La première fois, c’était peut-être après l’assassinat de Kennedy.

1963 : des bouquets de fleurs sur les lieux du drame à Dallas… Puis on constata la même chose après le meurtre de John Lennon. 1980 : des bouquets de fleurs sur les lieux du drame à New-York…  Puis il y en eût à Palerme, après l’assassinat du juge Giovanni Falcone en 1992… Il y en eût encore cinq ans plus tard à Paris, devant le pont de l’Alma, après l’accident mortel de la princesse Lady Di… Des fleurs et des bougies, des photos, des messages : un nouveau rituel, apparu donc depuis une cinquantaine d’années, et auquel s’intéresse le mensuel SCIENCES HUMAINES.

C’est Nicolas Journet qui signe cette enquête, passionnante enquête qui tente d’expliquer ce que révèlent ces hommages de foule, de plus en plus nombreux, sur notre rapport à la mort. 

Son premier constat, c’est qu’on est là face à des manifestations spontanées… Deuxième constat : qu’il s’agisse d’une célébrité ou bien d’un inconnu, les bougies et les fleurs sont non seulement dédiées aux disparus, mais également à ce qui leur est arrivé, à savoir connaître une mort brutale et inattendue… Autrement dit : une mort injuste. Et c’est aussi contre cela que viennent protester les bougies et les fleurs : en plus de rendre hommage, elles dénoncent, lorsqu’il y en a, tout à la fois l’horreur et les auteurs des crimes.

Et cette semaine, on en a vus, des bouquets de fleurs.

Des bouquets, notamment, devant de Bar-PMU des parents d’Alexia, la jeune joggeuse retrouvée morte en Haute Saône… Ils sont en photo ce matin dans LE PARISIEN… Hier, ils ont remercié tous ceux qui leur ont témoigné leur affection. Ils appellent à une marche blanche, dimanche, dans les rues de leur ville…

Une marche blanche, comme il y en avait eu également à Toulouse, un an après les crimes de Mohamed Merah. Ce matin, toute la presse revient bien sûr sur le verdict de la Cour d’assises spéciale qui jugeait son frère, Abdelkader Merah… Vous venez d’en parler avec votre invité… Vingt années de réclusion pour association de malfaiteurs terroristes criminelle, mais acquittement du chef de complicité des sept assassinats perpétrés par son cadet. 

Sur LE HUFFIGTON POST, on peut lire la déception des parties civiles… Mais dans les éditos, c’est un sentiment de satisfaction qui domine. « La justice est passée, et la raison l’a emporté sur l’émotion », note ainsi Philippe Marcacci dans L’EST REPUBLICAIN… Et Christophe Bonnefoy renchérit dans LE JOURNAL DE LA HAUTE MARNE : « La justice telle que la souhaiterait la rue n’a souvient rien à voir avec celle qui se joue dans les prétoires. D’un côté, c’est le cœur qui parle. De l’autre, c’est la stricte application du droit. »

Un autre terrorisme à la Une de LIBERATION : celui de Bachar al-Assad, le dictateur syrien, qui continue de tuer son peuple. Reportage dans la banlieue de Damas, assiégée depuis 2013 par l’armée du régime, une armée aidée désormais par l’aviation russe… Des bombardements et la faim dans les quartiers rebelles… La famine en technique de guerre. Des photos de bébés squelettiques dans les pages du journal. Les images sont terribles. De celles qui vont restent en tête toute une journée.

Des bouquets, on a vu également sur les lieux de l’attentat perpétré à New-York le soir d’Halloween. Ils sont en photo, ce matin, dans LES ECHOS : des fleurs et des bougies posées sur des barrières… « Un mémorial dressé par des mains anonymes », note le quotidien, tandis que toute la presse dénonce les outrances de Donald Trump depuis l’attentat : ii y a quelques heures, il a redit sur Twitter qu’il souhait la peine de mort pour le terroriste.

Petite info cocasse au milieu de la tragédie : le compte Twitter de Donald Trump a été désactivé hier pendant une dizaine de minutes… Oui, le compte de Donald Trump. On vous en a parlé dans le journal de 8 heures, et c’est visiblement un employé de Twitter qui l’a désactivé, un employé dont c’était le dernier jour de travail… 

Sacrément cocasse également – et là, nous revenons en France : François Fillon aurait pu devenir mannequin ! Sacrément cocasse, en effet, quand on se rappelle la fameuse affaire des costumes… Ces costumes à 7.000 euros pièce qu’il s’était fait offrir par l’avocat Robert Bourgi… C’est LE POINT qui nous donne l’info : quelques semaines après son échec à la présidentielle, une marque de prêt-à-porter masculin lui a proposé de faire le modèle pour une campagne de publicité… François Fillon a refusé, mais il n’est, depuis, pas un dîner où il ne raconte qu’à défaut d’avoir été élu président, il aurait donc pu commencer une carrière dans le mannequinat... 

Autre révélation du POINT, et cette fois ça concerne les notes de service de l’un des chauffeurs de Brice Hortefeux… Comme tous les anciens ministres de l’Intérieur, il est protégé en permanence par deux gardes du corps, qui sont aussi chauffeurs. Or l’un d’eux, pour septembre, a déclaré 387 heures de conduite, soit le double de la normale. Pour se justifier, il a expliqué qu’en plus de l’ex-ministre, il transportait aussi régulièrement sa mère, sa femme et ses enfants, et parfois de Paris jusqu’à Clermont-Ferrand… Brice Hortefeux dément, assure qu’il y a « une erreur », mais selon l’hebdo, il pourrait être accusé de prise illégale d’intérêt.

Un autre ancien ministre de l’Intérieur semble, de son côté, aller un petit peu mieux : il s’agit de Manuel Valls, dont le FIGARO nous explique qu’en prenant la tête de la mission parlementaire sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, il a trouvé le moyen de se replacer au centre du jeu politique. D’ailleurs, même au sein du groupe La République En Marche, où il fut accueilli avec une grande méfiance, les choses paraissent s’apaiser… Confirmation dans PARIS-MATCH, où certains députés disent maintenant qu’il y a « une parole sage et éclairée ». Et il vote les textes sans broncher. 

Cela dit, dans le PARISIEN d’hier, on a lu que ses anciens collègues socialistes continuent de le snober« C’est bonjour, au revoir », rapporte l’un, tandis que d’autres vont jusqu’à moquer son bouc – moustache et barbichette devenues grisonnantes… « Immonde » assure un député passant pourtant pour être un proche de Manuel Valls … « C’est Maurice Béjart sans les yeux bleus », rigole même un des ex-ministres. Ça donnerait presqu’envie de lui envoyer un bouquet de fleurs.

Et puis l’on a également envie d’en envoyer à la jeune pianiste Célimène Daudet… C’est l’arrière-arrière-petite-nièce d’Alphonse Daudet et elle a, par sa mère, des racines haïtiennes… Racines auxquelles elle a décidé de rendre hommage… Elle organise à Haïti un grand festival de musique classique. C’est le premier du genre dans un pays qui manque de tout, et manquait aussi d’un piano. Elle a donc récolté des fonds pour acheter un piano de concert… Vous lirez son portrait dans LA VIE… Le portrait sensible d’une pianiste qui estime qu’une « civilisation sans musique est vouée à l’échec »… Il faut écouter ce qu’elle nous dit, il faut écouter sa musique… (Extrait de Debussy.) Le premier festival de piano à Haïti aura lieu du 8 au 15 novembre, et le morceau dont nous entendons-là quelques mesures, c’est « Bruyères », un prélude de Debussy. En ce moment, d’ailleurs, les bruyères sont en fleurs.

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