Dans ces mêmes studios, hier, à la même heure, François Hollande appelait à plus de clarté. Il demandait, le premier secrétaire du PS, la commission d’une commission parlementaire sur les négociations qui ont permis la libération des 5 infirmières et du médecin bulgares emprisonnés huit années en Libye. Il serait bien sûr prétentieux de croire que sur les bords du lac de Winnipesaukee on écoute France Inter mais il n’aura fallu que quelques minutes à Nicolas Sarkozy, même en vacances aux Etats-Unis, pour répondre « oui » à une telle demande. « Oui » à la transparence ! Le chef de l’Etat, tout retranché qu’il est dans une luxueuse propriété de Wolfeboro, n’a rien à cacher. Il suivra donc l’avis de Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée, favorable à cette commission parlementaire. « Une manière de neutraliser la bombe amorcée par le PS, écrit Patrice Chabanet dans le journal de la Haute Marne. De tout façon, on n’y apprendra guère plus que ce que l’on sait ou que l’on pressent déjà. La levée de l’embargo sur les armes à destination de la Libye a été prononcée en 2004, il n’est donc pas question de pénaliser les industriels français par rapport à leurs concurrents américains et européens. En d’autres termes, on fait comme les autres ! » Faire comme les autres : vendre des armes à la Libye. Après les déclarations jeudi matin du fils Kadhafi dans Le Monde, après la confirmation par un haut-fonctionnaire libyen d’un accord de vente d’armes par la France à Tripoli, c’est donc EADS, le groupe franco-allemand, qui annonçait hier matin qu’un contrat sur les missiles Milan était finalisé. Avec une précision, toutefois : « Cet accord s’est conclu après une période de discussions et de négociations de plus de 18 mois ». Alors, le voyage, le mois dernier à Tripoli a-t-il permis cet accord ? « Non » assure Claude Guéant dans une interview donnée au Figaro qui paraît ce matin. Le Secrétaire générale de l’Elysée est ferme : « Le sujet n’a jamais été abordé dans nos discussions sur la libération. On peut, bien sûr, considérer, précise-t-il toutefois, que la visite du Président de la République a créé un climat favorable qui a pu jouer son rôle. » « De toute façon, estime Jean-Michel Helvig dans la République des Pyrénées, Nicolas Sarkozy et ses soutiens savent que dans ce genre de situation il n’est pas possible d’apporter une preuve formelle de la relation directe entre le dénouement de l’affaire des otages et la conclusion des accords commerciaux. Mais, le pari est quand même risqué, prévient l’éditorialiste. L’annonce d’une commission d’enquête pourrait se révéler bien gênante pour le gouvernement à la rentrée. Notamment sur la façon dont le couple Sarkozy s’est affiché sur la place publique quand d’autres dirigeants européens choisissaient garder profil bas ». Et Jean-Michel Helvig de rappeler à qui l’aurait oublié que la « Libye ne brille pas par son respect des droits de l’Homme et de la démocratie. » Et on revient avec Patrice Chabanet, du Journal de la Haute-Marne, qui estime que « l’Occident, dont la France, s’est déjà planté en vendant des armes à l’Irak du temps de la splendeur de Saddam Hussein. Visiblement, la leçon n’a pas été retenue. » Alors, dès fois, on se dit que, vraiment, une bonne fessée ça pourrait peut-être la faire rentrer cette leçon. Hé bien non ! Figurez-vous, papas et mamans, que le Conseil de l’Europe s’oppose à se genre de punition, la déculottée, à laquelle Libération accorde tout de même trois pages, et en fait son « Evénement » aujourd’hui. Savez-vous que dans des pays comme, par exemple, l’Autriche, le Danemark, la Finlande ou la Grèce, les châtiments corporels sont interdits. Et pas qu’à l’école, à la maison aussi. Et Charlotte Rotman nous apprend qu’une vaste campagne sera donc lancée à l’automne. Campagne de sensibilisation pour tenter de changer les mentalités et suivre l’exemple de la Suède, pionnière en la matière. En 1979, le royaume interdisait la fessée par le maître d’école comme par les parents. « Une façon de protéger l’intégrité physique et psychologique ainsi que la dignité humaine de nos enfants » expliquait la Secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, en mai 2006, lors d’une conférence. Maud de Boer-Buqquichio, Néerlandaise, qui a fait du bannissement du martinet et de la déculotté, son cheval de bataille. « Nous ne sommes pas autorisés à frapper, blesser, humilier nos enfants ! Nous devons changer nos mentalités et adapter nos lois en conséquence. » Alors, rassurez-vous, si vous n’avez pas la main trop lourde et que vous n’avez pas envoyé le p’tit dernier à l’hôpital qui, décidément, « qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ? », il n’est pas encore au programme du Conseil de l’Europe d’exiger des poursuites contre les récidivistes du « pan pan cul cul ». Le hasard des Unes nous mène parfois à des situations dont l’ironie peut déranger. Si Libé ouvre avec un panneau signalant donc l’interdiction de fesser son enfant, Le Monde 2 lui nous propose, en première page, la photo d’un bambin qui aurait peut-être mérité plus de fessées, ou alors en a-t-il trop reçu, on ne sait pas vraiment. Un enfant de quelques mois pas plus, photo en noir et blanc.. Avant de savoir de qui il s’agit, on s’attendrit comme on le ferait devant la bouille de n’importe quel bébé. Puis on lit le titre et le malaise s’installe : « L’enfance d’Hitler ». C’est le thème du prochain livre de Normal Mailer qui accorde une longue interview au Monde 2. L’auteur américain, écrit Samuel Blumenfeld, cherchait une réponse à cette question qui le taraude tant : « Le dictateur nazi était-il un homme comme les autres ou une créature du Diable ? » « Un château en forêt » est un roman dans lequel Mailer décrit le petit Adolf comme un gamin irascible et perturbé qui transmet volontairement la rougeole à son frère cadet, plus brillant, plus séduisant. Le frère mourra de la maladie Hitler est entré dans la vie de Normal Mailer à 9 ans. « Dès 1932, dit-il, ma mère m’avait prévenu : « Ce type va exterminer les Juifs ! » Son instinct était redoutable. » A 84 ans, Mailer, fera de ses souvenirs un livre. « Un château en forêt » : « Biographie de Hitler, écrit le magazine. Drame dans lequel Dieu, le Diable et les humains s’affrontent comme sur la scène d’un théâtre antique. » Le Monde 2 en publiera des extraits dans chacune de ses éditions du mois d’août. Le mois d’août, ou le mois d’« ou » -comme le préconise le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel- le mois d’«ou » donc n’est pas synonyme de vacances pour tout le monde. Il est même le mois de la rentrée pour les footballeurs du championnat de France. Premières rencontres ce soir, avec notamment ce « choc des extrêmes » écrit Libé : Bordeaux-Lens. Bordeaux, entraîné par le débutant, du moins à ce poste, Laurent Blanc, le champion du monde 98, face, donc, à Lens et son nouvel entraîneur que vous connaissez tous même sans être un fan de ballon rond. 68 ans, il en sera ce soir à son 891ème match en Ligue 1. J’ai nommé : Guy Roux. Entretiens croisés dans L’équipe aujourd’hui. Question à Laurent Blanc, qui a joué sous les couleurs d’Auxerre, période Roux : - « Comment le définiriez-vous ? » demandent Jean-Luc Gatellier et Bernard Lions. Réponse : « D’abord c’est un entraîneur. » Ok jusque-là pas de révélation fracassante. « Ensuite, hé bien, c’est un homme qui a des valeurs et à l’horreur de l’à-peu-près. Il est aussi très intelligent, vicieux dans le bon sens du terme, malin et cultivé. » La même question est posée à Guy Roux : -« Comment définiriez-vous Laurent Blanc ? » -« C’est un jeune cadre dynamique qui débute avec un tel vécu que l’on a l’impression qu’il a toujours été là. » Un peu comme Guy Roux finalement. Allez, c’est une information chinoise qui va me permettre de vous souhaiter une bonne journée. « Qui n’a jamais rêvé de torturer un fonctionnaire corrompu, de se débarrasser de ses enfants et d’entrer ensuite au Paradis idéal? » La question est posée par Bruno Philip, en page 6 du Monde daté d’aujourd’hui. En Chine, nous explique le correspondant du journal à Pékin, « ce vœu est désormais réalisé de manière fantasmée sur la Toile », autrement dit Internet. En fait un jeu vidéo mis en place par les autorités du Zhejiang, au sud de Shangaï, savamment appelé « Combattant incorruptible ». Il permet de se défouler contre, je cite : « la plaie de la Chine, cette gangrène dénoncée par le régime lui même comme l’une des menaces les plus sérieuses du Parti Communiste Chinois. » La corruption donc. Et visiblement cela fonctionne : en une semaine, le jeu a été téléchargé 100 000 fois. Un jeu où l’on peut donc « capturer, torturer et tuer des fonctionnaires véreux et même leurs concubines qui se promènent nues sur l’écran. » Et les réactions sont unanimes, celle de cet Internaute augure d’une administration plus droite : « J’ai vraiment l’impression d’avoir accompli quelque chose quand je punis l’un de ces fonctionnaires diaboliques. » Messieurs, les « ronds de cuir » chinois, vous êtes prévenus. Bonne journée.

Thibaut Cavaillès

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