Et c'est une étrange histoire ce matin où l'on rivalise de superlatifs pour raconter la victoire des « Natios » en Corse... « Un Raz-de-marée nationaliste » dit le figaro qui veut se rassurer pourtant, non la Corse ne sera pas la Catalogne…

De l'autre côté de la Méditerranée, un grand journal, Nice Matin donc,  invite à la mélancolie ... La langue niçoise va-t-elle disparaître... Elle est enseignée à l'université de Nice dans le cadre d'une licence de langue occitane, la licence va fermer,  mais visiblement, les étudiants s'en moquent...  la licence de langue d'oc compte 7 étudiants, 0% de réussite en juillet dernier, dit Alain Tassel, le doyen de la faculté de lettres... Pas d'appétence dit-il... Alors le niçois va mourir? On cherche des solutions, des militants s'inquiètent, une vidéo d'alarme tourne sur youtube, il y a des lycéens qui veulent apprendre la langue du comté de Nice... Mais sans licence, il n'y aura pas de professeur pour eux...

Et le niçois donc nous glisse de l'âme, ce jour où triomphe le Salve e regina

C'est le charme de la presse d'être juste à côté de l'événement principal, de nous parler du niçois quand on regarde la Corse... Ou, quand nous racontons la grande panne de la gare Montparnasse, de nous dire que le train n'est pas que ce ratage spectaculaire...  Dans La Voix du Nord, ce qui  préoccupe; c'est la suppression des tgv low cost Ouigo au départ de Tourcoing en direction de la Bretagne... Pour payer moins cher son billet pour Rennes, le nordiste devra aller à Paris, à Montparnasse justement... Mais... parole d'un voyageur: « Le Lille-Paris est hors de prix. Ensuite il faut prendre le métro pour aller de gare du Nord à Montparnasse. Le bénéfice du Ouigo passe à la trappe. »  

Et vous avez ici une vérité de cette fracture entre Paris et la Province dont on se repaît en politique.

Une pétition a été lancée. Elle a déjà recueilli 510 signatures, dit la voix du Nord

510 signature, autant dire rien. Mais ce rien, c’est la vie des gens ordinaires que les grands projets oublient... et sans les journaux, notamment de province, ils disparaitraient totalement...

On parle de prisonniers dans le Parisien...

Les prisonniers à perpète, les condamnés longue durée, "ces gars qui ont pris la couleur des murs" comme dit un surveillant... et ce sont encore des oubliés, et c'est encore un décalage  avec la GRANDE actualité... Patrick Henry est mort, l'homme qui avait tué le petit Philippe Bertrand en 1976.. Un prisonnier condamné pour l'éternité dit Libération, qui aura passé plus de quarante ans prison... Et le Parisien est allé à la centrale de Saint-Maur raconter des hommes qui, comme Patrick Henry, ont commis l'horreur, mais l'horreur se délave avec le temps... Il reste Alain, en prison depuis 1986 pour "des trucs qu'on fait à Marseille",  en bleu de travail  à l'atelier de la prison, toutes ses libérations conditionnelles refusées, qui ne se voit plus jamais sortir, "qu'est-ce que vous voulez que je  fasse dehors", il reste des hommes que la cellule absorbe et que l'on surnomme les grottiers dans le jargon des prison, des hommes qui ne sortent pas de la grotte, enfermés dans ses murs et en eux-mêmes...

C'est dans le Parisien, qui ne juge pas mais nous montre l'absurde que l'on ne voit pas...
 

Des militants politiques ce lundi matin...

A droite, très à droite, à gauche, tellement à gauche  ...

Le premier s'appelle Aurane Reihanian, il a 24 ans, et quand son patron Laurent Wauquiez se prépare à prendre Les républicains et occupe déjà la Une de Libération, lui a droit à son portrait dans Mediapart, et c'est bien plus troublant... Il est, Aurane Reihanian, de la "génération attentats",  "une génération qui veut qu’on défende les intérêts de la France, qui refuse les prières de rue, qui refuse la viande hallal dans les écoles »... "Quand je vois qu’à Strasbourg on construit une mosquée avec deux minarets de 36 mètres de haut, je me dis que je ne veux pas que la France des clochers devienne la France des mosquées."  

Aurane Reihanian, 24 ans, vêtu d'une marinière, qui n'est pas au FN parce qu'il trouve Marine Le Pen 68tarde...  Il est chez Wauquiez.

A l'autre bout de la pensée, la député insoumise Danièle Obono, taxée d'islamo-gauchisme ou de communautarisme, et qui ne veut pas se justifier, mais s'explique, c'est dans « les Jours », qui suivent cette militante de 37 ans. Et on lit alors le parcours de courants enfoui des gauches radicales, des manifestations de Gênes en 2001, du trotskisme, de la redécouverte des origines... quand elle réalise que dans ses réseaux militants... "Je suis la seule Noire, ou quasiment..."    C'est à lire, pour appréhender une culture, et pour cette franchise datée, "je combats l'impérialisme français" dit Obono, député française... Et les débats n'en finiront pas...

On pense à Obono, un peu, quand on lit dans Libération l'histoire de Dean Assacharoff... Et lui est israelien, fils de l'ambassadeur en Allemagne de l'Etat hébreu... et il s'accuse d'avoir brutalisé un palestinien quand il faisait son service militaire, il s'accuse afin d'attirer l'attention de l'opinion sur la situation dans les territoires palestiniens... Mais la justice et le pouvoir israelien l'ont proclamé innocent, dans une enquête mal ficelée, pour que la question de l'occupation ne soit pas posée... Et ils accusent le jeune homme de s'accuser lui-même pour faire du mal à son pays... Ainsi va l'absurde, ainsi se racontent les dissidents de nos démocraties.

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