La mort d'un sociologue qui embrassait les siècles, Immanuel Wallerstein -The Conversation, le Monde, New York Times. Trésors d'Afghanistan qu'on trafique près des talibans, le Figaro. On tire de l'or des morts qu'on incinère, la Marseillaise. Jean Nouvel et des architectes contre la nouvelle Gare du Nord, le Monde.

On parle d'un petit garçon ce matin...

Et on parle aussi de sa maman qui est morte et de sa petite soeur qui ne naitra jamais... Lui s'appelle Samuel, il dessinait cet été chez sa grand-mère paternelle et son papa lui a demandé ce qu'il dessinait. "C'est maman avec ma petite soeur qui va naitre en septembre", a -t-il dit, nous étions le 20 juillet, quinze jours plus tard, le 4 aout Chloé, la maman, était abattue de trois balles dans sa voiture par Ibrahima, le papa, qu'elle avait quitté quelques années plus tôt parce qu'il la battait, il la battait même quand elle portait Samuel bébé dans ses bras, se souvient sa soeur... Chloe s'était reconstruite, elle n'avait jamais rompu tout contact avec cet homme qui l'avait séduite au temps où gamine elle aimait les mauvais garçons du quartier de l'Esteou à Marignane, celui-là était le père de son fils, il la menaçait encore et puis il l'a tuée...

C'est dans la Provence, une parmi tant d'autres des histoires que nous vous racontons en cette journée spéciale sur France Inter, et que vous lirez  dans nos journaux, quand s'ouvre le Grenelle des violences conjugales, quand 101 femmes sont mortes cette année sous les coups de leurs compagnons, quand la presse rassemble ces drames d'une société malade d'une "inaction qui tue" dit l'Humanité. "Il est temps d'agir",  dit la Croix qui dénonce le "machisme à la française", "stop à l'hécatombe", dit le Courrier Picard, "mobilisons-nous" dit la Montagne... Mais avant l'action il y a l'abattement qui nous prend devant tant de deuils et de peurs, tant de souffrances de femmes invisibles, dit l'Echo républicain où Ines se raconte, dont le mari brutal et pervers donnait le change; un homme éduqué, cadre dans une grande entreprise, qui parfois la chassait la nuit de leur maison : « J’ai dormi sur un banc, dehors. Une autre fois dans une église. Mais je me disais que c’était de ma faute. la seule solution que j’envisageais était le suicide", dit-elle. "Mon avenir? Je vais mourir, il parviendra à ses fins, je vis dans la peur, c'est un mode de vie", souffle dans Presse Océan Sophie dont l'ex-compagnon bourreau est sorti de prison...

Il n'est pas que la mort quand on parle des femmes ce matin, et on s'ensoleille en une de Midi Libre, de Mireille et Maria, qui ont sauvé un bébé et sa mère, perturbée, qui avait accouchée dans les toilettes du restaurant où elles travaillent sur une aie de l'autoroute A9. La mère avait laissé le bébé dans la cuvette des toilettes et se sauvait, ensanglantée. Elles ont séché le bébé avec du papier toilette, elles l'ont réchauffée, elles ont calmé la mère, elles ont donné deux vies. 

On parle de Boris Johnson... 

Qui fait la guerre aux députés rétifs et veut mettre au pas le Parlement, dit le Figaro,  pour s'en aller vers le Brexit, mais des députés lui imposent une guérilla, répliquent les Echos.  Mais cette querelle britannique cruciale en masque une autre, fondamentale, et l'Opinion décrit une crise générale de la démocratie parlementaire, quand en Israel, en Italie, au Royaume-Uni, des hommes forts Salvini, Netanyaou, Johnson, affrontent les parlements, les suspendent, les dissolvent ou les menacent... En Italie, le parlement l'emporte pour l'instant dans une combinazione, mais à Londres, l'affrontement prend des airs historiques. C'est en Angleterre qu'est née la démocratie représentative au 17e siècle, dévolution du pouvoir aux meilleurs ou supposés tels, élus par le peuple... Est-ce fini?

La politique est un temps long. Un sociologue est mort à 88 ans, qui le savait si bien, il était américain, il s'appelait Immanuel Wallerstein, il était aussi bien impliqué dans nos querelles contemporaines que familier du capitalisme agricole naissant dans l'Europe du 16e siècle: le point de départ d'une oeuvre maitresse sur le "système-monde", commencée il y a plus de quarante ans, et qu'il laisse inachevée. Le New York Times, c'est en ligne, saluait sa contribution majeure en 1974, il était  le continuateur du français Braudel, et un observateur du capitalisme dont il pensait, il l'avait dit au Monde en 2008, c'est également en ligne, qu'il finirait par s'éteindre...  Il voulait rassembler science et philosophie dit dans "the Conversation" Michel Wieviorka, qui ajoute ceci; il était aussi, Wallerstein, "un mari et père de famille aimant, et un merveilleux ami", et la douceur qui émane de ce vieux monsieur moustachu, nous manque déjà au temps des brutes.

Dans Slate, on me parle d'un autre américain qui vient de s'en aller, qui avait voulu fuir le capitalisme, Sidney Rittenberg était parti en Chine pour devenir membre et cadre parfois emprisonné parfois choyé du PC chinois...  Il avait fini par revenir au pays, fonder une société et faire du business avec la Chine, repris par le capitalisme. 

Et on parle de trésors pour finir...

Et le Figaro nous emmène aux portes du désert dans la province de Nimroz en Afghanistan où des aventuriers cherchent et trafiquent les vestiges archéologiques d'une terre où Alexandre le grand guerroya bien avant les Russes et les Américains, et l'histoire s'est lovée dans le sol que grattent des familles tout près des trafiquants d'opium; nous bavardons dans son échoppe avec Haji Aghaq, qui a vendu un sabre 30.000 dollars à un riche arabe, nous apprenons qu'il vaut mieux trafiquer les antiquités que la drogue et l'opium, et que les talibans participent à la fête... 

Il est aussi des trésors enfouis dans les eaux, le Monde raconte ces vestiges précolombiens au fond du lac Titicaca,  ou une escadre antique retrouvée intacte pratiquement au fond de la Mer noire, oi cette jonque chinoise du XIII e siècle, extraite de la vase chargée encore de porcelaine précieuse... Les eaux sont des sarcophages mais menacéspar le pillage, que savons nous garder.   

La Marseillaise me raconte une histoire de trésors, mais ces trésor nous les portons en nous, dans nos corps et nous l'oublions mais après nous d'autres le recueillent. On parle de l'or des morts, ces déchets métalliques que laissent les corps incinérés et que les crématorium valorisent, les familles à qui l'on remet les cendres calcaires du défunt ne savent pas qu'avant un tri a été fait, nos prothèses métalliques ou d'or reviennent dans le commerce, le crématorium de Sain-Pierre a tiré des défunts 852 grammes d'or l'an dernier, presque un lingot.

Dans le Monde, dans un texte plein de verve, des architectes, Roland Castro, Jean Nouvel, dénoncent le projet de transformation de la gare du Nord qui va offrir au groupe Auchan un vaste centre commercial que les voyageurs devront traverser avant de rejoindre leurs trains... une hérésie architecturale, économique, humaine, assurent ces hommes de l'art. Dépouillés mortsn serons-nous tentés vivant?

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.