Les pêcheurs se battent dans la baie de Manille, la Vie, un ex-gendarme sauve des crapauds, l'Yonne Républicaine. Une démocrate chinoise en exil est persécutée sur internet parPékin, New York Times. Une athée venue de l'Islam parle de sa grand-mère pieuse ans le Point. Vincent Crase dans Paris-Normandie et le Parisien.

On parle de vieilles plantes ce matin

Et de la graine d'un fruit, cueillie en 1859 par un monsieur Simon, explorateur, dans le bois de Chamayama au Venezuela, qu'il avait trempée dans du sel de cyanure pour la préserver des insectes, puis enveloppée dans du papier, avec cette étiquette, "le fruit est comestible mais de qualité inférieure" puis se ravisant, il avait rajouté, "empoisonné"... On parle ce matin dans le Point  des richesses infinies d'un herbier qui témoigne de nous, l'herbier du Musée national d'histoire naturelle de paris, 14 étagères de 75 mètres de longueur où dorment 8 millions de spécimens, depuis la couronne de fleurs de Ramsès II... Et sur ces trésors veille un jeune botaniste, Marc Jeanson, 37 ans, directeur scientifique du lieu, qui écrit un livre et s'ouvre donc au point car il garde la mémoire de la planète qui se dérobe, « nous sommes face à la sixième extinction du vivant et nous n’avons à ce jour décrit que 15 % du monde »,  et ce n'est pas faire injure aux actualités brûlantes que de préférer ce matin cette nouvelle, "la violette de Cry a disparu, petite fleur qui n'aimait que les affleurements calcaires de l’Yonne et dont un unique spécimen, préservé des ravages, sommeille à l’ombre d’un classeur de toile", au Museum, à Paris.   

Dans la lumière qui inonde la baie de Manille, dans le grouillement d'un marché aux poissons, dans les baraques de bois qui semblent flotter sur l'eau polluée, le vie me raconte différemment la même histoire, comment retenir le temps et cette planète, c'est un reportage sur ces pêcheurs qui se battent contre la bétonisation en marche que le pouvoir veut accélérer, casinos et aéroport, dépollution aseptisée qui déplacerait 200000 pauvres qui s'accrochent à la mangrove. 

A Appoigny, me dit l'Yonne républicaine,  Patrice Meunier, gendarme à la retraite, se bat depuis dix ans pour sauver les crapauds qui se faisaient écraser en traversant la D319 pour aller pondre.... Il a fallu remuer de la terre et creuser des mares et des étangs et déplacer des milliers d'amphibiens, sauvés désormais...  Tous les combats n'ont pas l'âpreté de ceux que mène un peuple en Algérie,  à la une de la Dépêche, de Midi libre, des DNA,  du Figaro, de l'Humanité... Mais chacun, dans la presse, même pour des grenouilles, peut mener le sien.    

Et on parle d'une combattante chinoise.  

Qui est à la une du New York Times, elle s'appelle Sheng Xu et vit au Canada où elle est partie après les révoltes démocratiques écrasées à Tien an Men de 1989, elle écrit des livres et est une figure des démocrates chinois exilés, mais elle est persécutée sur internet par  le régime de Pékin qui détruit sa réputation:  si l'on effectue une recherche en chinois sur son nom, on verra une voleuse, une traîtresse, une dépravée dont circulent des photos dénudées... Et tout ceci est fabriqué, systématiquement, dans le cadre d'une stratégie des services chinois, stratégie efficace puisque les démocrates chinois se divisent, puisque Sheng Xue sous la pression voit sa santé décliner...    

Zineb el Rhazoui semble solide encore, qui nous fixe à la une du point, très riche ce matin, cette militante féministe venue de l'islam du Maroc, dont les amis sont morts à Charlie hebdo et qui sous protection policière combat sans cesse un islamisme qu'elle ne sépare pas de la religion. Mais elle  raconte aussi l'amour de sa famille aussi musulmane qu'elle est athée, tantes voilées comprises, et sa grand-mère qui fait chaque année le pèlerinage de la Mecque et prie pour l'athée à la Kaaba, et pendant le Ramadan, lui prépare le thé et un plateau de victuailles, et dans cette nourriture se réfugie un monde possible.    

L'Obs raconte à nouveau les juifs de France devant la haine, mais c'est un sourire que l'on retient, d'un rabbin ultraorthodoxe qui éduque des enfants dans un quartier populaire de Paris et déconseille à ses ouailles de quitter le pays, on n'entend pas la peur chez cet homme, et la vie corrige les absolus d'une couverture de magazine...   

C'est par les par la vie et des petites gens que l'on capte des vérités ce matin. On lit dans le Point encore, vraiment riche, cette historie d'un train qui parcours la Sibérie, peuplé de médecins, qui viennent soigner au fin fond de la trop grande Russie qui manque de docteurs cette vieille dame qui se masse avec son urine mais redoute un cancer du poumon, et plus que toutes les thèses, la misère russe s'entend et se lit...  

Un homme ordinaire, en France, a écrit un livre, Vincent Crase qui fut  le partenaire d'Alexandre Benalla parle au parisien et semble, un gars un peu simplet, fasciné par le bel Alexandre et par le président Macron à qui il voudrait dire , 'je suis désolé". Mais dans Paris-Normandie, chez lui, il est de l'Eure, Crase n'est plus risible mais un homme solide dont la vie a été chamboulée par sa faute, et qui le dit simplement, et qui doit retrouver du travail... On peut préférer Paris Normandie.    

Et un romancier en mal de roman pour finir... 

Dans America, revue trimestrielle qui sort aujourd'hui; et qui offre une interview de Bret Easton Ellis, romancier terrible des folies américaines, qui publie a nouveau, après dix ans, mais qui a renoncé au roman et s'exprime dans un podcast et, soudain vieux monsieur du vingtième siècle vivant avec un homme jeune, explique comment le monde a changé et l'on écoute désormais, on ne prend plus le temps de lire, essayons...

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