contraire qu'il faut voter Emmanuel Macron. Car Benoît Hamon se bunkerise. Il est totalement fermé.

Et enfin... Les horreurs des massacres perpétrés à Mossoul, par le groupe Etat islamique. Les forces irakiennes ont découvert une fosse dans le désert. D'après le WASHINGTON POST, elle a servi de lieu d'exécution et de fosse commune aux djihadistes. Des milliers de corps pourraient s'y trouver.

Les forces irakiennes ont aussi découvert un camp militaire sous-terrain à Mossoul. Il est décrit dans LE FIGARO. Construit du temps de Saddam Hussein, il est long de plus de 2 kilomètres. Il servait de refuge. De lieu d'entraînement. Il accueillait les enfants soldats de Daech.

Enfants soldats ou enfant victimes de leurs exactions, il faudra du temps pour les faire revenir à la vie normale. Car les ONG manquent de moyens face à des enfants qui font des cauchemars ou qui comme cette fillette de 8 ans, crie tous les jours à 19 heures l'heure de l'exécution de son père sous ses yeux. LE COURRIER DE L'ATLAS résume par ces mots : L'urgence psy. Des mots qui ont un sens mais qui ne sont pas entendus.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.