Libération terrifie le père de famille en recensant les écoles contenant de l'amiante. Une machine pouvant retirer l'alcool du vin se prépare en Catalogne, l'Indépendant. Un agriculteur excédé par des vols tire sur un jeune de 19 ans, l'Union.

On parle d'un maître de la critique littéraire...

Qui nous a quitté hier à 90 ans à Cambridge où il vivait une retraite gourmande de textes et de pensée et où chaque jour, me dit le Monde, il s'astreignait à traduire un texte entre ses langues fétiches, l'allemand, l'anglais et le français, il ne sut jamais laquelle avait la préséance...

Et le voila parti, Georges Steiner qui emporte avec lui une part de la civilisation. Seuls quelques grands journaux le saluent ce matin, l'hommage n'en est que plus remarquable. Steiner, prodigieux critique littéraire dit le New york times, maître de la littérature comparée dit El Païs et chez nous le Monde et le Figaro livrent de beaux textes sur un homme né en France par la sagesse de ses parents, grand bourgeois juifs autrichiens qui, sentant le vent mauvais, s'installèrent à Paris avant le nazisme, et  qui sages décidément, s'en allèrent à New York en 1940, garantissant à George qu'il vivrait... Il résumait son judaïsme à ce précieux conseil, il faut toujours avoir ses bagages prêts, mais il n'y avait pas que cela, il fut l'ami de Gershon Sholem, maître de la Kabbale, cette science littéraire et mystique du judaïsme... Il aimait aussi bien se pencher sur du grec ancien avec le philosophe français royaliste et autrefois antisémite Pierre Boutang, avec qui il partageait la transcendance des textes...

Steiner était croyant, il croyait aux livres aux mots; la littérature fut son absolu et son doute. Dans les années 60, il était allé rencontrer  l'écrivain Lucien Rebatet, vedette pendant l'occupation du paris collabo et antisémite mais Steiner admirait son roman d'amour, "les Deux étendards", autant qu'il chérissait "la Semaine sainte" d'Aragon; le Figaro encore a narré cette rencontre étrange que Steiner plus tard expliquait ainsi. "Le personnage m'inspira et m'inspire un dégoût profond. Mais son oeuvre pose la question qui est au centre de mon travail: comment la barbarie peut-elle engendrer des oeuvres rayonnantes?.»

Il voulut comprendre et souvent se trompa et le dit. Steiner avait cette grace d'être drôle aussi sur lui-même. il avait fait la liste des livres qu'il aurait aimé écrire, le Figaro la livre: une radioscopie de la jalousie des hommes de lettres à travers la rivalité Dante Alighieri/Cecco d’Ascoli ; une grammaire de la vie érotique; une géographie sentimentale du règne animal...

Ces textes n'auraient pas déparé son oeuvre réelle, qui parle de tragédie, des maitres et des disciples, d'un Hitler de roman qui aurait survécu, et du dilemme fondamental, est on de chez Tolstoï ou chez Dostoïevski...

il s'inquiétait d'une modernité qui interdisait le silence et la pensée. Il avait peur pour les jeunes à venir du vide. Il avait accompli son temps et riait d'une si belle anecdote. Un  jour, Arthur Koestler lui avait dit: “Vous savez pourquoi vos livres sont tellement médiocres? Parce que vous n’avez jamais été en prison. Au XXe siècle, ne pas avoir été en prison, c’est ne pas avoir été parmi les vivants."" Et Steiner poursuivait:  "C’est un jugement sans appel dont je me rappelle très souvent à trois heures du matin, dans les heures où l’on se dit les vérités, comme l’expliquait saint Jean de la Croix."

Georges Steiner n'est pas mort seul. Je lis dans l'Humanité qu'un ami d'Aragon et d'Elsa Triolet est parti lui aussi, qui s'appelait Léon Robel, qui appartenait au communisme, à la France, à la langue russe, au français et à la poésie, il traduisit le premier « une Journée d’Ivan Denissovitch » de Soljenitsyne. Je lis dans l'Obs sous la plume de notre ami Garcin le plus tendre des hommages à son ami Bernard Géniès qui à l'Obs servait la culture et est mort en écrivant. Je lis aussi que David Kessler a disparu, qui servit l'Etat et la culture aussi bien, et dirigea un moment notre station voisine de France culture.

Chacun a sa place dans une chaine à ne pas rompre.

On parle aussi de peur ce matin...

Et on ressent d'autant plus nos bestialités quand les unes de la Croix et les Echos,  me racontent la Chine dont le coronavirus souligne l'impuissance d'un régime de peur et de secret. Mais sommes-nous plus efficace face aux maux qui nous guettent. Le Figaro remet le couvert sur l’Etat impuissant face à la radicalisation islamiste dans l'administration.  Libération terrifie d'un chiffre le père de famille, près de 20000 établissements scolaires en france contiennent des fibres d'amiante, ce qui ne pose a priori pas de danger immédiat sauf si le bâtiment se dégrade, est-il contrôlé, L'école de mon fils, on peut vérifier cela sur le site de Libé, a été inspectée en 2014, est-ce loin?  

Le Parisien fait sa une sur le scandale des patineuses violées, et revient un an après sur l'effroyable incendie de la rue Erlanger à Paris, qui, il y aura un an demain, fit 10 morts, causés par la fureur la jalousie la mobilité alcoolisée d’une femme, je vois des pompiers héroïques et modestes qui n'ont rien oublié de leur plus grande nuit.

Midi Libre offre à ses lecteurs un dossier magistral sur l'etat exact de l'insécurité à Montpellier. L'Union me raconte un homme gentil, un agriculteur, il s'appelle Jean-Louis Leroux, aimable et serviable et excédé; samedi au tout petit matin, il a appris qu'on volait de l'essence chez ui, il est parti avec son frère et deux fusils de chasse et il a  tiré en l'air et il a tiré devant lui, et un homme de 19 ans va peut-être mourir. « Ce que mon fils a fait n'est pas bien dit sa maman, mais c'est difficile d'aller travailler tous les jours pour se faire voler tout le temps. "

C'est difficile. A la une de l'Humanité, vous verrez la feuille de paie de janvier d'un employé de la SNCF en grève pour sa retraite un chiffre en bas, 0, 0 euros, pour avoir cru qu'il faut se battre, cette feuille de paie inspire le simple respect.

On parle de vin pour finir....

Et d'une machine magique qui , me dit l'Indépendant, en 5 minutes pourra faire baisser le taux d'alcool de n'importe quelle bouteille de vin MAIS  sans lui faire perde ses propriétés organoleptiques, comprenez qu'il préservera son gout, sa robe, son essence...

Elle s'appellera ALACARTE elle se prépare cette machine en Espagne, pardon en catalogne dit le journal, dans une start-up à Fontanals de Cerdanya,  lancée par Pere Castels, ancien chef scientifique du restaurant El Bulli (élu à plusieurs reprises meilleur restaurant du monde) et Pere Planagumà, l’ancien chef du  Celler Can Roca (encore l’un des meilleurs restaurants au monde)... Elle serait la solution pour relancer la consommation de vin dans les restaurants espagnols,  elle a chuté après la mise en place du permis à points il  y a 14 ans...

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