Hier, "France Soir", exprimant une opinion largement répandue, protestait en Une, sous forme de question : "Est-ce que ça va durer encore longtemps ?", titrait le journal. Oui, combien de temps va durer cette guerre des Israéliens contre le Hezbollah, et non pas contre le Liban ? Eh bien, aujourd'hui, sans répondre directement à cette question, bien sûr, c'est le Premier ministre israélien lui-même qui apporte des précisions. Dans une interview, qu'il accorde au "Monde", Ehud Olmert le dit clairement : il n'y a pas de limite à l'offensive. Et pourtant, la phrase est énigmatique, parce qu'on ne sait pas de quelle limite il s'agit...Politique, géographique ? Mystère : le chef du gouvernement israélien ne veut pas en dire plus... "Je ne crois pas avoir à annoncer mes plans", dit-il. En revanche, Ehud Olmert est catégorique sur un point... Et ce n'est pas le moins important... "Pas question de frapper Beyrouth... La capitale du Liban n'est pas une cible... Non, la cible, c'est un seul quartier de la ville, celui du Hezbollah. Nous ne combattons pas le gouvernement du Liban, explique le chef du gouvernement israélien... Je n'ai aucun désir de renverser le Premier ministre libanais, affirme-t-il... Je n'ai pas envie de voir Nasrallah à sa place"... Nasrallah, chef du Hezbollah, nouveau héros de la cause arabe... Nous en reparlerons tout à l'heure. "Aucune envie non plus, pour Israël, d'occuper le Liban ou une partie du Liban... Mais pas question d'accepter que la sécurité d'Israël soit menacée"... Un dogme pour l'Etat hébreu... Une déclaration qui place Ehud Olmert dans la lignée de ses prédécesseurs. En tout cas, Ehud Olmert en est persuadé : Israël est en train de créer un précédent, de fournir un exemple pour beaucoup d'autres sociétés... C'est cela, l'importance de ce conflit : lutter contre les terroristes qui veulent détruire les bases de la civilisation occidentale. Maintenant, le Premier ministre israélien espère qu'une force internationale prendra la relève le plus vite possible... Et, au passage, Nathalie Nougayrède, du journal "Le Monde", lui demande sa réaction après l'affirmation de Philippe Douste-Blazy, selon laquelle l'Iran jouerait un rôle stabilisateur au Proche-Orient... Ehud Olmert a cette réponse étonnante : "Lors de mes divers entretiens avec Monsieur Douste-Blazy, j'ai trouvé que je pouvais facilement m'entendre avec lui, sur... le football... Et sur certaines questions politiques. Il est très charmant, ajoute Olmert... Nous sommes tout à fait d'accord, par exemple, sur l'importance des biotechnologies". Est-ce que ça va durer encore longtemps ?... Question lancinante, réponse en suspend... "J'ai peur que cette guerre dure encore longtemps", confie au "Parisien" l'universitaire et écrivain Jean-Paul Chagnollaud... "Parce qu'aujourd'hui, seuls les Américains peuvent imposer un cessez-le-feu aux Israéliens... Or, George Bush, qui pense que ce conflit fait partie de la grande croisade des démocraties contre le terrorisme, n'est pas pressé. Le problème, précise Jean-Paul Chagnollaud, c'est que le Hezbollah n'est pas Al-Qaïda... C'est un vrai parti politique, bien implanté, avec deux ministres dans le gouvernement libanais... C'est un mouvement populaire dans une partie du monde arabe... Popularité que cette guerre renforce, justement. Alors, même si l'armée israélienne parvenait à le repousser de quelques kilomètres, il est évident que le Hezbollah se reconstituerait d'une façon ou d'une autre. Maintenant, que peut faire la France ?... Oh, il faut être honnête : ce sont les Etats-Unis qui ont les clés, mais Paris joue son rôle... Paris a raison de demander un cessez-le-feu immédiat avant tout envoi d'une force internationale sur le terrain... Plus le temps passe, estime Jean-Paul Chagnollaud, plus on s'aperçoit que c'est la seule solution viable". Cette force, c'est ce que "Libération" appelle "le coup d'après". Le coup qu'on négocie... Et ce qu'on négocie, c'est la nature de cette force qui viendra s'interposer entre les belligérants. Oui, le coup d'après, il ne faut pas le rater... Tant l'enlisement des Américains et de leurs alliés en Irak et les déboires de la force internationale en Afghanistan incitent à une définition très stricte de la mission libanaise, de ses buts et de son mandat. Bien sûr, écrit Pierre Haski, c'est l'arrêt le plus rapide possible des combats... Mais il faut le réussir, ce coup d'après, pour ne pas avoir à le payer chèrement par la suite... Le danger, en effet, c'est que cette force précipite ce conflit des civilisations, entre guillemets, auquel aspirent les plus extrémistes... C'est que cette force devienne à son tour la cible rêvée d'une résistance arabe jugée légitime par une rue arabe prompte à suivre des chimères. Problème d'autant plus épineux qu'il y a maintenant un leader, un nouveau héros de cette rue arabe : le dénommé Hassan Nasrallah qui, bien que chiite, est désormais comparé à Nasser, ou même à Saladin... Oui, le secrétaire général du Hezbollah est devenu la nouvelle figure de proue des opinions arabes dégoûtées par le silence et la passivité de leurs dirigeants face à la destruction du Liban, explique Christophe Ayad dans "Libération". Voilà pourquoi on a vu hier, au Caire, plusieurs milliers de personnes brandir son portrait, aux côtés de celui de Nasser. Même ferveur en Syrie, où là, le Hezbollah bénéficie du soutien des autorités... Nasrallah a même sa place sur les affiches représentant la sainte trinité du pouvoir à Damas, aux côtés du Président Bachar el-Assad et de son défunt père Hafez. En fait, Nasrallah a remplacé Bassel, le frère décédé du Président syrien. A Gaza également, et en Cisjordanie, les manifestants brandissent le portrait de Nasrallah... Il est même comparé à Saladin et à celui qui aurait voulu être le Saladin des temps modernes : Saddam Hussein... A ceci près que le langage ferme, précis et articulé de Nasrallah n'a rien à voir avec la logorrhée vantarde de l'ancien Président irakien... A ceci près également que les Scud du second se sont révélés aussi inefficaces que les missiles du premier sont meurtriers. Alors, comme le titre ce matin "France Soir", dans une version à peine corrigée de son titre d'hier, concernant ce conflit au Liban : "C'est toujours pas le début de la fin". Ne surtout pas se tromper sur la nature de la force d'interposition, expliquait Pierre Haski dans "Libération"... Propos que les événements en Afghanistan rendent tout à fait pertinents... "Afghanistan, l'autre front terroriste", titre "La Croix" en Une, après l'attentat qui a fait plus de 20 morts dans le sud du pays hier... Sans compter que, ces derniers jours, les talibans ont multiplié les attaques contre les troupes de l'OTAN... Et c'est dans ce contexte que la France va prendre le commandement des forces internationales à Kaboul. Alors, comme en témoigne le lieutenant James Clerc, officier de déminage : "Il faut une prudence de tous les instants, parce que les talibans mènent la vie dure aux troupes de la coalition"... Depuis le début de l'année, les milices islamistes, retranchées dans les montagnes du sud, intensifient leur lutte, à la fois contre les forces internationales et contre le gouvernement. Eux aussi sont de l'autre côté de la frontière... En l'occurrence, dans les zones tribales du Pakistan. Quant à la population, elle ne recueille toujours aucun fruit de l'intervention de la communauté internationale, nous explique "La Croix"... Le développement ne décolle toujours pas... L'urgence humanitaire demeure... La frustration grandit... A titre d'exemple, l'Afghanistan continue à fournir 90% de l'opium mondial, mais les producteurs afghans ne reçoivent que des miettes de cette activité qui, ça va sans dire, est une activité parallèle... Un trafic lucratif... Pas pour tout le monde. Si on faisait un rêve ?... Imaginez qu'il existe un vaccin contre la cigarette. Quel soulagement pour tous ceux qui tentent en vain d'arrêter de fumer ! Eh bien, dans une page "espoir", au coeur d'une rubrique bien-nommée "vivre mieux", "Le Parisien" nous révèle qu'un vaccin, précisément, dont les premiers résultats sont prometteurs, entame l'ultime phase de tests. Le principe est simple, en tout cas dans l'énoncé... Il s'agit de produire des anticorps qui se fixent sur la nicotine et l'empêche d'atteindre le cerveau. Ce qui fait que lorsqu'on fume, on ne ressent plus aucun plaisir. Alors, à moins d'être totalement masochiste, ou d'avoir un penchant sadique à enfumer les autres... Fumer n'a plus d'intérêt. C'est moins effrayant que "fumer tue"... C'est surtout plus efficace que la menace... En tout cas, les premiers tests, sur 300 fumeurs, se sont révélés très encourageants, comme disent les labos. En attendant, précise "Le Parisien", une nouvelle pilule anti-tabac est attendue en France début 2007... Concurrent du Zyban, ce médicament s'appelle le Champix... Il est fabriqué à base de varénicline, molécule bien connue pour sa capacité à boucher les récepteurs de la nicotine dans le cerveau... Ce qui fait que lorsqu'on arrête de fumer, il n'y a plus, paraît-il, de sensation de manque. Donc, j'arrête de fumer... et même pas mal. Les labos affirment aussi qu'en cas de rechute, la cigarette ne procure plus aucun plaisir... Ce qui fait qu'il devient complètement inutile de rechuter. On va terminer avec un de ces articles qu'il faut aller chercher tant ils sont bien cachés, au milieu d'un cahier dans un hebdo... C'est le cas de cette interview de François Morel dans "L'Express Mag" spécial Corse, mais dont on s'aperçoit, si on se fiche de la Corse, qu'il n'y a pas que la Corse dans ce cahier... Non, et il y a donc l'interview de François Morel, qui joue un spectacle intitulé "Bien des choses" au Festival d'Avignon... Le off, celui où se passent bien des choses, précisément... Le pouls du Festival. Parce que, dans la Cité des Papes, grâce au off, le spectacle est aussi dans la rue, et dans des endroits improbables... Le moindre local est transformé, souvent avec succès, en théâtre. Mais comme le dit François Morel : "on trouve de tout dans le off : de la qualité d'abord, mais aussi du facile, du vulgaire, du marrant, du pathétique... Certains titres sont quand même assez peu inspirants, comme 'Mon colocataire est une garce', ou 'La blonde, la belle et la salope'... Oui oui... Et pourtant il y avait beaucoup de monde pour aller voir ces oeuvres". Et puis, dans les rues, vous pouvez défiler en curé, en corsaire, en grand-mère, en sueur, en slip, en suaire... Vous pouvez vous égosiller, vous masquer, vous exposer... Vous pouvez faire ce que vous voulez, dès lors que vous êtes comédien... Ca s'appelle "les parades"... Spectacle gratuit pour tous. François Morel jouait donc bien des choses... Et comme une cerise sur le gâteau, il nous livre ce témoignage... Une journaliste de France Culture est venue, et lui a dit : "François, j'ai adoré votre spectacle... Pourtant, je déteste rire". Bon week-end. A demain.

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