(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : rendez-vous avec Bachar

(Bruno Duvic) Il était là à l'heure prévue, 10 heures précises hier matin dans une maison sur une colline de Damas dans une pinède - pas dans le palais présidentiel. Mesure de sécurité légère, un seul barrage, pas une foule de garde du corps. Le journaliste a du laisser son téléphone portable et son enregistreur. Puis Bachar al Assad est venu l'accueillir sous le porche. Ils sont entrés dans un grand bureau orné de tableaux. 3/4 d'heure d'entretien, questions libres, climat calme. « A la fin, il m'a raccompagné sur le perron et a demandé quand l'entretien serait publié ».

Voilà ce que Georges Malbrunot dit des coulisses de l'entretien que Bachar al Assad accorde ce matin au Figaro et dans laquelle il menace la France. Je ne reviens pas sur les propos, ils ont été détaillés dans les journaux de France Inter.

« En s'affichant sans sécurité, conclut Geogres Malbrunot, le chef de l'Etat syrien voulait montrer qu'il ne se cache pas dans un bunker. »

Fallait-il publier cette interview, avec la part de mensonge et de propagande qu'elle comporte ? Le Figaro croit bon de se justifier. « Nous ne sommes pas dupes écrit Alexis Brezet dans l'éditorial, ce n'est pas un hasard si le dictateur Syrien a choisi de s'adresser à un grand quotidien français à la veille du débat Parlementaire à Paris. Mais pour se faire une opinion, il faut avoir en main toutes les pièces du dossier. »

A l'école, après la pédagogie, la pédago-geek !

D'abord un détail dans un reportage de La Voix du Nord sur un collège flambant neuf qui vient d'ouvrir à Tourcoing. Il y a au mur des Flashcodes, ces carrés qui font penser à des codes-barres. Avec leurs téléphones, les élèves activent ces Flashcodes et ils accèdent directement au site Internet du collège.

L'école entre un peu plus chaque année dans l'ère du numérique.

Et cela va bien au-delà d'ordinateurs en classe ou de tableaux interactifs. Les plus adeptes des nouvelles technologies dans l'enseignement prétendent révolutionner la manière de transmettre le savoir. Philosophie magazine publie ce mois-ci un reportage dans l'université numérique gratuite fondée par Xavier Niel le patron de Free. Objectif : redonner une chance à ceux que le système scolaire a rejetés et les préparer aux métiers du numérique.

Ce sont les premières sessions, celles de sélection des élèves. Un millier d'élèves dans un ancien immeuble de l'éducation nationale refait neuf à la sortie nord de Paris. Trois plateaux en open-space garnis d'ordinateurs flambants. Et c'est à la fois l'armée et la colo. Sacs de couchage dans un hall, les jeunes ne dormiront pas beaucoup pendant quelques semaines. Ils vont beaucoup travailler. Mais il n’y aura pas vraiment de cours, pas d'enseignement en amphi, pas de devoirs individuels notés. A la place : des projets de groupe sanctionnés par une notation peer to peer, entre élèves. Et pour ceux qui resteront - un quart - cinq années d'enseignement qui ne seront sanctionnés par aucun diplôme, mais en principe, par la maitrise des outils informatiques, un surcroit de créativité et de confiance en soi, des contacts, un réseau.

Et les dirigeants de l'école livrent une critique radicale de l'éducation à la française

Elle est ultra généraliste, on vous apprend à rester assis, à ne surtout pas formuler d'idée propre, l'enseignement classique, est devenu avec la mémoire numérique totalement inutile. Le mot clé aujourd'hui, c’est innovation. Ce n'est plus l'ère de la révolution industrielle mais de la révolution numérique. Les critères pour faire surgir l’innovation ne sont pas les mêmes que ceux qui permettent de fabriquer une usine.

Ils plaident pour toujours plus de concret. « Celui qui a inventé la machine à faire de la dentelle de Calais n'est pas allé à un cours où on lui aurait dit comment faire pour la créer (...) Notre but est de faire jouer les gamins à es jeux pour qu'ils apprennent.»

Dans ce reportage vous lirez également quelques commentaires plus que circonspects des tenants d'une éducation plus traditionnelle. Le linguiste italien Raffaele Simone, par exemple : « On risque de produire des hyper spécialistes qui ignorent totalement ce qu'est le reste du monde, des génies dans leurs domaines, des bêtes dans les autres domaines.»

Quoi d'autre dans la presse ? D'abord : Une accusation...

« Les juges se paient les journalistes et le majordome ». Titre et accusation de Mediapart ce matin après la convocation au tribunal correctionnel de 5 journalistes et de l'ex majordome de Liliane Bettencourt. En cause, les enregistrements pirates de la milliardaire. Convocation pour « atteinte à l'intimité de la vie privée et détention de document portant atteinte à l'intimité ». Le site estime que ces informations ont un caractère d'intérêt général.

Un aveu

Le tournage de la vie d'Adèle, la palme d'or à Cannes était bien horrible. Plus de trois mois après, les deux actrices finissent par l'avouer dans une interview au site américain Daily Beast . Souffrance, épuisement... Sont-elles prêtes à tourner à nouveau avec Abdelatif Kechiche ? « Jamais », répond Léa Seydoux.

Un chiffre

Passez donc un coup de fil à ce vieux cousin qui ne semble pas en forme. Le montant des héritages non réclamés s'élève à 4 milliards d'Euros. Estimation de la cour des comptes relevée par L'Expansion .

Et une lettre

Oui c'est un billet de blog qui pourrait passer inaperçu sur le Huffington Post entre deux tribunes sur la Syrie ou la rentrée. Morceau de vie de la maman d'une petite fille handicapé. Mais au delà, c'est un texte sur les justiciers ordinaires, sur les petits et grands malheurs et comment ils nous transforment, de quoi méditer en ce jour de rentrée scolaire.

Tout commence par une lettre anonyme laissée sur le pare-brise de sa voiture et qui dit ceci : "Manifestement, vous n'êtes pas handicapée, vous devriez avoir honte". Cette bloggeuse, Suzanne Perryman, qui est américaine, répond à la personne qui a laissé la note. Elle lui répond qu'il ou elle a mal regardé, qu'elle avait bien le droit de se garer sur une place réservée aux personnes handicapées, même si le fauteuil roulant n'est pas toujours dans la voiture, d'ailleurs la maladie de sa petite fille ne se voit pas au premier coup d'œil.

Et à ce justicier anonyme qui s'emporte sur un coup d'énervement, elle écrit ceci :

"Je sais d'où vous venez, j'ai vécu là-bas aussi. J'avais des listes de ce que j'avais accompli, des récompenses pour cela, des cheveux parfaits, une belle peau, une voiture propre, une vie sociale, pas de livre en retard dans la bibliothèque. Et puis je suis devenue maman et contre toute attente, maman d'un enfant handicapé.

Ma vie est belle, mais elle ne peut plus être structurée aussi facilement. Mes cheveux jouent aux rebelles, les yeux sont souvent fatigués, je me réveille plusieurs fois par nuit, me manquent les réussites professionnelles autrefois si faciles à accomplir. Mais votre monde, lui, ne me manque pas. Je suis toujours en mouvement et je suis reconnaissante. Reconnaissante de ne plus vivre dans votre monde en noir et blanc. Parfois le gris a du bon.»

A demain !

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