Une femme médecin agressée dans son cabinet, c'est dans "le Parisien", des championnes harcelées par leurs entraîneurs, mais la femme est le passé, le présent et l'avenir de "La Provence"... On célèbre ce matin la diversité de la presse écrite, menacée mais indispensable: "Le Monde", à Gaza, en témoigne.

Les médecins confrontés à la violence de leurs patients
Les médecins confrontés à la violence de leurs patients © Getty

Des femmes victimes ce matin... 

Et le docteur Claire Marie nous regarde d'un air aussi décidé que possible dans le Parisien... Elle est médecin dans le Nord, et baroudeuse dit le journal, elle a soigné des tribus kanak en Nouvelle-Calédonie sans jamais rencontrer la violence, mais à Dunkerque, "à 100 mètres de chez moi", en décembre dernier, un patient mécontent l'a frappé au visage. « J'ai pensé : ma grande, ne fait rien, tais-toi, sinon ça va être pire.  Dès qu’il est parti, je me suis effondrée. » Elle a repris ses consultations, il y avait des grippes, mais la jeune femme est désormais flottante...

Plus de mille agressions ont été perpétrées l'an dernier contre des médecins dit le Parisien, et les femmes sont les premières victimes de ce tabou brisé, pas les seules, mais les premières.

Dans le Parisien encore, une athlète de 23 ans, Cassandra Leborgne, raconte cet entraîneur d'athlétisme, Giscard Samba, qu'une autre jeune championne accuse de viol... Cassandra la connaissait, elle se doutait et longtemps n'avait rien dit, elle parle aussi dans Le Monde qui a révélé le scandale de ces entraîneurs d'athlétisme qui harcèlent des championnes, l'article est dans la version papier du journal... 

Et nous revoilà avec la répétition d'une même histoire... 

La lecture de la Provence est intéressante aujourd'hui, tant le quotidien, juste en le feuilletant raconte des femmes qui entrainent la société... Sandra Chalinet va sauver la République ... comprenez la rue de la république, artère marseillaise où la moitié des commerces sont vides, et Mme Chalinet est experte en développement urbain... Une autre femme Marie Canton, va diriger un centre commercial au coeur de la reconquête du vieux quartier du port. Une autre femme, une lycéenne, Clémentine Bailly, raconte dans une nouvelle primée le futur de Marseille. Une autre femme, Maristella Vasterot, a redonné vie à une marque de rhum  oubliée. En pages sportives, Kasia Al Thani, riche polonaise divorcée d'un prince qatari, veut reprendre le club de Martigues... La femme est le passé et le présent et l'avenir de la Provence.... 

Dans l'Equipe, découvrez Stéphanie Frappart, 1m64 et 54 kilos de fermeté discrète et qui serait la, le meilleure arbitre de Ligue 2...

Et des femmes se regroupent aussi, entre elles...

Le mensuel féministe Causette raconte la sororité... Une fierté de groupe et de genre où les femmes crient vivent les femmes, cela vient des Etats-Unis et c'était le grand moment de la cérémonie des oscars, quand Frances Mc Dormand a harangué le public, « Si toutes les nominations féminines de chaque catégorie peuvent me faire l’honneur de se lever avec moi ce soir. Les actrice ! Les réalisatrices, les productrices, les scénaristes, les costumières… Allez ! »... C'est revenu en France avec l'acte de foi de Jeanne Balibar aux Césars...  « Comme elle est douce, l’occasion de se dire les unes aux autres en quelle haute estime, malgré nos différences et malgré nos concurrences, nous nous tenons toutes. » 

Mais ce n'est pas seulement un folklore de paillettes mais un mouvement sociologique et politique et c’est une vieille histoire raconte Causette, venue des racines du féminisme... Dans les années 70, le MLF français parlait de la « soeurise », des militantes d'extrême gauche trouvaient le bonheur de dire entre elles, la révolution et la révolution sexuelle que les camarades garçons s'accaparaient... 

Causette n'est pas Causeur, ne pas confondre... Causeur, mensuel refuge des néo-réactionnaires joyeux titre contre le "féminisme policier", et interroge Peggy Sastre, l'intellectuelle qui s'oppose aux « balance ton porc » et au Meetoo. Elle taxe d'illusion cette idée de l'oppression des femmes qui, dans nos sociétés « pacifiées et prospères », n'auraient plus grand chose à conquérir. Elles seraient invités à se sentir mal par un féminisme déconnecté. 

C'est intelligent comme tous les paradoxes apparents et c'est étrange, de lire cela le jour où des athlètes racontent leurs porcs...

Mais il ne faut pas refuser cette étrangeté, qui est le prix des journaux, ces fragiles compagnons de la démocratie...

Et ces journaux sont menacés, dit le Un…

Le  Un qui pour une fois ne parle pas de la société mais de nous, les media, et dissèque la catastrophe industrielle de Prestalis, l'organe chargé d'organiser la distribution de la presse papier... et cette catastrophe industrielle frappe la diversité des petits titres... Il y a dans le Un cette réflexion d'un grand journaliste, Bernard Poulet: "Les chaînes d’information en continu donnent l’impression aux téléspectateurs d’être informés, mais ressassent en boucle les mêmes infos. Beaucoup de gens se contentent d’être au courant, ils se croient informés, or ils ne le sont pas."

Tiens, si vous voulez toucher ce que le journalisme apporte qui prend son temps et l'espace : les articles du correspondant du Monde en Israel, il s'appelle Piotr Smolar, éclairent d'une lumière impitoyable la catastrophe de Gaza... Il dissèque dans l'édition du journal en kiosque encore ce matin tout l'enchainement de la fusillade, mais allez lire aussi ses reportages, ils sont en ligne sur le site. C’est la narration fine d'une tragédie...

Raconter les choses finement: Libération y parvient ce matin dans un article sur une cité de l'Aude,  la cité de l'espérance à Berriac, une cité peuplée de gitans construite sous des lignes électriques à très haute tension et tout près d'un générateur... Et ce voisinage a jeté une malédiction sur la cité, où l'on est mort du cancer plus qu'ailleurs, dans un "trou à rat", "un enfer toxique"... Mais de cet enfer est né une lutte contre EDF et une communauté, aussi, qui se délite doucement. L'article raconte aussi la fin d'un monde cohérent, de ces familles gitanes qui ne voulaient pas se quitter, même dans le danger, une fraternité absurde et belle, et que le temps épuise... Il faut lire pour la ressentir. 

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