(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : hors des écrans radars...

(Bruno Duvic) Nous l'avons sous les yeux tous les jours et pourtant, cela nous avait échappé. Il a fallu qu'un collectif d'internaute - encore un - sorte les calculettes pour que le phénomène apparaisse. Non seulement les femmes sont moins bien payées, non seulement elles ont moins accès aux poste importants à gros salaire, mais en plus, au moment de passer à la caisse dans les magasins, elles payent plus cher que les hommes !

Exemples ?

  • 5 rasoirs jetables deux lames, roses pour madame, marque Monoprix : 1,80 Euro.
  • 10 rasoirs jetables deux lames, bleus pour monsieur : 1 Euros 72. Il y en a deux fois plus et c'est moins cher.

  • Sac à dos, ultra léger, contenance 10 litres. Un peu moins de 50 Euros le modèle masculin. 55 pour les femmes. Et le shampooing et la coupe chez le coiffeur, le déodorant, la brosse à dents, la chemise ou le chemisier au pressing, les retouches... He oui, constate Le Parisien-Aujourd'hui en France ce matin avec ce collectif baptisé Georgette Sand : « Pour les femmes c'est plus cher ».

Comme une taxe invisible, pas grand-chose à chaque fois. Mais, aux Etats-Unis par exemple, le magazine Forbes avait fait le calcul en 2012 : la différence est de 1.100 Euros par an ! Un autre collectif, change.org, a lancé une pétition adressée à Monoprix - déjà 20.000 signatures. Prochaine étape : les grandes chaines de coiffure.

Les inégalités, le machisme au quotidien… le magazine Causette en dresse ce mois-ci encore un palmarès. Revue de ce qui pourrait passer inaperçu, à la rubrique "On nous prend pour des quiches". La soirée de rentrée récente au Bureau des sports de Sciences po Lyon sous le slogan « 3 P, Putes, Pastis et Pétanque ». Ou encore cette campagne de publicité du site de rencontre casualdating.fr à l'occasion du mondial de l'auto : « Pas besoin d'aller au salon de l'auto pour tester les nouveaux modèles. »

A propos des différences de prix, dans les colonnes du Parisien , Pascale Boistard, la secrétaire d'Etat chargée des Droits des femmes affirme :

"S'il faut être coercitif pour changer les choses, on le sera."

Mais sur quoi les hommes et femmes politiques ont-ils encore prise ? Symbole de ces phénomènes qui échappent aux politiques : les drones qui survolent les centrales nucléaires. Treize sites déjà visités. D'où viennent ces grosses mouches ? Qui les envoie ? Mystère. Ce n'est plus « Game of Thrones », la série télé, c'est « Game of drones », à la Une de Libération . Polémique relancée, écrit le journal, sur ces objets volants dont les usages se multiplient.

Pas prise sur des phénomènes pourtant constaté de longue date… Alain Rémond dans La Croix et Alain Dusart dans L'Est Républicain relèvent ce que beaucoup d'entre nous ont ressenti ce week-end. La cérémonie des chrysanthèmes au lendemain de la Toussaint, habituellement c'est en manteau et écharpe. Hier, c'était en pull-over voire en manches courtes. « Cadeau inespéré, écrit le chroniqueur de La Croix et pourtant, signe évident, selon lui, que quelque chose ne va pas. » A-t-il raison de faire le lien ? En tout cas, le réchauffement climatique est à la Une de son journal. « Climat il est encore temps », titre La Croix à la Une, après le dernier rapport du Giec, le groupe des experts sur le climat. Possible de limiter les conséquences du réchauffement climatique à condition d'aller vite. Paroles de climatologues et d'économistes. Dans les années 50, 1 à 2 milliards de tonnes de dioxyde de carbone étaient émises dans l'atmosphère. Aujourd'hui : 10 milliards de tonnes.

Remplacer les énergies fossiles par des renouvelables, construire des bâtiments sobres en énergie, créer des infrastructures de transport des villes durables. Tout cela n'engendre qu'un faible surcoût par rapport au scénario « Business as usual ». Et plus on attend, plus le coût sera élevé.

Lutte contre le changement climatique, dans un autre genre : Le Figaro détaille ce matin les travaux de climatisation et de ventilation dans la Chapelle Sixtine pour éviter que le souffle des visiteurs n'endommage les fresques de Michel Ange, Botticelli ou Ghirlandaio. Quelles que soient les prouesses technologiques, il faudra un jour limiter l'accès à la Chapelle : 6 millions de visiteurs par an actuellement. 500.000 de moins serait plus raisonnable.

En dehors des écrans radars, ces Américains que la reprise de la croissance laisse sur le bord du chemin.

Elections de mi-mandat demain. Elles risquent d'être sévères pour Obama et les Démocrates. Cela alors que les chiffres de l'économie américaine sont bons : croissance 3.5%, taux de chômage 5.9%. Mais il y a les exclus de la reprise américaine, auxquels Les Echos consacrent une page : une frange de plus en plus large de la population, marginalisée, s'enfonce dans la pauvreté.

Ville symbole : Philadelphie. Ville de la déclaration d'indépendance et de la Constitution. Métropole, aussi, la plus misérable d'Amérique. Taux de pauvreté : 26%. Il n’y a que quelques kilomètres entre les bars chics de South street et les banlieues nord où la pauvreté frappe la moitié de la population.

L'Amérique, explique Lucie Roquebain dans Les Echos, ne sait pas ou ne veut pas rattraper ceux qui décrochent. Société où l'assistanat est perçu comme honteux. Washington taille dans les aides sociales. Réflexion d'une pasteure qui fait ce qu'elle peut dans son église luthérienne : « La plupart des familles que nous voyons n'était pas pauvres au cours de la génération précédente. Tout s'est aggravé depuis 2008 : les très diplômes ont pris les postes des moyennement diplômés, qui ont pris la place des faiblement diplômés. Et les sans diplôme se sont retrouvés sans plus rien à faire. »

Quoi d'autre dans la presse ?

  • D'après Mediapart , Bernard Tapie demande la constitution d'un nouveau tribunal arbitral dans l'affaire qui l'oppose au Crédit lyonnais. Objectif de Tapie, selon le site : empêcher la cour d'appel de Paris d'annuler la première décision arbitrale qui lui avait accordé plus de 400 millions d'Euros. Peu de chance de réussite selon Mediapart .

  • Le cadeau fiscal au monde du football, c'est à lire dans Les Echos . TVA exceptée, le gouvernement va exonérer d'impôt les entités qui organisent l'Euro 2016 de foot. Avantage justifié par les retombées économiques de la compétition.

  • Le désamour de l'opinion pour l'Equipe de France de rugby. Constat dressé dans L'Equipe . Le quotidien sportif a lancé une consultation sur Internet. Sept questions sur le potentiel, le style de jeu ou le sélectionneur de bleus du rugby. Avis négatifs aux deux tiers.

Pour échapper aux vents mauvais, il reste la voile.

Quoique, beaucoup de casse en ces premières heures de route du rhum… Mais L'Humanité donne la parole à un marin qui incarne le mythe de la course au large. Robin Knox-Jonhston. En 1969, il était le premier à boucler un tour du monde en solitaire sans escale en presque un an : 312 jours - pour mémoire le dernier Vendée globe s'est couru en moins de 80 jours. A75 ans, le britannique, anobli par la Reine participe cette année à la route du Rhum. Et son interview à L’Huma est un défi au temps qui passe et à notre époque où les marins sont repérés et communiquent en permanence par satellite – « Je déteste cette dictature de la communication ».

Sir Robin se souvient de cette course de 1969 au cours de laquelle son concurrent Bernard Moitessier a fait demi-tour après le cap Horn pour jeter l’ancre en Polynésie « Etait-il fou ? Non, absolument pas, il avait une idée, alors il l’a réalisée, c’est aussi simple que ça ». Le revoilà dans le grand bain à 75 ans « J’aime la course au large, j’ai le bateau, pourquoi rester à terre ? On m’a demandé si je pouvais gagner : non, mais je veux m’amuser. »

A demain !

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