C'est à certains bruit que l'on mesure le temps qui passe. On célèbre aujourd'hui les 10 ans de Facebook. Bien avant le réseau social, pendant des décennies, la bande son de la rédaction d'un journal, c'était un bruit de machine à écrireQui utilise encore une machine à écrire ? Parmi les journalistes, s'il n'en reste qu'un ce sera lui : Gordon Martin, 86 ans. Le blog big browser sur lemonde.fr après la BBC raconte son histoire. Gordon Martin a couvert l'exécution de Che Guevara en Bolivie, il a connu quand Castro était plus fringant, il a raconté la mort de Nasser en Egypte. Et depuis 25 ans, il est correspondant de Radio Vatican au siège de l'ONU à Genève. Pas d'ordinateur, pas de téléphone portable non plus, ajoute-t-il avec une pointe de fierté. "Je ne comprends pas la plupart des gadgets modernes". Alors va pour la vieille Remington, la même depuis 40 ans. Au passage, sous ses cheveux blancs, Gordon Martin livre une petite leçon de journalisme. Machine à écrire ou tablette : "C'est toujours au correspondant de décider ce qui est pertinent et ce qui n'a aucun sens. Et à l'auditeur de décider s'il a une information précise ou si c'est juste du bavardage. 10 ans de Facebook. Et deux moyens de mesurer le temps qui passe. Dans ma série ce qui a changé dans nos vies, Libération qu'avant sur les blogs et sites de Tchat on ne s'appelait pas Bruno, Patrick ou Gordon. On avait un pseudo. Dark Vador et un avatar. Et puis Facebook est arrivé. Et pour s'inscrire il y avait les cases, nom et prénom. Notre profil est devenu une carte d'identité numérique. On sait à quel point le sujet est sensible aujourd'hui. 10 ans. C'est parti d'une piaule d'Harvard. Aujourd'hui, pour Mark Zukerberg, la piaule s'est transformé en ville à 7 million de dollars à Palo Alto Californie. Il a même racheté les 4 maisons autour de la propriété. Le garçon a compris que la protection de l'intimité était l'un des enjeux de l'époque. Zukerberg, le milliardaire qui n'a pas quitté ses sweats à capuche. Mais ceux qui travaillaient avec lui les premiers temps ce souviennent de ces réunions qu'il terminait toujours en disant les mots domination et révolution. De Facebook à Twitter et une autre mesure du temps qui passe. Course contre le temps. Sur le même blog, Big Brower, l'histoire postée juste avant celle de Gordon Martin, nous vient du Canada. Comme beaucoup de ministères, celui de l'industrie au Canada a son compte Twitter. Théoriquement, le principe c'est de pouvoir communiquer en temps réel, à chaud. Dans l'administration c'est parfois difficile. Chaque tweet est préparé des semaines à l'avance, revu par des dizaines de fonctionnaires, corrigé par le cabinet du ministre et soumis à un protocole en 12 étapes. Dans les couloirs d'industrie Canada, on entend des phrases assez anachroniques : on manque de tweets pour la semaine prochaine, quelqu'un pourrait en fournir au cabinet du ministre. Les politiques et la course contre le temps. Impuissance. Le mot revient en boucle ce matin dans la presse française pour commenter le recul du gouvernement sur le projet de loi famille. C'est à gauche que les commentaires sont les plus sévères. Libération, François Sergent, défait en rase campagne qui donne raison à ce peuple de droite et d'extrême droite qui répète qu'une famille c'est papa, maman, une fille en rose, un garçon en bleu. Défaite qui sonne comme une déception pour les hommes et femmes qui peuvent avoir une conception plus ouverte de la famille. Ce gouvernement cède à la première bourrasque. Est-ce que la gauche cède à la rue ou est-ce qu'elle fait preuve de sa capacité d'écoute et d'apaisement. Ce que relève aussi la presse dans cette histoire, c'est le nouveau point marqué par Manuel Valls. C'est lui qui a donné le tempo de la journée en annonçant avant 8 heures que le gouvernement s'opposerait à tout amendement introduisant la GPA ou la PMA dans le projet de loi famille. Commentaire de Mediapart "Valls s'engouffre dans la brèche, va au feu et mord sur la ligne politique collective, avec l'accord de l'Elysée. Le ministre de l'Intérieur est encore et toujours le symptôme de l'espace laissé vacant par ses camarades et de leurs hésitations sur le fonds. Journée hors du commun décidément à l'assemblée. Hier matin, on a vu Jean-François Copé en jean, Henri Emmanuelli le crane rasé et Pierre Moscovici faisait 20 ans de moins que son âge. Drôle de séance qui a tourné au drame lorsqu'une prise d'otage a paralysé l'assemblée. Le GIGN est intervenu et a dû ouvrir le feu. Deux morts parmi les preneurs d'otage. C'était un exercice pour les gendarmes organisé en conditions réelles ou presque. Dans Le Parisien, Eric Hacquemand raconte. Les Copé, Emmanuelli et moscovici assis à leurs bangs étaient des figurants. Le premier vrai faux assaillant a fait irruption dans les travées en criant la ferme. Un huissier narquois, habitué des échanges à l'assemblée a ricané : on a entendu pire. Dans La Croix, interview de Jean HatzfledMesure du temps qui passe, c'était il y a 20 ans et le sang a vraiment coulé et à flots. Le génocide au Rwanda à la Une ce matin alors que se tient en France le premier procès pour génocide. On vous en parle depuis ce matin sur Inter. Jean Hatfled a publié un ouvrage qui fait date sur le sujet : une saison de machettes. Il interrogeait des génocidaires de Bugesera.Quel est leur profil, lui demande la Croix. Aucun. Commenrçant, paysans, fonctionnaires. Parmi ceux que j'ai rencontré, celui qui a déployé le plus d'énergie dans l'organisation des massacres était d'apparence très chaleureuse. Le sentiment anti tutsi avait été entretenu pendant 20 ans. Comment évoquent-ils leur passage à l'acte ?Avec un détcahement étonnant. A les entendre, il s'agissait d'un boulot comme un autre. Leur journée était parfaitement réglée. Ils se retrouvaient le matin sur le terrain de foot et se répartissaient les zones à ratisser. Ils faisaient de l'abattage jusqu'en début d'après midi. Génocide de proximité. Des connaissances, des voisins, des collègues. La pression du groupe. Parole de tortionnaire : "On était moins gêné de manier la machette que d'affronter la gronderie des autres. Aujourd'hui la majorité semble n'éprouver aucun remords. Sur Rue89 : Douce France pauvre mexicaineLa bande son, là aussi, ce pourrait être des machines à écrire, celles des grandes adminsitrations impersonnelles et implacables, comme dans les romans de Kafka. C'est un témoignage sur Rue89. Un jeune femme qui accueille sa cousine mexicaine. A la douane, à l'aéroport, il manque un papier, une attestation d'accueil. On la place en zone d'attente. La cousine française tente de négocier et présente sa carte d'identité. Cette carte n'est pas à vous. Si, si. Non, elle vous est prêtée par l'Etat français. Ambiance... La Mexicaine reste en zone d'attente. La famille doit aller à la mairie pour obtenir le papier. C'est lundi soir. Mardi matin, mairie fermée. Retour à l'aéroport pour prendre des nouvelles de la cousine. C'est la pause déjeûner. On finit par la voir, dans un parloir, recroquevillée. Plus aucune affaire personnelle. La mairie de nouveau, le délai pour le papier est en principe 48 h. Le temps de négocier et de l'obtenir, il est tard. La cousine passera une nuit de plus en zone d'attente. Le lendemain matin, on présente le document mais la cousine n'est plus là. On l'a conduite à l'embarquement. Un policier accepte de l'intercepter avant le décollage. Elle va revenir en zone d'attente. Zone d'attente oui, mais le personnel est en grève. On conseille à la famille de rentrer chez elle sans trop s'inquiéter. Le soir, coup de fil. La cousine est repartie au Mexique.

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