Florence Aubenas a passé six ans après le comédien Gérald Thomassin accusé de meurtre, l'Obs. Le philosophe Pierre Manent s'oppose au pape sur les migrants, car le christianisme n'est pas la religion de l'humanité, le Figaro. Le pasteur Claveiroly fâché contre une laïcité coupée du spirituel; la Vie.

On parle d'un boucher

Monsieur Mourad Slimani, à la Une du Progrès casquette devant son établissement des Minguettes à Vénissieux où l'autre jour une cliente lui a demandé deux escalopes gratuites. Alors Mourad s'est souvenu de son enfance, quand à Lyon, son père boucher avant lui offrait des colis alimentaires aux voisins pauvres, et il a repris le flambeau, il a compté ses bénéfices de l'an passé, 35000 euros, il a recruté des bénévoles, il s'est associé avec la mairie, et il adonné à ses concitoyens 2 tonnes 7 de viande, des colis de 4 kilos que les bénéficiaires, iront chercher à l'arrière de sa boutique parce qu'au grand jour, c'est difficile, 100 personnes par jour pendant trois semaines, sa viande précise Mourad Slimani est française; de l’Ain, de l'Arbresle et du Limousin, et c'est important

Voilà donc une histoire aimable de chez nous. Maintenant, passons au reste. 

C'est dans le Parisien la photo  de Laurent Pasquali qui était pilote automobile, un boute en-train généreux mais stressé aussi et endetté, qui avait besoin d'argent pour financer ses courses et qui fréquentait le milieu, il avait disparu en novembre 2018, son corps a été retrouvé en septembre 2019 en Haute-Loire et l'on apprend par le Parisien qu'il serait mort à cause de ses dettes, abattu par un expert en sécurité privée:  le bras armée d'une officine sordide créée pour « régler des contrats », par des membres d'une loge maçonnique, parmi eux un ancien commandant du Renseignement intérieur... Cela fait plusieurs jours que le Parisien déjà, Marianne également, nous racontent cette obscure histoire de malfrats qui avaient aussi envoyé des militaires de la DGSE assassiner une spécialiste du coaching d'entreprise qui dérangeait un de ses concurrents, mais elle s'en était sortie.

Le site du Monde détaille ce qui est devenu l'affaire Richard Berry, comédien accusé d'inceste par sa fille Coline; on lit des baisers avec la langue et un sexe en érection qu'un père aurait montré à sa fille, et des jeux sexuels auxquels Coline gamine aurait du participer avec ce père et sa compagne Jeane Manson... Vous lisez aussi le déchirement des familles, et sur le site du Figaro, Jeane Manson qui parle d’affabulation, elle va porter plainte et prier aussi dit-elle pour que son honneur soit lavé.

L'éditorial de Nice-Matin est signé d'un homme, cela compte, Thierry Prudhon qui écrit ceci: "On m'excusera ce prisme masculin, de papa aussi qui peine à concevoir la souillure. Je ne peux m'empêcher de compatir au calvaire de Richard Berry, s'il est étranger à l'ignominie dont il se trouve accusé."  Et puis aussi. "Richard Berry a la bouille d'un homme sain. Il aussi donné un rein à sa soeur. cela ne dit malheureusement rien de sa sexualité."

Cet éditorial rappellera un mot-concept, himpathy, forgé dans le New York Times par une philosophe australienne, qui en a écrit un livre, l'Obs sur son site a résumé l'enjeu de ce mot. Himpathy, de him, lui, et sympathy, est "la sympathie inappropriée et disproportionnée dont bénéficient les hommes de pouvoir dans des cas d’agressions sexuelles, de violences conjugales, d’homicides et d’autres comportements misogynes »... Cela n'exclut pas la présomption d'innocence.

On parle d'autres disparitions...

L'Obs version magazine, interroge longuement  Florence Aubenas, grande reportrice au Monde qui a passé six années après un comédien accusé de meurtre, Gérald Thomassin. Thomassin était un enfant de la DDASS repéré par Jacques Doillon, qui avait mené une vie de cinéma entrelardée de larcins et d'alcool et de drogue, et puis en décembre 2008, Catherine Burgos était morte, tuée de 28 coups de couteau, elle était la postière de Montréal la cluse dans l'Ain où Thomassin s'était installé, on l’accusa. En 2014, son histoire entra dans la vie de Florence Aubenas, qui plongea dans Montréal, son passé de ville résistante et ouvrière, ville de l'industrie du plastique, et dans les vies écorchées et la confiance que Thomassin lui accorda. Il obtint un non-lieu en juin 2020... Mais quand la justice l'innocenta, Thomassin avait disparu, évaporé entre deux trains du côté de Nantes en aout 2019, Florence Aubenas lui avait prêté de l'argent pour son billet. Elle reste avec chez elle dix cartons de notes sur cette histoires dix versions successives du livre  avant celle que nous lirons la semaine prochaine. Mais en l'entendant, on entend la voix d'une écrivaine tenue par le réel. 

Tiens, dans Libération ce matin, mais aussi sur les sites du Point et de Vice, nous parlent les romanciers du réel qui disent les Etats-Unis, les écrivains de non-fiction héritiers de Tom Wolfe, ainsi Lawrence Wechsler qui dit la quête de la vérité comme le geste qui consiste à aiguiser un couteau avant de dépecer un phoque sur la banquise... Ces écrivains sont dans un livre, « Le temps du reportage », sorti en 2005 aux Etats-Unis et enfin traduit . A Vice, l'auteur du livre, Richard Boynton, dit que les podcasts récupèrent aujourd'hui, « ce qui se fait de mieux en journalisme littéraire », j'entends.

Et on parle de religion pour finir. 

Avec deux textes majeurs sur nos disputes. Le premier est dans la Vie, c'est l'interview d'un homme en colère, le pasteur Claveiroly, qui dirige la Fédération protestante de France et dénonce la loi en cours de discussion sur le séparatisme, et une laïcité qui se coupe de ses origines. 

"Comment la République française peut-elle à ce point fonder la démocratie sur des fondements philosophiques coupés de leurs référents théologiques ? Comme si ni Kant, ni Rousseau, ni Voltaire, ni Hegel n'étaient issus d’une culture chrétienne! Je ne peux pas croire que des députés soient aussi agressifs sans qu'ils n'aient eux-mêmes des comptes à régler avec leur propre compréhension du sens de leur vie et de leur engagement politique..."

Claveiroly dénonce aussi les attaques contre les protestants évangéliques venues du gouvernement, une agression  qui n'a pour objectif dit-il que "d’éviter à ces agresseurs de se faire taxer d’islamophobie."

Dans le  Figaro parle un grand philosophe catholique; Pierre Manent, qui récuse l'engagement inconditionnel du pape en faveur des migrants. Le christianisme dit Manent « n'est pas la religion de l’humanité", l’Église catholique met au premier plan « la nature sociale et politique de l’homme », son « appartenance civique et sociale"... Et il faut considérer alors les migrants à l'aune de l’amitié civique dans laquelle nous souhaitons vivre, et qu'ils ne partagent pas forcément. "Si c’est une obligation de les secourir quand ils sont en danger, cette obligation ne comporte pas celle d’en faire des concitoyens." Ainsi un penseur traduit-il l'idée commune d'une République qui aurait le droit se se fermer selon ces valeurs... Mais c'est hautement dit.

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