Couac pour la journée contre le harcèlement, émoi sur le TES, flingages en vue pour le second débat des primaires

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par un couac

Couac à l’Education nationale, qui tombe particulièrement mal aujourd’hui. C’est à lire dans la Voix du Nord : des profs d’un lycée de Valenciennes ont suspendu leurs cours le 3 octobre dernier au matin pour dénoncer des faits de harcèlement contre un élève. A la suite de leur démarche, une enquête judiciaire est ouverte, elle est en cours, mais elle semble accréditer la thèse de graves brimades à répétition contre cet élève, puisque 7 enfants ont été placés en garde à vue, débouchant sur une mise en examen pour 3 d’entre eux pour violence en réunion. Le problème, c’est que depuis, ces profs font l’objet d’un constat d’absence de la part du rectorat, et qu’une journée de salaire pourrait même leur être retirée sur leur fiche de paie. Des lanceurs d’alerte sanctionnés ? Sujet de dissertation tout trouvé en cette journée de lutte contre le harcèlement à l’école conclut Théo Terchlusen de la Voix du Nord.

Dans la presse, un débat qui commence à monter également Hélène

« 60 millions de fichés émoi, émoi, émoi » titre l’Humanité ce matin, jouant sur l’homonymie entre le moi, et l’émotion suscitée. Le nouveau fichier TES, pour Titres électroniques sécurisés qui vise à compiler les données personnelles d’une grande partie de la population inquiète en effet élus et associations. Le député socialiste Gaetan Gorce a immédiatement parlé de « monstre », monstre quant à l’éventuelle utilisation qu’un futur gouvernement prévient il pourrait faire d’un tel fichier. Dans Sud-ouest, la présidente de la Cnil, la commission nationale liberté et informatique réclame au minimum un débat parlementaire sur cette question. L’avocat Jean Marc Fédida très en pointe dans le combat, redit sur son blog hébergé par le Huffington post, toute son opposition à ce « décret Halloween », le plus impressionnant système de fichage dit il, décrété en plein week end de la Toussaint par le gouvernement. Il souligne le risque de tentation policière ou répressive une fois ce fichier mis en place, mais aussi les risques de piratages. Inconstitutionnel, dangereux et imprudent, ce décret Halloween offre un visage d’horreur sécuritaire » accuse t il. Hier le ministre de l’Intérieur bernard Cazeneuve a assuré que toutes les garanties avaient été prises

Et puis évidemment dans la presse ce matin, le 2ème débat ce soir des candidats à la primaire de la droite et du centre ce soir. Pronostic et analyses

A la Une de Marianne, un cinglant « En solde », avec la photo de Nicolas Sarkozy et un croquis de Juppé tendant une sébile « c’est 2 euros pour en finir »

« Non, il n’a pas encore perdu » rétorque Aujourd’hui en France/le Parisien …et Nathalie Schuck livre un témoignage précis et juste de l’état d’esprit de l’ex chef de l’Etat à quelques heures de ce second débat. « Paisible », il est paisible et déroule en petit comité son argumentaire « avec un sourire gourmand » précise t elle. « Il est certain qu’il va déjouer tous les pronostics et faire rendre gorge à cette petite élite parisienne qu’il abhorre, « comment perdre une primaire de la droite et du centre quand on est majoritaire à droite et au FN ? interroge t il. C’est toute sa stratégie : parler d’abord à ceux qui vont aller voter, le cœur de l’électorat Les républicains. « On va voir des hordes de gauchistes et de centristes faire la queue pendant 2 heures au milieu de militants de droite qui veulent pendre Hollande avec les tripes de Taubira ? » ironise t il. Il ne croit donc ni aux hordes de gauchistes qui fausseraient le scrutin, ni aux sondages. « Paisible », on vous dit.

Paisible,

un brin fébrile néanmoins, Ludovic Vigogne dans l’Opinion nous dévoile que sa tribune diffusée hier sur Facebook était plutôt prévue entre les 2 tours, mais nécessité fait loi. Son rival restant largement favori, il a décidé de dégainer son arme de destruction massive, François Bayrou. « Cet invité surprise de la primaire » comme l’appelle Bruno Dive dans Sud-Ouest, qui ne sera pas sur le plateau, mais « Nicolas a bien l’intention d’interpeller Juppé sur le sujet ce soir » promet un pilier de la campagne de l’ex chef de l’Etat. Bayrou incarnant à lui seul, le manque de clarté de son concurrent, argument répété à l’envi dans son post facebook

Libération choisit de mettre tous ces candidats dans le même panier, photo en noir et blanc à sa Une pour dénoncer les « Tontons ringards » de la droite, au regard de leur programme, programme libéral au goût de déjà vu, qui ne suscite pas l’adhésion des français malgré leur envie d’alternance. Ce que la Une de Siné hebdo résume en dessin par un homme des cavernes brandissant un gourdin siglé Sécurité, et clamant « votez Primaire ». Dessin signé Mix et Remix

Et puisqu’on parle de vintage, arrêtez-vous un instant sur la chronique de Bruno Roger Petit sur le site de Challenge.fr. Il revient sur l’affiche dévoilée en début de semaine par Alain Juppé. Affiche moquée pour son côté justement ringard. Photo tristoune en costume bleu du candidat. Bruno Roger-Petit démontre avec brio, notamment aux sarkozystes qui se gaussaient du côté croque mort de l’affiche, qu’ils n’ont rien compris. « Entre Ds et Lucky strike, Don draper (le héros de la série Mad Men qui célébrait les sixities ) Don Draper a pris le contrôle de la campagne de Juppé », mais en fait, tout est dit dans cette affiche démontre t iL. L’identité heureuse, c’est cette France bourgeoise des années 60, la France des Ds noires dont on croit voir Juppé sortir, cette France de Louis de Funès et de Guy Lux, la France de 5 colonnes à la Une et des notables en camaieu bleu, l’identité heureuse a donc peu à voir avec le bonheur, elle est avant tout sérieuse. Et puis cette affiche vintage ne se trompe pas de cible : elle ne s’adresse pas à la jeunesse qui regarde Barthès ou Hanouna, mais à la petite et moyenne bourgeoisie française éternelle, la France des notables et des anciens, l’électorat visé par Juppé. Et puis c’est une affiche qui offre un Juppé déjà président, comme si c’était une évidence, conclut l’éditorialiste.

Ce soir, joute entre le ringard qui s’assume et le paisible qui joue son va-tout en flinguant à tout va, ce débat risque d’être plus sport que le précédent

Un débat qui sera notamment diffusé par une chaine en grève…

Itélé bien sûr, 17 jours de grève déjà…et un nouvel épisode dans le bras de fer entre les salariés grévistes et la direction. Raphael Garrigos et isabelle Roberts racontent sur le site Les jours, comment le directeur Serge Nedjar a subitement décidé hier après-midi de bloquer l’accord passé avec la rédaction, à savoir la diffusion d’ émissions spéciales encadrant le débat. Nouveau coup de force donc, il n’y aura que le débat ce soir sur Itélé. Un débat notamment animé par Laurence Ferrari pour la chaine. Laurence Ferrari non gréviste, qui se confie au Parisien « le climat est lourd reconnait elle, mais j’ai réussi à fermer les écoutilles pour me concentrer. Avoir un bureau à itélé et un autre à C8 m’a aidée ». C’est peut-être ça la solution pour ne pas être gênée par le grève, avoir 2 bureaux…

On termine Hélène avec quelques articles que vous nous signalez

Le « J’accuse » de Gilles Kepel à la Une de l’Obs. Nouvelle accusation contre certains idéologues de gauche qu’il accuse d’être les idiots utiles des islamistes en minimisant le phénomène djihadiste, en ligne de mire le CCIF et son directeur, le chercheur Olivier Roy mais aussi les journalistes du Bondy Blog qu’il estime être repris en main par la mouvance dit il des Frères Musulmans qui a fait de l’islamophobie son principal slogan

Dans l’Obs encore, effarante enquête sur ces français « qui s’arment ». Vous avez peut être entendu Pixy dans le journal de 8h, cette américaine trumpiste, rencontrée par géraldine Hallot qui a un revolver rose et vert assorti à sa jupe. Et bien Mathieu Delahousse et Vincent Monier nous racontent que chez nous, ça vient, il y a de plus en plus d’hommes et de femmes qui s’inscrivent dans des clubs de tirs, qui s’achètent, parfois illégalement un fusil ou un pistolet parce qu’ils pensent que l’Etat ne les protège plus. Parmi eux, un député figurez-vous, alain Marsaud, député les Républicains, ex magistrat anti-terroriste, qui reconnait sans problème sortir le plus souvent avec sur lui, son Colt M4. Même s’il n’a pas le droit de le faire

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