Dans le magazine du Monde, l'atroce histoire de Jean-Baptiste Rambla qui petit garçon vit sa sœur Marie-Dolores partir avec un homme qui l'assassinat, et qui adulte a tué deux femmes, le sang du pullover rouge n'en finit pas de couler. Le Figaro raconte d'Adrien Candiard qui fut strauss-kahnien avant d'être dominicain.

On parle d'un esclave...     

Qui le soir chantait pour ses compagnons, après ces journées où l'on pouvait tout lui faire, quand il travaillait dans les champs sous la surveillance d'hommes armés, qui traitaient de porcs ces êtres épuisés qui en venaient à boire leur urine... Alors le soir l'esclave chantait, la révolte, l’amour, le pardon, il partageait aussi sa nourriture avec ses amis de misère.  

En lisant cela dans la Croix l'Hebdo, je me souviens des blues du Sud des Etats-Unis, mais cette histoire est notre contemporaine, et celui qui la raconte vit désormais parmi nous, dans une HLM de Seine-et-Marne, il se nomme Yacouba Konaté, il fut esclave en Lybie cinq mois il y a cinq ans.  Il était un de ces jeunes ivoiriens à qui des passeurs ont promis l'Europe mais le chemin passe par la Lybie où l'on se retrouve entassé à 88 dans un entrepôt de six mètres sur deux, pour tenir il faut s'enlacer les uns aux autres et parfois quelqu'un meurt dans cet amas humain, et puis l'on est vendu, revendu, libéré sans savoir pourquoi et le chemin reprend.  

Yacouba a fait pleurer un jour une psy qu'il sollicitait pour savoir mettre en mot son histoire. Il porte encore parfois un short élimé qui était son seul vêtement le jour où il accosta en Sicile, "quand on a manqué de tout, on ne gaspille plus". ll travaille, il soulève de la fonte, il a de belles épaules, il monte sur scène et se raconte en musique, peut-être un jour il dira à Salma, deux ans, qu'elle fut baptisée ainsi en souvenir d'une amie qui le racheta à ses ravisseurs, quand son papa était esclave, il en est revenu.  

La Croix l'hebdo est aimable, qui nous dit que l'espérance persiste dans la nuit. La Croix quotidien est au diapason, pour cette photo d'une cuisine française, une table en bois, un jardin se devine derrière la porte-fenêtre, un couple aux yeux doux en gilets de laine, Catherine et Jean-Pierre ressemblent à ce qu'ils sont sans doute, des catholiques engagés dans le Pas du Calais, et à côté d'eux, Assadik aux yeux plus lourds mais qui semble en paix. Catherine et Jean-Pierre suivant l'enseignement de François hébergent ce réfugié soudanais. 

Je lis aussi dans la Croix les souvenirs d'un missionnaire Pier Luigi Maccali, qui fut enlevé au Niger en septembre 2018, il a été libéré en même temps que notre Sophie Pétronin, la Croix veut par lui nous enseigner à affronter la peur,  il voyait un symbole dans le fait d'avoir les pieds enchainés, son coeur était libre et sa douceur est contagieuse. 

On parle aussi de femmes...  

Qui parlent dans Elle en dépit de leurs désaccords, l'hebdomadaire fait sa Une d'une table ronde de féministes de diverses chapelles, universaliste, intersectionnelle, en tenant pour la laïcité stricte et républicaine ou y voyant un piège, c'est le fait de les voir ensemble qui attire l'attention, on dialogue donc encore. L'une des intervenantes, Delphine Horvileur, rabbin de profession, est aussi dans l'Obs où elle commente, d'une foi, d'un genre à l'autre le dernier ouvrage du Pape François; elle cite un poète israélien, Yehouda Amih’ai « A l’endroit où nous sommes sûrs d’avoir raison, aucune fleur ne poussera au printemps… » 

Le journal Elle raconte aussi la jeune Mila, ado blasphématoire dans une nuit sans fin où explosent les menaces, et aussi des militantes qui collent et taguent des slogans des poésies sur les murs de Casseneuil dans le Lot-et-Garonne, "l'amour ne fait pas de bleu", contre les assassinats de femmes, elles insistent pour coller chez elle en province, où tout se sait tout s'épie, parce qu'aucune rue ne doit leur être interdite. 

Dans le Magazine du Monde on nous parle de deux femmes tuées, à Marseille et à Toulouse, elles s'appelaient Corinne Beild et Cintia Lunimbu, et aussi d'une fillette assassinée qui fut, jadis, la sœur de leur meurtrier. 

C'est un article insoutenable sur la paix impossible. L'histoire de Jean-Baptiste Rambla, qui jouait avec sa sœur Marie-Dolores dans une cité de Marseille le 3 juin 1974, quand vint un homme qui disait chercher son petit chien, il partit avec Marie-Dolores, que l'on retrouva morte dans un talus deux jours plus tard. Un homme fut guillotiné pour ce crime, il s'appelait Christian Ranucci, on a souvent dit une ce fut une erreur judiciaire. On connait cette affaire comme celle du "pullover roug"e mais elle fut l'enfer d'un enfant...   

Dans sa famille détruite où l'on posait encore à table le couvert de Marie Dolores, Jean-Baptiste était coupable d'avoir laissé partir sa sœur avec un inconnu, et de ne pas avoir reconnu Ranucci au commissariat, son père emmenait le garçon dans des manifestations de l'extrême droite sécuritaire... Adulte, en 2013 puis en 2017, Jean-Baptiste a tué, aux enquêteurs, à chaque fois, il ne parlait que de sa sœur. L'avocat de la famille de Cintia Lunimbu dit que ce procès sera aussi celui de la peine de mort, qui prétend qu'on lave le sang par le sang, et qui ne fait que répandre le poison. 

Il me vient à l'esprit que l'affaire Rambla eut lieu sous le quinquennat de Valéry Giscard d'Estaing, qui laissa décapiter Ranucci, et c'est peut-être un autre héritage que l'on soldera aux assises dans dix jours... Loin des Unes bien belles et des souvenirs de châteaux de déjeuners chez l'habitant qui s'égrènent encore de la Nouvelle République à l'Est républicain, l'Echo républicain, les DNA...       

Et on parle donc encore du Président disparu... 

Et il n'est pas mauvais, sans irrespect, d'aller lire aussi des journaux qui se souviennent que de son temps, ils n'étaient guère giscardiens. 

Charlie Hebdo sort quelques dessins vachards inédits ou mythiques tel celui-là du temps de son élection,  Giscard caricaturé en sexe male, avec cette légende, "tête de nœud président", "vous avez noté la particule" ainsi est-on Charlie. 

Libération rappelle que les années Giscard furent un étouffement culturel où seule la variété et la culture classique avaient droit de cité, il célèbre en contrepoint le cinéaste Jean-Luc Godard qui a nonante ans, ainsi est-on Libé. 

Dans le Figaro, vous lirez un parcours réjouissant, celui d'un frère dominicain nommé Adrien Candiard, qui vit au Caire, travaille sur l'islam radical et veut guérir la violence par la théologie. Bien, mais avant cela, dans une autre vie, il fut militant politique, socialiste, parmi un groupe de jeunes gens qui entouraient Dominique Strauss-Kahn, et qu'on retrouve souvent aujourd'hui avec Emmanuel Macron, il les quitta quand DSK se prononça pour le mariage gay, et dans un parcours spirituel  devint un religieux. Mais attendez.  Le prieur du couvent du Caire où il se retrouva se nomme Philippe Verdin, qui avait dans les années 2000 publié un livre avec Nicolas Sarkozy. Et en Egypte, deux hommes du Christ, se chicanaient alors et se taquinaient sur la politique française, on n'en guérit pas

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