(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : un café, une vodka !

(Bruno Duvic) Et Valérie Pécresse est arrivée en jean et boots ! La photo est dans Le Parisien-Aujourd’hui en France . La députée des Yvelines porte également une grosse écharpe rouge. Elle a ce regard las qu'on lui a connu au plus fort de la crise à l'UMP.

On comprend sa fatigue, rue89 le rappelle : le débat sur le mariage et l'adoption pour tous a déjà duré 40 heures et 24 minutes et encore, c’était avant la nuit blanche que vient de traverser le palais Bourbon.

Car les députés ont siégé ce week-end, ce qui est très rare. Voilà le débat sur le travail le dimanche relancé... Rue89 et Le Parisien les montrent, nos députés, au boulot même en ces jours de week-end où le commun ses mortels, selon son rite, fait ses courses, regarde Stade 2 ou va à la messe.

Madame Pécresse n'était pas la seule en jean, ce qui théoriquement est proscrit dans l'hémicycle. Hervé Mariton a opté pour le pull, violet le samedi, jaune clair le dimanche. Risées sur Twitter. Twitter dont les députés font un usage intensif. Le débat se déroule aussi sur le réseau social, à tel point qu'un UMP a demandé d'interdire son usage.

La tablette électronique a beaucoup servi aux élus pour souffler entre deux amendements. On a vu Bruno Leroux, omniprésent dans l'hémicycle, surfer sur des sites de prêt à porter, d'autres suivaient le voyage de François Hollande au Mali. Et puis il y a des applications de sudoku très bien faites.

Mais ce n'est pas une pantalonnade, nos députés travaillent dur, nuit et jour. La buvette de l'assemblée débite des hectolitres de café. On organise des quarts, comme sur les navires au long cours. En principe, il doit y avoir toujours une centaine de députés PS à la barre. Enfin il y a ceux qui dorment sur place. Un élu dit avoir croisé une collègue, au matin blême, en robe de chambre et brosse à dents à la main. Où l'on se rappelle que l'assemblée nationale, c'est la chambre des députés.

Résumé des ébats : les hésitations du gouvernement autour de la procréation médicalement assistée. « La PMA trouble la fête du mariage homo » titre Libération . Hésitations de l'Elysée aussi. C'est le petit détail qui gâche le tableau pour le président de la République. A part cela, il a une excellente presse ce matin après son voyage au Mali. Le Figaro du jour est à encadrer. Dans l'éditorial Yves Thréard loue les mots justes de son discours et son habileté. "A ceux qui lui reprochent ses hésitations, il a montré qu'il savait être au bon endroit dans les moments cruciaux."

A la Une également, un petit parfum de lutte des classes.

On mentionnait vendredi les commentaires très durs pour la CGT, accusée par son jusqu'au-boutisme d'être responsable de la fermeture de l'usine Goodyear d'Amiens. C'était notamment dans Les Echos . Rebelote ce matin avec une interview du numéro 1 de la CFDT Laurent Berger qui dénonce un syndicat « qui ne s'engage pas et demande à l'Etat d'agir ».

Du coup l'Humanité l'a saumâtre : « Qui casse les usines ? » demande le quotidien à la Une, sous-entendu, pas les syndicats. « Flagrant délire contre les ouvriers en lutte ». Dans l'édito, Michel Guilloux dénonce ce refrain : « célafautealaCGT (…) Mittal, Pétroplus, Fralib, Goddyear, PSA, Renault... Les syndicats et souvent la CGT portent des solutions dignes d'être mises en discussion. »

Mais ce matin, Les Echos en remettent une couche sur le thème des syndicats qui ne jouent pas leur rôle. Tribune du directeur des Echos contre le syndicat du livre qui multiplie les grèves contre la restructuration, indispensable selon lui, du système de distribution de la presse. Il accuse les manifestants de cibler les journaux dont ils empêchent la parution, au premier rang desquels Les Echos . Atteinte inadmissible au pluralisme selon Francis Morel.

Quoi d'autre dans la presse ?

Les jours se suivent et se ressemblent en manchette du Herald Tribune . Photo d’une petite fille en larmes, le visage couvert de poussière. Elle est portée par un jeune homme. Ils sont devant ce qu'il reste d'un immeuble, c'est à dire rien. C'est une image du bombardement d'Alep en Syrie, hier.

Les malheurs de l'équipe de France de rugby inspirent la presse. Deux titres après la défaite surprise à Rome hier face à l'Italie en ouverture des 6 nations : Midi Olympique, « Les brimades du Tibre » ; Libération : « Le XV de France l'a dans le baba à Rome ».

Rosa Parks, la femme qui avait refusé de laisser sa place à un blanc dans un bus de l'Alabama aurait 100 ans aujourd'hui. Elle fait la Une de l'actu, qui s'adresse aux adolescents. « Connais-tu la Martin Luther King au féminin, Rosa Parks ? »

L'impatience de L'Humanité vis à vis de Cécile Duflot. Malgré son décret d'encadrement des loyers il y a 6 mois, la hausse continue. Il n'a servi à rien selon L'Huma qui titre sur « Le décret du flop ».

Mediapart maintient ses informations : Oui Nicolas Sarkozy envisage bien de créer avec Alain Minc un fonds d'investissement. Il a noué contact avec des grandes fortunes françaises et des fonds souverains. Franchira-t-il le cap ? La décision n'est pas prise. Cela signifierait sans doute un abandon de la vie politique. Selon le document que s'est procuré Laurent Mauduit de Mediapart et qui détaille le projet, le fonds aurait son siège au Luxembourg et des bureaux à Londres.

Mais l'interview Business du jour, c'est celle de Bruce Willis dans les pages saumon du Figaro .

On parle bien de l'acteur mais il est aussi le premier actionnaire du groupe de spiritueux Belvédère. Groupe qui n'a plus de lien avec la vodka Belvédère, soit dit au passage mais avec d'autres boissons, la vodka Sobierski, l'anisette Marie Brizard, le whisky William Peel.

Belvédère est à sec, un plan de sauvetage est en cours et son premier actionnaire Bruce Willis annonce au Figaro qu'il soutiendra ce plan. Il prête par ailleurs son image à Belvédère. Extraits choisis de l'entretien...

  • Ca vous arrive souvent de devenir actionnaire d'une entreprise à laquelle vous prêtez votre image ?

  • Il y a bien longtemps, j'ai fait la promotion des alcools Seagram. Je le ferais sans doute encore si je ne m'étais pas marié. J'ai alors arrêté de boire.

  • Ca ne vous a pas empêché de devenir ambassadeur de la vodka Sobierski...

  • Oui c'est vrai, j'avais recommencé à boire

  • Vous connaissiez cette marque ?

  • Oh oui, j'ai 57 ans, ça fait bien longtemps que j'apprécie l'alcool

  • Et en quoi a consisté la promotion ?

  • (…) En Pologne, je me souviens d'avoir visité une distillerie et j'y ai même gouté de la vodka pure

Voilà quelques rasades, choisies, de Bruce Willis, à consommer avec modération. Il parle aussi très sérieusement business. Il juge que le groupe Belvédère restera solvable.

A la vôtre à demain.

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