En Iran, récemment, lors de la retransmission d'un match de foot à la télévision, l'image est tout d'un coup passée en noir et blanc : au goût des autorités, trop de spectateurs dans le stade s'étaient habillés en vert, couleur de l'opposition. Dans Le Figaro, ce matin, Delphine Minoui montre l'Iran qui refuse encore et toujours de se taire, même quand les caméras du monde entier ont quitté Téhéran. Parole à un étudiant de 24 ans, qui raconte la mobilisation quotidienne, de la jeunesse en particulier. Tous les soirs, ils sont des milliers à monter sur les toits de la capitale, à la nuit tombée, et crier leur colère : "Mort au dictateur !". Tous les jours, les téléphones portables crépitent, les réseaux Internet fourmillent d'appels à manifester. Attroupements spontanés dans les salles de cours ou les couloirs de la fac. Ca se termine souvent par des affrontements avec les bassidji, la milice du pouvoir. Les images sont immédiatement postées sur YouTube. L'université : voilà l'un des foyers de contestation qui ne s'éteint pas. L'ancien ministre de la Culture d'Ahmadinejad en sait quelque chose : le 18 octobre, lors d'un discours dans l'amphithéâtre, il a pris une chaussure dans la face comme un vulgaire George Bush. Il faut un courage qu'on ne mesure pas pour accomplir de tels gestes. Hossein, l'étudiant qui se confie à Delphine Minoui, parle de cet homme enfermé dans la prison d'Evin, violé par son interrogateur avec un bâton. Un soir, on l'a emmené dans un endroit inconnu. On ne l'a jamais revu. (Nicolas Demorand : "Dans La Croix, un dossier qui va certainement intéresser Dominique Voynet")... A l'heure où l'EPR, le réacteur de nouvelle génération, a des ratés (c'est la Une des Echos), il faut bien faire avec ceux de l'ancienne génération. Et La Croix pose cette question : "Les réacteurs nucléaires peuvent-ils bien vieillir ?". Les centrales de Fessenheim et Tricastin fêtent leurs 30 ans. Et cet anniversaire coïncide avec l'ouverture d'un nouveau site de recherche en Seine-et-Marne : celui de l'Institut du vieillissement des matériaux. Son rôle sera de prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans. Comme nous tous, ils vieillissent : corrosion, maladie du béton, vieillissement des polymères... Mais le plus inquiétant, ce sont des phénomènes de vieillissement inattendus. Alors il y a débat entre les scientifiques : ceux qui assurent que la recherche et la surveillance garantissent un vieillissement serein, et ceux qui parlent d'acharnement thérapeutique. La Croix relève que, pour l'instant, les enjeux économiques tranchent le débat. L'investissement pour prolonger la vie d'un réacteur, c'est 400 millions d'euros. La construction d'un EPR, c'est 4 à 5 milliards. (ND : "Après ces sujets de fond, quelques brèves, Bruno")... Plein de petites informations, ce matin, à la rubrique Education... Dans Les Echos, on apprend que "la langue allemande séduit de nouveau les jeunes Français". Alors, ce n'est pas l'hystérie, hein... 15,4% des élèves du secondaire affrontent les déclinaisons : petite hausse par rapport à 2008. Et le nombre de germanistes en sixième est en hausse de plus de 22% par rapport à 2003. Vous savez que, depuis quelques années, il y a des manuels d'histoire franco-allemands. Celui pour le programme de seconde devrait sortir l'an prochain. Il donne des idées aux profs d'autres matières, selon La Croix. Des manuels franco-allemands de géo et même de maths sont dans les cartons. Le Bac : satisfait ou remboursé... L'initiative d'Acadomia, qui a fait polémique, rencontre un franc succès, selon Libération. Pour répondre aux critiques, le patron d'Acadomia a commandé un sondage. Et ce sont les familles dites "modestes" qui plébiscitent le plus la formule. Contre tout de même 247 € par mois et une promesse d'assiduité, l'institut s'engage à rembourser la famille si l'élève échoue au Bac. Une campagne de la Mairie de Paris à destination des Afro-Antillaises... Se dépigmenter la peau peut être dangereux. 10 à 15% des jeunes filles sont tentées de le faire. Elles se croient plus séduisantes en étant plus blanches. Slogan de la campagne lancée par Bertrand Delanoë : "Séduire... oui! Se détruire... non!". Parmi les effets secondaires de la dépigmentation : acné, vergetures, taches et poils. C'est à lire dans La Croix. Et puis la dernière polémique sur Facebook... Elle est dans La Provence. Un jeune homme d'Avignon demande la fermeture de Facebook pendant 24 heures, pour le nettoyer de tous les groupes d'internautes homophobes et néonazis. (ND : "Facebook, symbole d'une société où tout le monde se surveille... Ca existe aussi dans la vraie vie")... "Protection voisins vigilants" : le panneau comporte un oeil grand ouvert avec des cils dressés. Quand des riverains se regroupent pour lutter contre l'insécurité... Les initiatives se multiplient, dans les Alpes-Maritimes en particulier. On désigne un référent, qui est en contact avec la gendarmerie ou la police. Dès qu'un rodeur est signalé par un voisin, il passe un coup de fil. Selon Le Figaro, dans ces zones de vigilance, la délinquance de proximité a radicalement diminué. Gare aux dérives et aux relents miliciens. La gendarmerie assure que ces réseaux se contentent de faire de l'observation et du renseignement : pas de patrouilles. Et lorsqu'on parle à ces habitants de "délation", ils protestent farouchement. Je ne sais pas si les voisins vigilants auraient protégé Monique Gay... Il est arrivé une sale aventure à cette dame de plus de 80 ans. Elle a été séquestrée dans le coffre de sa voiture pendant plus de 16 heures par un inconnu, entre vendredi et samedi. Elle raconte dans Le Parisien-Aujourd'hui... L'homme s'est présenté chez elle à Saint-Rambert-d'Albon, dans la Drôme. Grand, mince, bien habillé, bouquet de fleurs à la main... Il cherchait soi-disant des voisins. Puis il a commencé à se mettre en colère contre "tous les richards qui sont là", et a demandé 500000 € à la vieille dame. Derrière le bouquet de fleurs, il y avait un flingue. Il a jeté sa victime dans le coffre. "J'étais ligotée aux poignets et aux chevilles, et un sparadrap sur la bouche, raconte la vieille dame. De temps en temps, il venait me voir pour resserrer mes liens. J'essayais de ne pas trop m'affoler, mais quand la nuit est tombée et que la voiture s'est arrêtée, je me suis dit que c'était foutu et que j'allais probablement mourir de froid. Je ne comprenais pas pourquoi ce type m'avait embarquée". Au final, il a mis fin à ses jours. Aujourd'hui, Monique se sent chamboulée. Elle ne sait pas combien de temps il lui faudra pour se remettre. (ND : "Deux livres, pour terminer")... Le premier s'appelle "Chaque pas doit être un but". C'est le premier tome des Mémoires de Jacques Chirac. Il sort jeudi. Et son éditeur, Nil Editions, avait un plan de communication mitonné aux petits oignons : les bonnes feuilles devaient sortir jeudi dans Le Point. Mais le plan, il a fait pschitt : Canal+, hier, et Le Parisien, ce matin, se sont déjà procuré le livre. Jean-François Achilli a évoqué les bonnes feuilles dans le journal de 8 Heures : comment ont-ils eu le bouquin ? Dans Le Parisien, Bruce Toussaint, de Canal+, révèle la ficelle, qui est toute bête : il l'a acheté en librairie. Car, évidemment, les libraires reçoivent les colis quelques jours avant la sortie des ouvrages. En principe, ils restent en réserve au fond du magasin. Mais certains ne résistent pas à la tentation de les mettre en rayon. En rayon avec un beau bandeau rouge, aujourd'hui : le Prix Goncourt 2009. "Trois Femmes puissantes", de Marie Ndiaye... Voilà qui réjouit Libération, qui en fait sa Une sous le titre : "Marie à tout prix". On verra si l'histoire donne raison aux chroniqueurs. Mais à lire la presse ce matin, on en conclut que c'est un auteur que l'on lira dans très longtemps encore qui a été récompensé. "Goncourt magistral", écrit Libé, qui récompense une enfant et une auteur prodige... Enfant, parce que son premier manuscrit, elle l'a soumis à Jérôme Lindon, le fondateur des Editions de Minuit alors qu'elle n'avait que 16 ans. L'histoire veut qu'il soit allé la chercher à la sortie du lycée le lendemain. Aujourd'hui Marie NDiaye a 42 ans, et elle a déjà publié plus de vingt livres. L'une de ses pièces de théâtre est entrée en 2003 au répertoire de la Comédie Française... Et Libé cite les mots de Marie Ndiaye lorsqu'elle parle de sa vocation : "hanter par les mots la réalité la plus palpable"... Tous les journaux relèvent ce matin son calme absolu, hier, au moment de recevoir le Goncourt. Mais il faut se méfier de sa douceur... "Tout lecteur, dit Marie Ndiaye, doit apprendre à se méfier de la douceur en littérature : c'est souvent grâce à elle que la violence cache son jeu. Je donne parfois à mes phrases une tonalité volontairement basse, sourde, une apparence convenable et appliquée dans un contexte qui, lui, n'est pas normal, qui peut même être scandaleux, afin que le contraste soit déstabilisant et qu'on ne sache plus trop ce qui est à l'origine du sentiment de révolte : le contexte en lui-même ou la coloration du style". Bonne journée...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.