Théorie du genre, le pape a encore beaucoup à apprendre. Le pain au lait pour expliquer les impôts. Elena Ferrante, alias de qui ? Ça nous intéresse vraiment ?

Le Pape François, Rome, 28 septembre 2016.
Le Pape François, Rome, 28 septembre 2016. © Maxppp / Raffaella Midiri/PHOTOSHOT

On commence par un conseil de lecture… au pape ! Le Pape François inquiet de la « colonisation idéologique de la théorie du genre » qu’il aurait vue enseignée dans les livres scolaires français. Inepties, paroles légères et infondée.

Pour lui permettre d’en apprendre un peu plus sur le sujet, je conseille au pape François le dossier du magazine Neon sur le thème « ça veut dire quoi en 2016 d’être un homme ou une femme ? » : photo d’ une femme seins nus, surf à la main, un homme en maillot une pièce tenant, lui, un cerceau de gym.

Article de fond d’abord pour essayer de savoir où on en est des différences. Entrée en matière ironique : « Cet article est écrit par un mec, c’est-à-dire un cerveau monotâche, est-il écrit, agressif et bordélique et qui, en plus, laisse des gouttes de pipi sur la lunette des toilettes. Heureusement, relu par un cerveau multitâche, doux, sauf une semaine par mois, et émotif, surtout une semaine par mois. » S’ensuit une mise au point notamment dans le domaine scientifique des différences vraies ou supposées entre hommes et femmes, pas plus de différences entre les cerveaux du personnes du même sexe qu’entre les sexes, mais des chercheurs, néanmoins, qui continuent de se diviser sur les causes des différences : sont-elles génétiques ou sociales ?

Mais, surtout, je conseille au pape le portfolio qui accompagne ce dossier, avec photos et témoignages de ceux et celles qui ne se reconnaissent pas dans les cases homme ou femme, « trop étriquées » disent-ils. Gabriel qui se dit « non binaire », mais plaide pour un autre genre. Rosanne « transféminine », Brieuc « demi boy » ou d’autre encore ceux qui se revendiquent « cis » comme cisgenre, contraire de transgenre. Que François se rassure, il y a un lexique qui accompagne ces définitions d’identités, désormais assumées. Et je le rappelle, ce n’est pas à lire dans un livre d’école, mais dans le magazine Neon.

Les électeurs de gauche décidément au centre de toutes les attentions, à droite on le sait.

On a d’ailleurs droit ce matin à une nouvelle passe d’armes entre Jean-Pierre Raffarin, soutien d’Alain Juppé via Libération, et Nicolas Sarkozy dans Le Figaro. Le premier estime normal que tout le monde se sente concerné par la question « voulez-vous Sarkozy/le Pen ou Juppé le Pen au second tour de la présidentielle ? » ; le second met en garde celui qui serait élu avec des voix de gauche. Il n’aura de cesse, dit-il, de donner des gages à la gauche.

Mais les électeurs de gauche sont désormais attendus aux primaires de la gauche. On en connaît désormais l’organisation. La question étant : pour départager qui ? L’Opinion révèle ce matin qu’un dîner aurait réuni samedi soir à Matignon, autour du Premier ministre, une quarantaine de parlementaires et ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem, et que l’hypothèse d’une non-candidature de François Hollande aurait même été évoquée… « Prépare-toi », auraient lancé en substance quelques participants à Manuel Valls. Le Premier ministre aurait coupé court aux spéculations, « pour l’instant, le scénario c’est que le président y aille », a-t-il asséné… Une preuve néanmoins pour Nathalie Segaunes, que ce scénario du renoncement de François Hollande est désormais abordé dans les « cercles sérieux ».

Et puis la politique, la vie de la cité expliquée aux nuls de façon un peu nulle.

Vous avez peut-être raté cette passe d’armes sur les réseaux sociaux ce week-end, elle vous est résumée dans L’Opinion ce matin. Sur Twitter samedi, l’humoriste Michaël Youn se lâche : « Ma fille m’a demandé, c’est quoi les impôts papa ? J’ai mangé la moitié de son pain au lait, elle a compris. » Volée de bois vert, notamment de Cécile Duflot, qui lui a répondu : « A la mienne, j’ai dit que grâce à eux, n’importe quelle petite fille malade peut être soignée, elle a compris. » L’humoriste hésite, « se dit fier de payer des impôts », avant de reprendre ses esprits hier : « Des politiciens qui donnent des leçons de morale et de générosité ? Contentez-vous de nous faire rire, c’est ce que vous faites de mieux. » Mieux que certains humoristes.

Allez plus sérieux, cette info du Parisien : l’association Zup de Co, qui se bat contre le décrochage scolaire, lance aujourd’hui même un manifeste qui s’adresse aux parents de collégiens : dites non aux devoirs à la maison, oui aux devoirs à l’école. Des devoirs à la maison qui ne font qu’exacerber les inégalités entre les enfants, puisque tout dépend de la façon dont les familles peuvent accompagner leurs enfants

On termine par la condamnation du référendum hongrois, et par une révélation, pas forcément nécessaire et indispensable…

Des éditos très sévères ce matin après le référendum organisé par Viktor Orbán en Hongrie. Un seul, celui de François Wojtalik dans Le Courrier Picard : « Les peuples de l'ex-Europe de l'Est ont la mémoire courte, dénonce-t-il. Les Hongrois oublient la solidarité internationale qui a marqué l'invasion de Budapest par les chars russes en 1956. Qui aurait alors refusé d'accueillir un réfugié hongrois ? Le 9 mai 1989, les Autrichiens ont-ils hésité à ouvrir leurs bras aux Hongrois qui fuyaient leur pays ? »

Et enfin, « doit-on aller contre la volonté d’un auteur de rester dans l’ombre ? » s’interroge ce matin le site de Libération.

Depuis ce week-end et une enquête au long cours publiée par un grand quotidien italien et traduite en français pour Mediapart, il semble qu’on sache qui se cache derrière celle que beaucoup de lecteurs français ont découverte ces derniers mois : Elena Ferrante, auteur notamment L’Amie prodigieuse, premier tome d’une saga consacrée à Naples. Se basant notamment sur les données fiscales et le registre des propriétés immobilières, le journaliste italien Claudio Gatti croit pouvoir affirmer que derrière ce pseudo d’Elena Ferrante se cache Anita Raja, traductrice romaine. Révélation donc, sauf qu’Elena Ferrante, depuis un quart de siècle, a toujours revendiqué le droit au « pseudonymat », affirmant « qu’une fois écrits, les livres n’ont plus besoin de leurs auteurs ».

Erri de Luca, autre grand auteur italien, s’irrite de voir ces outils d’enquête utilisés pour débusquer l’identité d’un auteur : « Si vous voulez écrire sous pseudo, vous avez tous les droits, s’est-il exclamé hier. On ferait mieux d’user de ces enquêtes pour débusquer les fraudeurs du fisc », s’est-il insurgé.

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