(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : quand le cœur fait boum

(Bruno Duvic) La voici donc, la bombe que promet le tout Paris médiatico-politique depuis hier. Les premiers extraits du livre de Valérie Trierweiler dans Paris Match . D'après ce qu'on peut lire dans Match (couverture, douze pages de photos, quelques extraits et un long récit), c'est une bombe chargée d'un curieux liquide. De l'eau de rose qui aurait tourné vinaigre. Citation entre guillemets au début du récit signé Catherine Schwaab : "Au début de notre histoire, un champ électromagnétique s'activait entre nous"

Tout le reste est à l'avenant, en tout cas d'après les extraits de Match : de l'intime déballé en public et qui révèle à l'occasion quelques traits de personnalité du président de la République et ce qu'est la vie auprès d'un homme de pouvoir.

De l'intime, en voici. Le récit du matin où la first gilfriend doit affronter l'infamie.

"L'information Julie Gayet est le premier titre des matinales. Je craque, je me précipite dans la salle de bains. Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères. François m'a suivi, il tente d'arracher le sac. J'avale ce que je peux, je ne peux pas vivre les heures qui vont arriver"

« Livre ravageur », dit la rumeur, pour le président de la République. D'après les extraits de Match , en tout cas, l'image d'un président sympathique et chaleureux en prend en coup de plus.

Valérie Trierweiler raconte qu'elle ne s'est jamais sentie légitime à l'Elysée. Complexe de classe. Le président n'a pas toujours tout fait pour l'aider. Diner de Noël dans sa famille à elle. Petite plaisanterie du grand homme: "elle n’est quand même pas jojo, la famille Massonneau".

Autre passage, elle est apprêtée pour un diner d'Etat

  • Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle ?

  • Oui, un peu

  • En même temps, on ne te demande rien d'autre.

Et elle assure qu'il ne plaisante pas.

Vivre avec un homme de pouvoir, c'est épouser ses conseillers. Les réunions qui se tiennent jusque dans la salle de bains. Cette phrase de Stéphane le Foll, membre de la garde rapprochée du candidat Hollande pendant la campagne 2012. Il s'adresse à Valérie Trierweiler : « Si tu veux une soirée avec François, il faut que tu passes par moi. »

Faut-il rappeler que c'est sa version des faits à elle et qu'il ne s'agit que d'extraits d'un livre de 320 pages. Livre que le Parisien présente en parlant de « la vengeance d'une femme blessée » et qui assure que son ex continue à lui faire la cour. "Le président n'a rien vu venir assure un de ses proches dans le journal. Il est un peu atterré.

Sortie en librairie demain, et même aujourd’hui dans certains points de vente. Tirage 200.000 exemplaires, dignes d'un Marc Lévy, écrit le Huffington Post .

Et le livre vient alourdir un peu plus un contexte déjà pesant pour le chef de l'Etat

Oui, toujours dans Match cette semaine, il perd encore 4 points de popularité, -10 pour Manuel Valls.

Ou encore, cette petite phrase du syndicaliste Edouard Martin. « Les copains me disent de prendre ma carte au PS mais à quel PS ? »

Le gouvernement vire-t-il chaque jour un peu plus à droite ? Débat relancé par l'intervention du ministre du travail François Rebsamen hier demandant que Pôle emploi renforce les contrôles pour vérifier que tous les chômeurs cherchent bien un emploi.

Gros succès à la Une de la presse. C’est quasiment un grand chelem de Unes dans la presse nationale.

  • Le Figaro : « Ces ministres qui brisent les tabous de la gauche ».

  • L'Opinion : « La gauche passe l'arme à droite »

  • L'Humanité : « Et maintenant la chasse aux chômeurs ».

  • « Que le chasse aux chômeurs commence ! » pour Mediapart .

  • « Les chômeurs sous surveillance » pour Le Parisien-Aujourd’hui en France

  • « Contrôle des chômeurs, un nouveau tabou tombe à gauche » pour Les Echos .

Et le sujet inspire les éditorialistes dans la presse régionale, sur le thème : « la stigmatisation des faux chômeurs ne suffit pas à créer du travail ». Pour Jacques Camus, par exemple dans les journaux du Centre « à défaut d'inverser la courbe du chômage, le gouvernement a spectaculairement retourné sa veste sociale ». On relèvera la colère du très modéré Laurent Berger de la CFDT dans Ouest France : « que le ministre corrige ses propos ».

François Rebsamen à la Une et aussi, Emmanuel Macron

« Il arrive parfois des miracles » écrivait hier le Wall Street Journal à propos de sa nomination. « Est-il l'homme de la situation ? » se demande Le Nouvel Observateur . C'est « La bombe Macron » (encore une !) pour L'Express . L'Express où l'on apprend que le ministre de l'Economie, certes, n'a pas de souci de fins de mois, mais qu'il ne paye pas l'ISF.

Sur cette gauche qui change et le cœur blessé par toutes ces bombes des vieux militants socialistes, réflexion de Christophe Barbier dans l'édito de L'Express . « Ne parlons pas de première, de deuxième ou de troisième gauche. C'est la non-gauche qui apparait. L'auteur fétiche du PS était Emile Zola, c'est désormais Frédéric Beigbedder, orbite de plus en plus éloignée des classes populaires. » « La gauche trahit-elle la gauche ? » se demande l'hebdomadaire Le 1 dans un numéro assez passionnant. Contribution d'une pléiade d'intellectuels, notamment l’historien Michel Winock qui résume ainsi le moment Valls : "Pour moi, Manuel Valls n'est pas socialiste. Il représente la gauche républicaine, laïque, progressiste, certainement réformiste mais éloignée des fondements idéologiques du socialisme".

Ce moment Valls embarrasse bien la droite qui voit son terrain de jeu se rétrécir à mesure que les tabous tombe de l'autre côté. La droite qui attend toujours l'imam caché, Nicolas Sarkozy.

Sur Libération.fr , l'histoire d'un drôle de sondage. Il fait encore ce matin la Une du site de Valeurs actuelles sous le titre, « Le sondage explosif (et encore boum !) de l'UMP. » Sondage attribué à L'Ipsos selon lequel Nicolas Sarkozy serait de loin le mieux placé à droite pour distancier Marine le Pen et François Hollande à la présidentielle. Hollande et Le Pen serait à 50/50 s'ils étaient face à face au second tour. Problème, selon Libé , l'institut Ipsos dément avoir mené une telle enquête. Valeurs actuelles assure que le sondage a été commandé par l'UMP. Dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on assure n'être au courant de rien. Alors sondage bidon ? Fantôme ? Etrange, en tout cas.

Retour à Paris Match pour finir. Fleur Pellerin (invitée de Patrick Cohen ), il arrive qu'on soumette aux invités du 7/9 des articles embarrassants à propos de promesses non tenues, d'affaires ou d'attaques violentes. Là je voudrais vous soumettre un article gênant tellement il est affectueux. C'est signé Yann Moix. Il vous met en scène au bord de la piscine à ses côtés. Il lit l'Enéide et se mélange les crayons à propos des personnages de la mythologie et notamment Ajax. Et il écrit ceci : « Tout en badigeonnant ses orteils d’un vernis à ongle rouge cerise, l’air un peu las, je l’entends me dire, avec aussi peu de cuistrerie qu’un Bauceron parlant de son tracteur « Ouais, fais gaffe, y’en a deux : Ajax le fils de Télamon, celui qui s’est farci la guerre de Troie et un autre, un second couteau, Ajax, fils d’Oïlée. Cela dit, le deuxième est moins caractériel que le premier. Tu vas te baigner, toi ? »

Fleur est un édelweiss, écrit encore Moix, qui assure « Je n’ai jamais vu quelqu’un faire aussi peu exprès de réussir ». Encore une bombe, d’affection celle-ci…

A demain !

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