C'est une UNE impressionnante... comme un manifeste... C'est la Une du "Nouvel Obs", avec 26 photos en médaillon... Jacques delors, Richard Bohringer, Robert Badinter, Laurent Fabius, Vincent Lindon, Edgar Morin, Isabelle Carré... et vous, François Bayrou, entre autres... Et puis, au centre, ce titre : "Prisons : pourquoi nous avons honte". De fait, le constat n'est pas glorieux : La France, pays des droits de l'homme, est constamment montrée du doigt pour l'inhumanité de ses prisons. Surpopulation, violences, suicides, le conseil de l'Europe vient de classer notre système carcéral parmi les pires de l'Union. Alors les signataires de cette pétition rapellent que la peine de prison, c'est la privation de liberté...Rien de plus. Citoyens, responsables politiques, professionnels de la justice, artistes, anciens détenus ou familles de prisonniers... La force de leurs arguments, ce sont les faits, que vous pourrez lire dans "Le Nouvel Obs"... La loi du plus fort, par exemple... Ou la loi du plus fou... L'hebdomadaire nous rapelle que 8 détenus sur 10 sont atteints de troubles psychologiques et que les violences sont monnaie courante, avec tortures et agressions barbares entre détenus... Sans compter les violences inconnues, murées par la loi du silence... Les raisons de la colère et de la honte, elle sont aussi dans le témoignage insoutenable de cette ancienne détenue, qui résume la situation en une phrase : "Pour moi, la prison, dit-elle, c'est un lieu où l'on ne répond plus qu'aux coups de sifflets, comme des animaux... Un monde où on n'a plus rien... Juste un nez et des oreilles pour reconnaître l'odeur et les pas de ceux qui circulent derrière la porte". Laurent Joffrin, bonjour... Vous êtes le directeur de la rédaction du "Nouvel Obs"... En publiant l'appel de ces 200 personnalités, votre hebdomadaire s'engage dans ce combat, c'est clair... Régulièrement pourtant, la presse se fait l'écho de nombreux suicides en prison...Elle parle de ce monde inhumain... On a l'impression pourtant qu'elle prêche dans le désert... Pourquoi cette indifférence, relative mais réelle, des Français et du pouvoir politique face à cette question ? Les personnalités qui s'expriment dans "Le Nouvel Obs" proposent des solutions... On n'a pas le temps de les développer ce matin... Mais il faut les lire... Moi, je voudrais savoir comment ça s'est passé : Vous avez sollicité certaines personnalités : il a fallu les convaincre, ou bien elles se sont portées volontaires avec enthousiasme ? * Des refus ? Merci Laurent Joffrin. A lire dans "Le Nouvel Obs" cette semaine. Du côté des quotidiens, aujourd'hui encore, toutes les Unes de la presse nationale sont consacrées aux violences dans les banlieues de la région parisienne... Peut-être parce que, comme l'explique Bruno Dive dans "Sud-Ouest", nous assistons à une sorte de Mai 68... La comparaison est un peu hasardeuse, mais notre confrère remarque effectivement que ces événements traînent leur cortège de voitures brûlées, de mini-émeutes et de provocations mutuelles entre police et jeunes de la cité. Quant aux titres, ils sont toujours incendiaires (si j'ose dire), comme : "La République prend feu" pour "France Soir"...Ou "Villepin-Sarkozy : la matraque pour seule réponse"... Ca, c'est le titre de "L'Huma"... Ou alors : "Elle couve, elle couve, la banlieue", pour "Libération", qui explique que la propagation des violences, à laquelle on assiste, témoigne des tensions depuis DES années. Et puis il y a, aux côtés de ces photos de rues sous tension, d'autres photos, qui témoignent d'autres tensions, dont la banlieue devient l'outil, l'objet... C'est la rivalité Villepin-Sarkozy, et tous les commentaires qu'elle génère... Celui de Claude Bartolone par exemple, député fabiusien, qui qualifie Sarkozy de "Zorro des banlieues"... "Tolérance Zorro". Et finalement, c'est "Le Parisien" qui se démarque, avec cette Une et sa double page, sur "les 10 raisons d'espérer"... Oui, dans les quartiers sensibles, il y a au moins 10 raisons d'y croire... Comme le dit le rappeur Stomy Bugsy... "On peut être hip-optimiste"... Façon assez fun d'exprimer ce que le journal "Le Parisien" explique, lui, avec ces quelques mots : "Les violences urbaines ne doivent pas occulter les efforts déployés tant par les pouvoirs publics que par les associations, qui redonnent espoir et dignité aux habitants de ces quartiers". Sarkozy-Villepin : il n'a échappé à personne que, face aux problèmes qu'ils doivent résoudre dans les banlieues en ce début novembre 2006, ils ont déjà la tête en 2007... Et justement, si le magazine "L'Etudiant" s'est penché sur le sentiment des 15-25 ans, à un an et demi de l'échéance, avec ce sondage IFOP... Qui est le candidat à la Présidentielle le plus proche de leurs préoccupations, et le plus capable de porter un projet pour les jeunes ? Arrive en tête, et de loin : Jack Lang (avec 55%)... Devant Dominique de Villepin (34%)... Nicolas Sarkozy (29%)... Et vous, François Bayrou (en 4ème position, avec 18%)... En gros, ils ne vous trouvent pas mal, les jeunes... Mais bon, ils ne kiffent pas complet non plus... Qu'est-ce que ça vous inspire ?... On va aller faire un tour en Grande-Bretagne... Avec le journal "Le Monde", qui nous explique comment on acquiert la nationalité britannique. Bon, il faut d'abord, et avant tout, avoir résidé 5 ans au Royaume-Uni pour y prétendre... Mais il n'y a pas que ça... Non... Il faut que chaque candidat, âgé de moins de 65 ans et en bonne santé physique et mentale, réponde à un QCM... Questionnaire à choix multiple... Test pratiqué sur ordinateur, en 45 minutes maximum. On y trouve des questions comme : "quel est le rôle officiel de la Reine ?"... Ou : "quel numéro de téléphone faut-il appeler en cas d'urgence ?"... Ou encore : "Où parle-t-on cockney ou scouse ?" La réponse étant, en l'occurrence, Londres et Liverpool. Peut-être faudrait-il aussi faire un test sur l'humour... Car les Britanniques en ont, ce n'est pas forcément un cliché... La presse en a... La preuve : pour accompagner l'initiative du gouvernement, elle a inventé son propre test de citoyenneté... Avec cette question, par exemple : "quel est le sport national en Grande-Bretagne ? a) le football... b) se plaindre du temps qu'il fait... c) vomir en public le samedi soir... On n'a pas la réponse... Mais on peut dire sans risque "les trois"... Sans passer pour autant pour un "snoob". Vous savez ce que c'est qu'un "snoob" ? Eh bien, c'est le cousin cool du snob... Mot qui nous vient de Grande-Bretagne. C'est une enquête de "Zurban", qui s'intéresse à ce phénomène, forcément nouveau... Disons que le "snoob" appartient à une tribu de "happy few", à qui le vulgaire file de l'urticaire, et qui cultivent la singularité à tout prix. "Un snob à qui on aurait retiré sa morgue au nez", nous dit Fabienne Jacob... Elégant. Snob et cool à la fois... Comme l'explique l'éthymologiste Marie-Josée Brochard : le snobisme a longtemps désigné l'attitude sociale de celui qui lorgne vers l'aristocratie... En fait, ce mot viendrait de l'anglais "cordonnier", qu'on trouve dans l'argot de Cambridge, et qui désigne celui qui n'est pas de l'université... Ce qui est un peu une incongruité dans cette ville. Le "snoob", c'est presque ça, mais ce n'est pas tout à fait ça : lui, il snobe la moindre fringue du style "tombé dans le domaine public". C'est l'anti-Monsieur tout le monde... Et ça, c'est un vrai luxe...

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