L'actualité se met au vert... Et il y en a bien besoin, à voir les photos publiées ce mois-ci par Capital. C'est titré "Absurdités écologiques". Nous sommes en plein désert du Nevada. Difficile de faire plus sec et rocailleux. Et pourtant, la photo montre de magnifiques langues de terrain vertes et grasses. C'est un parcours de golf, construit au beau milieu du désert. Pour l'arroser, il faut chaque jour la consommation d'une ville de 12.000 habitants. En moyenne, résume Capital, l'Américain pollue trois fois plus que le Français. Alors, pour le Français aujourd'hui, l'écologie, c'est le débat sur la taxe carbone. Elle a trouvé son adversaire numéro 1 : Ségolène Royal, back from Charentes-Poitou : tout sourire à la Une de Libération. Je vous en parlais hier : elle est partie en guerre contre cet impôt, qu'elle juge inefficace écologiquement et injuste socialement. Elle en remet une couche ce matin dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui la montre en photo sur le terrain : visite d'une ferme bio hier à Chauvigny, dans la Vienne. Décryptage politique dans Libération. C'est la stratégie du contrepied. L'édito de Paul Quinio est intitulé "Virus" (virus de la division et du combat de chefs). "Martine Aubry a repris la main le week-end dernier à La Rochelle : Ségolène Royal sort immédiatement de son silence. Martine Aubry joue la carte de la rénovation : Ségolène Royal joue les Madame Plus sur le cumul des mandats et la taxe carbone". Alors il n'y a pas qu'elle qui soit remontée contre cette taxe. "Elle carbonise le pouvoir d'achat", affirme L'Humanité. "Ce nouvel impôt frapperait les plus modestes, au bénéfice des grands groupes". Dans Le Figaro Magazine qui paraîtra ce week-end, François Fillon essaie de désamorcer la polémique. "Tarif en baisse... Il n'y aura pas de hausse des prélèvements obligatoires, juste un transfert de fiscalité... Et il y aura des compensations pour les ménages". Alors, "la taxe carbone, est-ce une injustice sociale ? C'est vite dit", selon MédiaPart. Longue analyse sur le sujet. Il faut réfléchir sur le long terme, au-delà de 2012, date de la prochaine Présidentielle. Notre mode de vie et de travail, dépendant du pétrole, est en crise : il faut faire quelque chose. Je vous laisse lire les arguments très détaillés, plutôt en faveur de cette taxe. Je vous en cite trois : - "Impôt injuste ? Pas sûr : les riches dépensent davantage que les pauvres. Ils seront donc davantage taxés". - "Oui, les ruraux et les péri-urbains risquent d'être pénalisés. Mais ils sortent d'une période bénie de presque cinquante ans où les prix de l'énergie ont globalement baissé". - "Enfin, avant de dire que c'est un impôt injuste, il faut voir ce qu'on fera de ses recettes". Ces arguments sont-ils convaincants ? Le Parisien rappelle que même la droite est divisée. En tout cas, la taxe carbone, elle existe déjà au Costa Rica, "un paradis vert". Depuis plus de dix ans, une surcharge est appliquée sur l'essence et le diesel. Cela permet de subventionner 7.000 fermiers et propriétaires. Résultat : les zones boisées représentent aujourd'hui 50% du territoire. C'était seulement 21% en 1987. Etonnant pays que ce Costa Rica, raconté par Philippe Boulet-Gercourt dans Le Nouvel Observateur. Dans quelques années, il pourrait être l'une des premières nations au monde climatiquement neutres. Et dans une Amérique Centrale minée par les conflits, c'est aussi l'un des seuls pays de la planète à avoir aboli son armée. Un autre vert, dans un reportage poignant du Figaro ce matin, Bruno... C'est le vert tilleul des murs d'une chambre d'hôpital, à Kaboul. Lal Mohammad raconte son histoire à Renaud Girard. La photo est terrible. A la place du nez et des oreilles, il n'a plus que de gros pansements. Tout commence le 20 août, date de la Présidentielle en Afghanistan. La journée s'annonce magnifique. Lorsque pointe l'aube, un somptueux voile mauve recouvre les montagnes autour du village de ce fermier. Lal Mohammad fait ses ablutions et sa prière, puis il se met au travail : une femme et neuf enfants à nourrir, c'est du boulot. Quatre heures de labeur, et il s'interrompt. C'est jour de vote : il ne veut pas rater cela. Le sentier vers le bureau de vote est abrupt. En chemin, Lal tombe sur trois jeunes barbus, turban blanc et Kalachnikov en bandoulière. Tout bascule quand ils voient sa carte d'électeur. Quand il reprend conscience, son visage est couvert de sang. Il lui faudra plusieurs jours, à pied en titubant, puis à dos d'âne et en minibus, pour arriver à l'hôpital de Kaboul. "Si j'avais su qu'il m'arriverait cela, bien sûr que je ne serais pas allé voter. Mais la tentation était trop forte. Rendez-vous compte : moi, pauvre agriculteur, participer au choix du nouveau chef du pays...". Pour ce martyr des talibans, rien ne peut arrêter les fondamentalistes. L'été dernier, des hélicoptères pleins d'étrangers sont descendus un matin pas loin de son village. Ils ont arrêté le chef militaire de tous les talibans de la région. Quinze jours plus tard, on l'a revu plastronner devant sa maison, les poches pleines d'argent. Des histoires qui donnent le climat d'un pays comme celle-ci, il y en a encore plein, cette semaine, dans Courrier International. Elles sont moins effrayantes, quoique. Le Los Angeles Times décrit la "pénurie dans les armureries". Presque impossible de trouver une Winchester ou des balles pour pistolet 9mm. Témoignage d'un habitant de Torrance, près de Los Angeles : "Jusque-là, c'est presque aussi facile à trouver que du Coca Cola, mais ce n'est plus le cas". Explication : ceux qui ne peuvent pas vivre sans leurs flingues redoutent qu'Obama durcisse la loi sur les ventes d'armes. Pour répondre à la demande, deux milliards de balles supplémentaires seront fabriquées cette année aux USA. Sur la même page de Courrier International, un article du Matin de Port-au-Prince. En Haïti, l'un des pays les plus pauvres au monde, la dernière salle de cinéma va fermer. Là-bas, comme ailleurs, le piratage fait des dégâts. Et puis le crétin de la semaine... Cela se passe chez Microsoft en Pologne. Sur le site américain du groupe informatique, une publicité met en scène une Blanche, un Asiatique et un Noir. Eh bien, sur la version polonaise, le Noir a disparu... sauf que le gros malin qui a jugé qu'il n'était pas bon de mettre un Noir sur une pub a oublié de passer la main du personnage au logiciel Photoshop. Il a donc un visage tout blanc et une main bien bronzée. La photo est en dernière page de Courrier International. Et en France, les grands chiffres de l'économie sont entre vert et rouge, ce matin... En vert : les loyers... "Première baisse depuis dix ans", titre Les Echos... chiffres de l'association Clameur, qui regroupe des promoteurs immobiliers, des agences et des administrateurs de biens. -0,8% pour les loyers depuis le début de l'année. C'est évidemment très relatif : cela dépend des villes et des types de logement. En rouge : les chiffres du crédit, à la Une de La Tribune... "Recul historique : -20% sur un an". Pour Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, c'est l'une des raisons pour lesquelles 70.000 entreprises sont menacées. Le chiffre est en manchette du Monde. Et puis tout autre sujet, en première page de La Croix... En ce matin de rentrée scolaire, sur France Inter, nous vous racontons l'histoire de Chama, ce petit garçon de 5 ans privé de son papa, placé en centre de rétention. La Croix donne la parole aux mineurs qui ont séjourné dans ces centres en 2007. Ils étaient 242, selon l'association CIMADE. Témoignage de Karina, une ado : "Etre retenus pendant deux semaines sans le droit de sortir, voir son père menotté, être traités comme des criminels sous prétexte qu'on vient de Russie : tout cela m'a cassée". Le ministre de l'Immigration Eric Besson assure que la rétention administrative de familles est marginale. Allez, beaucoup plus léger pour finir... Même L'Equipe se met au vert ce matin. Il faut dire que, manifestement, le bleu n'est pas à la mode. Le journal titre sur l'impopularité de l'équipe de France : "Sont-ils insupportables ?". Alors, pour rêver un instant que le foot, ce n'est pas que des gros sous, petit crochet par Luzenac : 650 habitants, dans l'Ariège. Les anciens y refont le match tous les matins sous un platane, au bord de la rivière. La tribune, au bord du terrain, peut à peine abriter l'équipe du "7-10". On ne peut même plus compter sur le soutien financier de l'usine de talc locale, qui s'est retirée il y a quelques années. Et pourtant, l'équipe de foot locale est en tête du Championnat de National, la troisième division. Avec du coeur à l'ouvrage et tout de même un salaire d'au moins 1500 € par mois, les joueurs, qui sont assureurs, étudiants ou agents immobiliers par ailleurs, font des miracles. Et quand ils ont besoin d'un remontant, ils vont chez Fanny, le bar qui a pris le nom de la fille du maire. Yohann Hautbois, le journaliste de L'Equipe, lui, est allé déjeuner à "La Pierre Blanche", en face de la gare. A "La Pierre Blanche", on n'a pas besoin de taxe carbone : le menu est à 12 €, la cuisine est divine, à partir de légumes du jardin. Bonne journée...

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