(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : geek, chic et triste

(Bruno Duvic) "Il se passe avec les universités la même chose qu'avec les abbayes avant Gutenberg. Elles étaient le lieu du savoir, elles ont été balayées de la carte. Les universités dans leur forme actuelle vont disparaître. Je ne suis pas sûr du tout qu'il y aura toujours un professeur et des élèves ensemble dans un même lieu."

C'est le responsable numérique pour la France à la commission européenne, Gilles Babinet, qui s'exprime ainsi dans les colonnes du Monde . Le gouvernement présentait hier le projet d'université en ligne. La plate forme doit voir le jour dans trois mois. Et à en croire Gilles Babinet, la France a beaucoup de retard.

Cours mon ami sur Facebook, la révolution numérique est déjà là ! Pour son numéro 100, le quotidien L'Opinion dresse le palmarès des 100 Français qui feront l'opinion demain. Et le classement fait la part belle aux patrons d'entreprise du web et de la technologie. Alexandre Malsch, fondateur de Melty Group (une pléiade de sites destinés aux 18-30 ans), Bertin Nahum, fondateur de Medtech (des robots d'assistance à la chirurgie) ou encore Fanny Pechiodat (à l'origine de My Little Paris, une newsletter devenue une petite galaxie branchée).

En 2013, un jeune homme de 36 ans peut défier, sourire aux lèvres, le président iranien...

En signe d'ouverture Hassan Rohani se pique de twitter. Alors le fondateur de Twitter Jack Dorsey lui a envoyé publiquement ce message :

  • Bonsoir président : est-ce que les citoyens iraniens pourront lire vos tweets ?

Allusion à la censure au pays des mollahs. Réponse du président

  • Mes efforts ont pour but d'assurer à mon peuple d'avoir confortablement accès à l'information.

  • Merci, faites nous savoir si vous avez besoin d'aide

Vous trouverez la conversation sur le Huffington Post , entre autres.

Et Twitter va entrer en bourse

Le projet doit être présenté dans les jours à venir. Il a le monde entier entre ses mains. Avant cette entrée en bourse, le Financial Times radiographie ce phénomène Twitter à travers le monde. 200 millions de twittos et des usages variables selon les pays.

  • L'Indonésie, folie des tweets dans les interminables bouchons de Djakarta et des autres villes.

  • Les Etats Unis où le réseau permet aux noirs de prendre une parole qu'on ne leur donne pas toujours.

  • Le Japon, réticent au départ. Le phénomène a pris son essor après le tsunami de 2011. Twitter était le lieu où on s'échangeait les informations.

Et le Moyen Orient ? dira-t-on. Qu'est devenue cette révolution des réseaux sociaux depuis la chute de Moubarak, Ali. Au moins aujourd'hui, répond le Financial Times, les réseaux permettent au débat de se poursuivre, même dans des circonstances moins favorables. Et Twitter s'est démocratisé. Ce n'est pas plus l'apanage d'une élite urbaine et branchée.

Cela dit, dans le reportage de Florence Aubenas sur cette Egypte qui digère ses révolutions et contre-révolution, dans Le Monde , pas de tweet à l'horizon. Nous sommes à Silla, à 130 kilomètres du Caire, une bourgade de 10.000 âmes. Des gamins efflanqués surgissent au bout d'une rue.

« Est-ce que l'Etat les aide ?

  • Non, répond l'instituteur. Pour ça, il n'y a que les frères musulmans. »

Le commissariat de Silla a été incendié en août. On sait qui a commis le crime, des gens du coin. Et dans ce poste de police naguère turquoise, aujourd'hui noirci, un brigadier en claquette et turban dialogue avec un autre homme. Leur conversation donne une idée du climat dans le pays après tant de changements - l'époque où les frères musulmans étaient pourchassés sous Moubarak, celle où ils ont pris le pouvoir et maintenant, quasi retour à la clandestinité.

« A l'époque, on les arrêtait vers 3 heures du matin, c'était les seuls à aller à la première prière du jour à la mosquée (…) Quand les islamistes ont été élus, cela a été un choc. La veille on pouvait les mettre en prison, le lendemain, il fallait les saluer comme nos chefs. Ils avaient une attitude arrogante.»

A Silla, désormais, le siège du parti justice et liberté est fermé. On attend les nouvelles élections avec impatience. On ne veut pas se battre entre gars du village. Ce sont toujours les frères musulmans qui organisent les distributions exceptionnelles de sucre et de thé.

Chic et triste : Cécilia ex-Sarkozy dans Le Point

L'hebdomadaire publie les bonnes feuilles de l'autobiographie de l'ex et éphémère première dame. Il y a sa version détaillée de la libération des infirmières bulgares.

Arrivée chez Kadhafi. On la fait entrer dans le bunker, on ferme la porte à clé derrière elle.

« Est-ce que vous avez conscience de la manière dont vous me traitez ?

  • Vous n'êtes pas commode, répond Kadhafi. »

Le dictateur est embarrassé, à en croire Cécilia Attias. La libération des infirmières ne dépend pas de lui mais de son fils, qui bloque. Puis il finit par lâcher : « Je vous les donnes les infirmières ! ». Les agents de sécurité qui accompagnent la première dame devront forcer la porte de la prison et semer la panique dans l'établissement pour arriver à leurs fins.

L'extrait ne dit pas ce qui a été négocié avant et après ce rendez-vous.

Qu'on se le dise, Cécilia n'a pas établi de listes d'invités et de personnes non désirées lors de la soirée au Fouquet's. 6 ans après, elle trouve la polémique sur cette soirée totalement disproportionné.

Elle raconte ces heures uniques au moment de l’élection de 2007 : son couple bat de l’aile au moment où il est jeté sous les feux des projecteurs. Dans ce récit, on trouve aussi des détails amusants sur la vie avec enfants dans les palais du pouvoir. A Bercy quand Nicolas Sarkozy était ministre des finances. Il faut des yaourts pour les enfants. Désarroi dans le regard des fonctionnaires. Le lendemain, dans le frigo, des dizaines de yaourts, tous les mêmes.

Cécilia Attias sera l'invitée de Pascale Clark mercredi prochain dans « comme on nous parle » à 9h10 sur France Inter .

Quoi d'autre dans la presse ?

L'obsession Valls. Il fait la Une de VSD avec sa compagne : « L'Elysée, ils s'y voient déjà ». Manuel Valls et la polémique qui n'en finit pas sur les Roms.

Le récit de Libération donne une idée assez sidérante du climat depuis une semaine dans la majorité. Entre réunions en tête à tête, informations qui fuitent, mises au point au point recadrages, démentis et petites phrases. Quelle est vraiment la ligne du président dans cette affaire ? Pour Libé , à la Une, « Hollande est sur la ligne Valls. « François Hollande absout Valls » confirme L'Humanité .

Et puis les adieux du créateur Marc Jacobs à Louis Vuitton. Dernier défilé hier à Paris après 16 ans de succès. « Final noir » titre Le Figaro . Dans Libération , le Marc était en noir, couleur dominante de ce défilé, qui ressemblait à un résumé de tous les autres.

Françoise-Marie Santucci raconte dans Libération . « Les mannequins portaient des casques en plumes de paon ; cela donne de la prestance dans la tristesse. Des pantalons, beaucoup de transparence, des tops ajourés, de la mousseline : voilà un vestiaire de femme d’intérieure lasse et abandonnée, en déshabillé noir avec dentelles et pierreries. On eût dit les veuves d’un continent disparu »

Chic, mais triste.

A demain !

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