L'islam est-il soluble dans la démocratie ?... Oui : pays laïc, la Turquie est bien placée pour le démontrer... Si elle en a la possibilité, évidemment. "Turquie, mauvais prétextes : les opposants à l'adhésion invoquent Chypre... Pour mieux masquer leur repli identitaire", explique Semih Vaner, directeur de recherche au Centre d'études internationales à Paris. Dans une tribune qu'il publie dans "Libération", Vaner épingle les 49 députés UMP qui viennent d'adresser une lettre au Président de la République pour exprimer leur aversion face à la candidature de la Turquie à l'Union européenne... "Aversion" : le mot est lâché... Ce mot qui en révèle bien plus sur nous-mêmes que sur nos destinataires. Plus largement, estime Dominique Quinio dans "La Croix", les interrogations autour de la Turquie traduisent la fragilité mentale de l'Europe, qui ne se sent pas assez assurée sur ses bases pour accueillir, pour digérer la Turquie. Plus forte, plus soudée autour d'un projet commun, elle ressentirait l'entrée de ce pays comme un magnifique défi pacifique, en rendant ses propres valeurs désirables et contagieuses. Oui, poursuit Joseph Limagne dans "Ouest France", la question turque a cristallisé les inquiétudes et le refus de ceux qui ne comprennent plus le sens d'une construction européenne sans fin ni frontières. Reste l'identité musulmane de la Turquie... Balivernes, estime Jean-Christophe Giesbert dans "La Dépêche du Midi"... On leur tordra le cou en rappelant que l'Europe n'est ni catholique, ni protestante, ni orthodoxe, ni musulmane... Elle est avant tout européenne. La Turquie, elle est à la Une de "La Croix" aujourd'hui... Journal qui fait exception, car tous les autres... Sauf "Le Figaro", nous y reviendrons... Titrent sur ce qu'il est convenu d'appeler, à tort ou à raison, "le mardi noir". Avec tout d'abord ce sondage de "L'Humanité"... Baromètre social réalisé par l'Institut CSA, qui montre que 74% des Français sont pour la journée d'action de demain... Les trois-quarts donc... Record de sympathie, commente "L'Huma", qui en tire cette conclusion : non seulement la nomination du gouvernement Villepin n'a pas enrayé le mouvement de rejet de la politique antisociale de ce même gouvernement... Mais les premières mesures qu'il a adoptées ne font au contraire que l'amplifier. Une journée d'action comme celle de demain satisfait à la liturgie sociale de rentrée... Reste à savoir si elle sera un point d'arrivée ou de départ... Et ça, personne ne peut le dire... En revanche, écrit Dominique Seux dans "Les Echos", il est clair que les syndicats sont dans une situation moins favorable qu'au printemps, quand la perspective du référendum leur donnait un levier immédiat. On remarquera que le ciel nous envoie peut-être un signe... Cette semaine, qui s'annonce socialement agitée, va débuter aujourd'hui par une éclipse partielle du soleil sur la France... Phénomène astrophysique... Comme une métaphore de la situation dans laquelle se trouve Dominique de Villepin... "Dans la tempête", comme le titre "France Soir"... Avec "un horizon qui s'assombrit", pour "Le Parisien"... Ou tout simplement "mardi, c'est conflit", pour "Libération". Aucun Premier ministre n'y échappe, souligne Pascal Aubert dans "La Tribune"... Tous les chefs de gouvernement ont droit, à un moment ou à un autre, à cette confrontation directe avec la rue... Pour Villepin, ce sera un baptême du feu social... Il promet d'être instructif. Instructif également, ce papier du "Figaro", avec son infographie, qui montre ce que fut, sur le front social, la situation des Premiers ministres successifs depuis Jacques Chirac en 74... Où l'on voit que Pierre Mauroy détient le record de tranquillité... Autrement dit, sans conflit social pendant 2 ans et 11 mois. Juste derrière, un autre Premier ministre socialiste, Lionel Jospin... Sans perturbations pendant 2 ans et 9 mois... Et c'est encore deux socialistes qu'on retrouve à l'autre bout du classement... Cueillis à froid tous les deux : Laurent Fabius et Pierre Bérégovoy, qui n'ont passé des jours tranquilles à Matignon que pendant 3 mois. Etat de grâce, état de disgrâce... Voyez, c'est aussi une question de délai. Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur… Cette citation de Beaumarchais, "Le Figaro" la conserve comme étendard, mais pour le reste, que de changements… Vous verrez, "Le Figaro" nouveau change complètement de look.. D’abord le titre : en lettres blanches sur bandeau bleu… C’est plus moderne… Le format est réduit… Ce qui, en revanche, n’est pas très spectaculaire… 3 centimètres 4 de moins en largeur… Ca ne change pas grand'chose… Ca doit toujours être aussi compliqué à lire dans le métro... Non… Ce qui est plus notable, c’est la présence des trois cahiers… Le principal… Je crois que les gens du "Figaro" l’appellent le "Figaro blanc"… Comme avant… Le cahier… "Economie", qui reste saumon… Et le troisième… c’est là l’innovation : il  s’appelle « Le Figaro et vous »… Culture, evasion, mode, télé, annonces immobilières... Tout cela s’inspirant du modèle de la presse britannique…. Avec un faux air du "Gardian", par exemple. En ligne avec nous : Jean-Michel Salvatore… Bonjour… Vous êtes directeur adjoint de la rédaction du "Figaro"… Qu’est-ce qui vous a poussé à opérer ces changements ? Evolution ou révolution ? "Nous voulons être un journal ouvert, libéral et européen avec un ton plus vif"…Dans votre esprit, ce sera quoi, le ton plus vif ? Coût de l’opération ? Merci, Jean-Michel Salvatore... Et bon vent au "Figaro" nouveau. Je vous signale que ce genre de lifting, d’autres titres de la presse française vont le connaître dans les mois ou les semaines qui viennent…"Le Parisien" travaille à une nouvelle maquette pour le début de l’année prochaine…Tout comme "Le Journal du Dimanche" au printemps… Alors que "Libération" a déjà entamé une réflexion sur une refonte complète du journal… Et puis, plus proche de nous : le journal "Le Monde", qui sort sa nouvelle formule le 7 novembre… Nous y serons, Stéphane. La semaine dernière, je vous ai parlé de "Lyon Capitale"... Cet hebdo qui se définit comme "le journal des esprits libres", et qui s'est offert comme éditorialiste un certain Michel Noir. Alors on découvre, cette semaine, ce nouveau pigiste, et sa chronique. Côté écriture, pas grand'chose à dire... Elle a à peu près autant de relief que la plaine de Silésie... Et pour ce qui concerne le fond, Michel Noir a décidé de parler de la politique des transports à Lyon... Sous le titre "Pour réparer la bêtise du siècle"... Un peu comme Cambrai, Lyon possède sa bêtise... C'est le tunnel sous Fourvière... Michel Noir vilipende la municipalité lyonnaise, la région et l'Etat, accusés de continuer une politique absurde... Qu'il s'agisse du contournement de la ville, du bouclage du périph, du prolongement du métro ou des trains qui continuent de passer à travers la ville... Tout ça à cause des querelles politiciennes à courte vue électorale, écrit Michel Noir... Qui semble dire aux Lyonnais, sans vraiment le dire... "C'était quand même mieux à mon époque". Tiens, puisque nous en sommes aux époques révolues, voici Bernard Tapie... Qui n'a jamais eu le succès très discret... Et qui, après sa victoire judiciaire dans l'affaire Adidas, explique dans "Le Figaro" qu'il va demander des dommages et intérêts au Crédit Lyonnais, pour "préjudice moral". Métaphore footballistique, bien sûr... Pour l'ancien président de l'OM, c'est la deuxième mi-temps qui commence. Mais ce n'est pas tout : Bernard Tapie referait bien de la politique. "J'entends participer au débat... Je veux être utile, comme je l'ai toujours été". "Vous allez prendre la tête d'un parti politique ?" lui demande Eric Decouty... "Non, répond Tapie... Si je réintègre un parti politique, ce sera le Parti Radical, mais sûrement pas pour le diriger". "Alors, allez-vous vous engager dans la campagne présidentielle ?" Réponse : "Sachez que je serai capable d'aller très loin pour empêcher de gagner un candidat qui représente à mes yeux une mauvaise solution pour la France". "A qui pensez-vous en particulier ?" "A plusieurs en général", répond Tapie... Ce qui doit être le contraire de "A personne en particulier". La politique, quyelquefois, c'est comme l'astrophysique... C'est un phénomène d'éclipse A demain !

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