Cinq ans... cinq ans de guerre en Syrie...

Cinq ans... cinq ans de guerre en Syrie, et Libération qui tente ce matin de reprendre le fil perdu des événements...

La Syrie, ce sont "DES guerres dans LA guerre"... les fronts se sont démultipliés, le conflit devient toujours plus complexe et ingérable pour la communauté internationale... la seule chose tangible... c'est la population, les syriens qui n'ont pas encore fui la guerre... pris au piège de ce conflit à multiple fractions.

Libé nous propose donc de zoomer sur la carte de la Syrie... à chaque région, chaque ville, son enchevêtrement de belligérants, entre l'armée de Bachar El Assad appuyée par les iraniens et les russes... les rebelles plus ou moins coordonnés et plus ou moins soutenus par les Etats-Unis ou l'Arabie Saoudite.. les turcs, les kurdes,la coalition internationale... Sans oublier, bien sûr, le groupe Etat islamique qui défend ce qui lui reste de territoire.

On zoome surtout sur la ville d'Alep, témoignage d'un ancien fonctionnaire, dans la ville dont les quartiers contrôlés par les rebelles sont assiégés par l'armée, depuis mi-juillet.

Assiégés, bombardés... et affamés, "on a puisé dans les stocks, il ne reste plus grand-chose", alerte Abou Ahyam qui est père de 10 enfants.

Mais "le pire, ce 'est pas le manque de denrées alimentaires", nous dit-il: le pire c'est "la cupidité invétérée des commerçants... qui organisent la pénurie pour faire monter les prix". La guerre du ventre, et du porte-feuille... c'est l'une de ces "guerres dans la guerre en Syrie" que nous raconte Libération ce matin.

Le Figaro lui nous emmène en Libye... où "Daesh est en déroute".

Les djihadistes, mis en grande difficulté par les bombardements américains sur Syrte, la ville dont ils avaient fait leur base arrière.

Les 7 frappes américaines, menées depuis lundi... c'est peut-être le coup de pouce qu'attendaient les troupes pro-gouvernementales libyennes pour en finir avec l'Etat islamique... lequel ne contrôle plus que quelques quartiers de syrte alors qu'il avait assis son pouvoir cet hiver sur un territoire de 200 kilomètres carrés.

Mais attention, Daesh perd du terrain mais ne renonce pas à ses projets terroristes nous avertit Isabelle Lasserre. La transformation stratégique a déjà commencé dans les rangs djihadistes: "une dispersion des troupes, un éparpillement des combattants au sein d'une multitude de cellules clandestines dissimulées... parmi les populations syriennes et irakiennes... mais surtout au coeur des démocraties occidentales.

L'exportation de la terreur... c'est justement le projet que décrypte une enquête du New York Times.

Un travail particulièrement complet... et effrayant... mené par la spécialiste de l'Etat islamique pour le quotidien américain. Rukmini Callimachi a patiemment assemblé le puzzle autour d'Emni, une véritable cellule de l'organisation djihadiste... chargée de recruter et de gérer tout un réseau d'agents dormants en Europe, des volontaires capables de mener des attentats sur commande.

L'enquête se base sur les auditions par la Justice d'ex-djihadistes français, allemands, anglais... mais surtout sur le témoignage recueilli en prison, à Brême, d'Harry Sarfo... Cet allemand de 32 ans, a été arrêté à son retour de Syrie où il avait rejoint l'Etat islamique... Là-bas, on lui a expliqué... qu'il y avait déjà assez de combattants étrangers sur place... mais que par contre, on cherchait des hommes capables de mener des attaques dans leur pays d'origine.

L'Allemagne, en particulier, où, comme on le lui a expliqué, plusieurs aspirants kamikazes se sont dégonflés au moment de passer à l'action.

Pour la France? Alors là, "pas de problème"... les volontaires ne manquent pas, la question, raconte Sarfo, faisait même rire les recruteurs jusqu'au larmes.

Son récit fait froid dans le dos, c'est le moins qu'on puisse dire... Pour lui c'est clair, l'Emni, au sein de Daesh, a carte blanche pour compléter à travers l'Europe, l'Afrique mais aussi l'Asie, un réseau très organisé de bombes humaines... un véritable trombinoscope de djihadistes prêts à être déclenchés, via les réseaux sociaux ou de simples téléphones portables.

Les membres du commando du Bataclan et des terrasses parisienne, ceux de Bruxelles... avaient été recrutés et formés par l'Emni. Une entité exportatrice de terreur... déjà été évoquée, dans la presse française, mais jamais avec autant de détails.. . L'enquête du New York Times est d'ailleurs reprise par slate.fr.

En France, retour sur une image qui a beaucoup circulé hier, et qui a été largement instrumentalisée.

Vous l'avez forcément vue, cette image d'un prêtre parisien, par terre dans son église, sorti de force par des CRS...

C'était hier matin dans l'ancienne église Sainte-Rita, dans le 15e arrondissement... et le site d'info Buzzfeed.fr revient donc sur cette évacuation "indigne" mise en musique par la "cathosphère"... voire même, disons-le franchement, par la "fachosphère".

Première règle, pour bien instrumentaliser une info, ne surtout pas rappeler le contexte, le fait que l'évacuation avait été demandée... par un association catholique.... qu'elle aurait du avoir lieu depuis des mois mais que certains militants donc, très proches de l'extrême-droite radicale... Action française, Riposte laïque, Radio Courtoisie... Ce sont eux qui ont fait monter la sauce hier sur les réseaux sociaux, en multipliant les parallèles franchement hasardeux avec Saint-Etienne-du-Rouvray...

Enfin, buzzfeed démonte les fausses infos qui ont circulé... non, l'église n'était pas protégée au titre du Patrimoine... non ,l'église n'était plus consacrée, donc plus aucune messe officiellement ne s'y déroulait... et non, à la place de l'église qui va être détruite ce n'est pas un simple parking qui va être construit... mais un batiment de 20 appartements, dont un pourcentage de logement sociaux.

Le plus surprenant, quand on lit l'article de Buzzfeed, c'est de voir tous ces tweets d'élus politiques qui ont repris et véhiculé tout cet intox... On citera entre autres Eric Ciotti et Frédéric Lefebvre, du parti Les Républicains... aux côtés de noms qui dénotent moins dans une telle opération, comme Marine Le Pen ou Robert Ménard.

L'Humanité prend ce matin fait et cause pour la caissière d'un supermarché de Tourcoing.

"Auchan, le licenciement qui scandalise"... titre le journal, qui revient donc sur cette histoire qu'on vous racontait dès mardi sur France Inter... l'employée de caisse affirme qu'elle a été virée... pour un écart de caisse de 85 centimes... le prix d'un pot de sauce tomate, qu'elle a autorisé une cliente à mettre dans son cabas sans l'avoir passée au scanner.

La cliente a été rattrapée par un agent de sécurité, elle a finalement payé sa boîte.. mais la caissière, elle a été licenciée pour "manipulation frauduleuse".

La direction d'Auchan l'accuse en fait d'autres larçins... des bons de réductions mal utilisés, des paquets de nouilles retirés d'une facture... Et la CGT, qui soutient la caissière, explique qu'avec ces caisses automatiques où l'on scanne soi-même ses produits, les caissières doivent à la fois "faire... leur travail mais aussi, de la prévention et de la sécurité".

En tous cas l'affaire, à Tourcoing, a pris des proportions inattendues. L'Huma nous explique... que depuis, de nombreux clients indignés font savoir que désormais... ils iront acheter ailleurs, leurs nouilles et leur sauce tomate.

A la rubrique fait divers, enfin... dans Aujourd'hui en France, on fait la connaissance d'une dynastie d'escocsspédialisés dans l'arnaque de prêtres...

Père et fils, domiciliés au Havre, avaient peaufiné la combine: ils appelaient au téléphone des curés en général vieillissants, un peu partout en France... ils se faisaient passer pour de bons paroissiens qui s'étaient mariés il y quelques années dans l'église de leur victime. Ils lui expliquaient, qu'ils n'arrivaient plus à boucler les fins de mois, à nourrir leur famille... ils en appelaient à la charité chrétienne... sous forme de chèque ou de mandat postal.

Et ça marchait: 47 prêtres arnaqués pour le fils, Kévin, avec un montant des préjudices estimé à 100 000 euros... Le père, Michel, purge lui 37 années de prison pour les mêmes faits. c'est lui qui a appris la technique à son fiston...

Au nom du père et du fils, donc... amen, et bonne journée.

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