Les "n+1" toxiques qui font pleurer le week-end aussi, Society. La rédemption d’un lanceur de marteau dopé, l’Equipe. La chute pour dopage d’un fabriquant de champions, le Monde, New York Times. Zemmour retrouve ses obsessions dans Le Figaro, l’Obs dissèque celles de Juan Branco. Du Proust inédit dans le Figaro...

Les règles, tabous des entreprises
Les règles, tabous des entreprises © Getty / Milos Dimic

On parle de mauvais chefs ce matin...

Et plus directement, on parle de cons, c'est la une de Society qui va parler à tous ceux qui savent la vie de bureau. "Mon N+1 est un con" avec, pour qu'on comprenne, la photo d'un mug... 

Le N+1, c'est le supérieur hiérarchique immédiat qui peut être un cauchemar, Marie qui travaillait dans une filiale de LVMH pouvait pleurer le week-end quand elle recevait un vendredi ce mail de sa cheffe : "Lundi, il faut qu'on parle", sans aucune explication. La jeune femme appelait sa maman : "je ne comprends pas, je n'ai rien fait'. Mais le lundi, il ne se passait rien, la boss avait oublié, et chaque matin, Marie se demandait de quelle humeur serait cette femme, qui pouvait aussi bien l'appeler son rayon de soleil que lui hurler dessus, qui lui avait demandé de suivre sa fille sur Instagram. Marie fait désormais du théâtre et plus jamais elle ne travaillera en entreprise... Car au-delà des histoires de chefs, il reste ceci : 10% des salariés de ce pays ont déjà connu le burn-out, et notre management serait un des plus mauvais du monde, Emmanuel Macron le disait pendant la campagne présidentielle...

Est-il lui-même un bon manager de ses troupes, notre Président qui a choisi Sylvie Goulard comme future Commissaire européen et l'a donc envoyée subir les assauts des Eurodéputés qui l'ont passée au grill hier lors de son audition. "I am clean" a lancé Mme Goulard, les Echos pensent qu'elle s'en sortira, mais "Personne ne comprend à Bruxelles pourquoi Emmanuel Macron a pris le risque d’envoyer une candidate qui traîne des casseroles qui l’avaient contrainte à démissionner de son poste de ministre de la Défense", écrit Libération. Mme Goulard avait déjà été recasée par le Président comme sous-gouverneure de la Banque de France, l’un des plantureux fromages de la République, ajoute Libé. Le choix du N+1.

Il est aussi de bons chefs mais tout le monde n'a pas la chance d'être footballeur à Liverpool champion d'Europe, sous la houlette du craquant Jurgen Klopp, barbe grise et yeux bleus de myopes à grosses lunettes, à la Une de So Foot ! Klopp, jeune, était un footballeur connaissant ses limites, son cerveau pigeait tout mais son corps ne suivait pas. Devenu coach à 33 ans à Mayence, il montait sur une colline pour voir évoluer ses joueurs à l'entrainement, il écoute mais sait garder la distance, c'est la clé.

On apprend des choses dans le foot, les entreprises pourraient s'en inspirer. Les Américaines championnes du monde ont préparé leur Mondial en adaptant leur entrainement à leurs cycles menstruels, oui, leurs règles, car les hormones se jouent de nos forces. Je lis cela sur le site les Echos Start, article signé d'un homme curieux de l'autre moitié de l'humanité, Florent Vairet, qui précise avoir fait relire son texte par des consœurs, et qui lève un tabou, celui du corps des femmes et il dit l'énergie qui vient après les règles quand les hormones remontent. C'est le moment de lancer des projets, l'empathie et l'écoute auxquelles l'ovulation rendrait plus apte et les découragement qui guette en phase prémenstruelle... Une ancienne directrice de banque devenue coach, conseille aux femmes de savoir ne pas en faire trop, comme Mme Rapinoe...

Les hommes aussi ont un corps. Dans So Foot ! toujours , je lis que dans les Îles Anglo-normandes, une compétition leur est réservée aux gros, on marque des points en marquant des buts, logique, mais aussi en perdant du poids, cela donne des bonus.

On parle d'un champion rescapé dans l'Equipe...

Et dans le Républicain lorrain, car il est de Metz : Quentin Bigot, médaillé d'argent au lancer du marteau aux à Doha, il est rond, barbu et poète, après cette médaille. Il a envie. Il est comme un vampire qui a le goût du sang, dit-il à l'Equipe. Et il est fort aussi d'avoir surmonté la honte : il a repris l'athlétisme en 2016 après avoir été suspendu deux ans pour dopage, il osait à peine affronter les regards mais maintenant argenté et repenti, il veut parler aux enfants.

Quand Bigot revit, on lit la chute d'Alberto Salazar, "créateur controversé de champions" dit le Monde. Salazar dirigeait un groupe d'athlètes de très haut niveau financé par Nike, il tombe pour trafic de testostérone.

Dans le Wall Street Journal et le New York Times, on apprend que le grand patron de Nike, Mark Parker, était tenu au courant et s'intéressait à un gel qui contournerait les tests anti-dopages... "Il serait intéressant de déterminer à quelle dose d'hormone mâle, on provoque un résultat positif", écrivait Parker dans un mail... Le dopage, cette pollution du sport, semble une fatalité.

En France, le Point raconte la fatalité de la haine qui s'abat sur des agriculteurs que des amis de la nature menacent et injurient, au nom de la lutte contre les pesticides. La menace latente des industries à risques imprègnent l’Alsace. Les DNA, le Dauphiné, la Nouvelle République, qui pointent les usines Seveso tout près de chez nous. Libération, qui s'offre ce matin aux géographes, met en Une, une carte de Rouen marquée de rouge, tout entière exposée, dont l'ambition écologique a été mise en pièces par l'incendie de l’usine Lubrizol, renvoyée à son destin de ville industrielle. Nos cités ont longtemps été bâties auprès des usines, comment y échapper ?

Il est aussi des fatalités idéologiques

On nous parle ce matin de deux hommes prisonniers mais prospères par leurs obsessions. Eric Zemmour reprend sa chronique du Figaro et déplore la fin de l'homme blanc, aux USA cette fois. L'Obs, sur son site, dissèque Juan Branco, jeune avocat qui est à une gauche radicale complotiste, ce que Zemmour est à l'extrême droite, auteur au printemps dernier d'un livre à succès, Crépuscule, sur et contre Emmanuel Macron. L'article décrit un homme, Branco, mû par l'ambition et la haine, qui poursuit de sa vindicte parfois homophobe le secrétaire d’Etat Gabriel Attal, qui fut son ennemi au lycée, mais cette obsession a trouvé un public et est devenue une explication du monde.  

Tout ceci est laid et existe pourtant. Pour se guérir, lisez plutôt dans le Figaro, quelques lignes d'une nouvelle inédite de Marcel Proust, exhumée de dossiers cachés : de l'amour de deux femmes, Proust explorait sa propre homosexualité, et cherchait le ton, la phrase juste, ces lignes ont la beauté des prémisses... Vous lirez aussi, dans la Croix, cet éternel miracle de la foi, à Gallardon dans l’Eure-et-Loir, se crée un lieu de pèlerinage, autour d'une capsule contenant du sang de Sainte-Faustine, une religieuse polonaise que Jean-Paul II canonisa, le sanctuaire est dédié à la miséricorde, nous en avons besoin parfois.

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