Cette fois, ça y est. Ils sont en vacances, nos ministres, "au repos minceur" comme le précise Libération, qui souligne que Nicolas Sarkozy "a demandé à ses troupes de rester mobilisées et d'éviter les vacances tape-à-l'oeil". Pour Olivier Picard dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, "en pleine affaire Bettencourt et pour ce premier été sous le régime de la rigueur officielle (...) la consigne est claire : pas de vagues, pas trop de soleil et pas trop d'étranger" (...par l'expression "pas trop d'étranger", il faut comprendre : si possible, restons en France ; pas question de quitter l'espace européen). Libé s'est bien sûr enquis des destinations estivales des uns et des autres : François Fillon ira en Toscane, Bernard Kouchner au Portugal. Pour Luc Chatel, ce sera Saint-Raphaël et La Baule ; le Gers pour Patrick Devedjian ; le Pays Basque accueillera le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire ; comme tous les ans, Nathalie Kosciusko-Morizet s'installera dans le Cotentin ; François Baroin ira pêcher à la ligne dans la Creuse, pendant que Rama Yade choisira le Vaucluse. Si France-Soir décerne ce matin à la France le titre de championne d'Europe du camping, il semble qu'aucun des membres du gouvernement ne se soit encore converti à la tente canadienne, au matelas gonflable, pas même au camping-car. "Les pieds dans l'eau, mais la tête dans les dossiers", écrit Yann Marec, dans Le Midi Libre. Cela résume assez bien ce qui attend, ces prochains jours, la ministre de l'Economie. Avant de partir plonger au large de la Corse et de la Côte d'Azur, Christine Lagarde ouvre un chantier, histoire de bien faire comprendre sans doute que le prochain remaniement ministériel ne la concerne pas. Dans un entretien qu'elle accorde aux Echos, elle annonce qu'à la rentrée, le gouvernement veut "accroître la proportion des Français propriétaires de leur logement". Le crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunt immobilier sera supprimé l'an prochain. Un dispositif d'accession à la propriété réservé aux primo-accédants prendra la forme d'un "prêt à taux zéro renforcé (...) sans conditions de ressources". Voilà pour Christine Lagarde. Quant à Dominique Bussereau, on apprend, en première page de La Charente Libre, que l'élu de Poitou-Charentes "déserte la région". Le secrétaire d'Etat aux Transports avait pourtant juré en mars dernier qu'il siègerait au Conseil Régional. Il a annoncé hier qu'il abandonnait son mandat. De là à croire qu'il entend ainsi se montrer totalement disponible pour un gros portefeuille... Allez savoir. (Mickaël Thébault : « Et Eric Woerth, Alain, où passera-t-il ses vacances ? ») Non, il n'est pas attendu sur l'île de d'Arros, ni en Suisse (comme l'avait déclaré, à tort, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt... Il ira à Chamonix, parcourir la montagne lors de "randonnées glaciaires" (la précision est dans Libé). Il ne risque pas d'y prendre froid, le ministre du Travail. Dès sa page Une, Libération, en effet, l'habille pour l'hiver avec ce titre frappé du sceau "exclusif" : "La nouvelle affaire Woerth". L'ex-ministre du Budget serait intervenu en 2008 pour obtenir un dégrèvement fiscal de 27 millions d'euros sur l'héritage du sculpteur César. Document à l'appui, Karl Laske révèle qu'Eric Woerth serait donc "directement intervenu dans un contrôle fiscal". Il l'aurait fait à la suite de pourparlers avec l'exécuteur testamentaire de César, Alain-Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier pour l'art contemporain et grand donateur de l'UMP. Huit ans plus tôt, courant 2000, le fisc avait engagé un très lourd redressement pour "insuffisance de déclaration" après avoir répertorié 230 oeuvres manquantes dans la succession de l'artiste dont on peut toujours admirer le magnifique Centaure, en plein Paris, à deux pas du Bon Marché, près de la rue du Cherche-Midi. Le journal parle du "coup de pouce d'Eric Woerth à la famille César". L'éditorialiste de Libé Fabrice Rousselot suppose que "l'air de Chamonix ne suffira pas à garantir le repos" à l'ex-ministre du Budget, ex-trésorier de l'UMP (il vient de rendre cette charge encombrante au secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand). Selon Fabrice Rousselot, "le pouvoir, retranché derrière le voile de l'impunité (...) a refusé la création d'une enquête parlementaire ou la nomination d'un juge d'instruction indépendant pour faire toute la lumière sur l'affaire Woerth/Bettencourt. Il doit désormais compter avec l'affaire César/Woerth". Le ministre mis en cause bénéficie ce matin de ce qu'on pourrait appeler un soutien "d'ouverture". Dans France-Soir, l'ancien ministre socialiste de l'Education Nationale Claude Allègre rend hommage à Eric Woerth, "un bon ministre, qui sert bien son pays". Claude Allègre s'en prend au passage sévèrement au journaliste Edwy Plenel, fondateur du site d'information Médiapart. Il le fait en ces termes : "Je sais ce que François Mitterrand disait de lui avec gravité : 'C'est un danger pour la démocratie'". ...Un "danger pour la démocratie", Edwy Plenel ? Fabrice Arfi : un commentaire ? (...) (MT : « Il y a 221 ans survenait en France un événement que l'on enseigne encore aux enfants »)... On est le 4 août. ...La "Nuit du 4 août", ça vous dit quelque chose ?... ...La suppression des privilèges par nos aïeux révolutionnaires de 1789. Pour le quotidien L'Humanité, c'est la nuit "qui hante les nantis". Qu'elle les hante à ce point, on peut en douter quand même. Le même journal signale que depuis les années 90, les hauts revenus s'envolent, tirés notamment par une forte croissance de la Bourse et des biens patrimoniaux. A titre de comparaison, un ouvrier non qualifié possède aujourd'hui en France un patrimoine estimé en moyenne à 9600 €, contre 200.000 à un cadre supérieur. ...Et que dire de ce que dépensent les occupants de la suite royale de l'hôtel Plaza Athénée à Paris ? ...Le mois dernier, cette suite a été occupée en permanence, à 20.000 € la nuit. Cet établissement de luxe a connu un mois historique : hors la "suite royale", le revenu moyen d'une chambre y a dépassé les 1.000 €, un record -paraît-il- dans la capitale. Vous lirez cela dans Le Figaro Eco qui nous apprend un peu plus loin (cela paraît paradoxal) que les riches Américains réduisent de plus en plus leur consommation alors qu'ils sont les premiers clients du coûteux Plaza Athénée. (MT : « Et là, on se demande ce qu'en aurait pensé Marylin »)... ...Marylin Monroe. Elle chantait : "Diamonds are the girl's best friends" (les diamants sont les meilleurs amis des femmes). Pour autant, le luxe qu'elle préférait par dessus tout, elle le puisait dans la littérature : c'est l'une des révélations du livre que le Seuil publiera en France le 12 octobre prochain. Le Figaro nous livre ce matin quelques pierres précieuses de cet ouvrage à paraître. Il est constitué des écrits intimes de la belle Marylin. Norma Jean Baker (de son vrai nom) prenait des notes. Elle écrivait très joliment, à ce qu'il semble. Elle avouait une fascination pour le poète américain Walt Whitman, pour les écrivains irlandais Samuel Beckett et James Joyce. En Une du Figaro, on la voit d'ailleurs absorbée par la lecture d'Ulysse, de Joyce, ouvrage réputé difficile. D'elle, de Marylin et de ses écrits, le romancier italien Antonio Tabucchi déclare : "A l'intérieur de ce corps vivait l'âme d'une intellectuelle et poète dont personne n'avait le soupçon". Bref, méfions-nous des blondes. Les textes inédits de Marylin Monroe intéresseront peut-être les profs de latin-grec. Le Figaro, encore, nous dit qu'ils sont révoltés. Le jury du CAPES de lettres classiques a démissionné en bloc le 14 juillet dernier pour dénoncer un concours moins exigeant. Respecter le latin et le grec, c'est aussi respecter la langue française qui en est l'héritière. (MT : « On parle voitures, pour finir ? ») Parlons voitures, en effet. ...Parlons voitures, avec la grosse colère du magazine Auto Plus contre la "pingrerie" des constructeurs automobile. Selon cette revue spécialisée, les constructeurs nous feraient "payer autant pour avoir moins". Je m'explique... Selon Auto Plus, les marques sont prêtes à tout pour réduire leurs coûts de fabrication. Lors du lancement ou du "restylage" d'un modèle, elles rognent partout où elles le peuvent. Des équipements de série disparaissent subrepticement, certains matériaux sont remplacés par d'autres moins solides... Tout ça sans que le prix de la voiture subisse la moindre baisse. Des accessoires gratuits deviennent packs payants, des régulateurs de vitesse se volatilisent en cours de route, des rétroviseurs électriques redeviennent manuels, on passe du cuir au skaï, des poignées de porte en plastique chromé se substituent à des poignées en métal, etc. etc. : Renault, Peugeot, Citroën, Nissan, Seat, Dacia : toutes ces firmes, explique Auto Plus, "se paient sur la bête", c'est-à-dire sur l'automobiliste. Cela se fait "en douce" et depuis près de deux ans. C'est donc le coup de gueule du magazine Auto Plus daté du 3 août. Alors, évidemment, on peut toujours délaisser la voiture pour la bicyclette. C'est ce qu'a fait le préfet du Maine-et-Loire, percuté lundi par une automobile en pleine rue Jean-Jaurès, à Angers. ..."Le préfet est-il passé au feu rouge ?" : c'est la question que se pose le quotidien Ouest-France. La conductrice qui l'a percuté est formelle. Le haut fonctionnaire, qui souffre d'une fracture de la clavicule, dit n'avoir pas été conscient d'être passé au rouge car "il y avait du soleil en face". Les policiers du secteur se marrent bien, les journalistes de Ouest-France aussi, quand ils précisent que, "hasard du calendrier : la préfecture a calé, cette semaine, une opération... de sécurité routière".

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