Ca faisait longtemps... Longtemps que vos journaux n'avaient plus affiché le Parti Socialiste en Une... Alors ce matin, on se rattrape... "Royal-Delanoë : le duel", en Une de Libération, après l'annonce de l'ex-candidate socialiste à la Présidentielle de briguer la succession de François Hollande à la tête du PS... "Le maire de Paris, contraint d'attendre sa réélection en mars, sera son principal rival", analyse Libé... "J'irai jusqu'au bout"... C'est ce que Ségolène Royal déclare au Parisien-Aujourd'hui en France.... "Pour l'instant, constate le journal, elle déclenche surtout un tir de barrage au sein du parti"... Eh oui... "Royal rallume la guerre des chefs au PS", note également Le Figaro... Et Yves Thréard, l'éditorialiste du journal, prévient, presque soulagé : "cette déclaration devrait enfin sortir le PS de la torpeur qui l'ankylose depuis six mois... Les éléphants vont se réveiller... Ségolène Royal remet en scène les rivalités de personnes et la guerre des chefs... Reste à savoir, s'interroge Thréard, si ce sera pour elle une stratégie gagnante"... En fait, constate Libération, "comme lors de la course interne à la désignation présidentielle, Ségolène Royal cherche à prendre de vitesse ses rivaux... et notamment le plus dangereux : Bertrand Delanoë... Et pourtant, le duel Royal-Delanoë est redouté par nombre de socialistes... Un député explique : "Tout le monde sait que ce serait une folie... Mais tout est en train de se mettre en place... Royal et Delanoë semblent lancés comme deux trains qui foncent à grande vitesse l'un contre l'autre"... Et quand Le Parisien-Aujourd'hui en France demande à Ségolène Royal ce qu'elle répond à ceux qui lui reprochent de lancer son offensive au moment où démarre la campagne des municipales... l'ex-candidate à la Présidentielle se fait très claire : "Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la campagne municipale... Je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied"... Et en même temps, analyse Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libération, peu importe l'homme ou la femme qui incarnera l'alternative face à celui qui gouverne, ce qui compte c'est "son offre politique... En quoi l'orientation des différents postulants à la tête du PS diffère-t-elle ?... Qu'est-ce que le socialisme moderne ?... A une ambition, doit correspondre un projet, explique Joffrin.. La petite année qui reste à couvrir avant le congrès du PS ne sera pas de trop pour le bâtir"... Et maintenant, on parle "bons points" et "bonnet d'âne"... "Les ministres seront notés", retiennent en Une La Montagne et La Voix du Nord... "Fillon met la pression sur ses ministres", annonce Le Figaro... Les précisions sont dans Le Monde... D'abord un dessin de Plantu, en Une... un Sarkozy à lunettes de soleil décorant les uns, punissant les autres... Et cette explication : "Les ministres soumis à une évaluation individuelle"... Alors vous le savez : c'est un cabinet privé qui a élaboré toute une série d'indicateurs au sujet de l'efficacité de l'équipe gouvernementale... 30 critères d'évaluation propres à chacun... Le Monde a retenu, sur la feuille d'évaluation de Xavier Darcos, le ministre de l'Education, que serait pris en compte le nombre d'heures supplémentaires réalisées par les enseignants... Pour le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, le jugement se fera à l'aune du nombre d'étrangers en situation irrégulière expulsés... Alors pas mal de commentaires ce matin, rapportés par vos journaux... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, vous lirez qu'à la sortie du Conseil des Ministres hier, eh bien beaucoup de ministres sont partis très rapidement, pour ne pas répondre aux questions des journalistes sur ce thème... D'autres ont joué la décontraction... Xavier Darcos notamment : "Je suis habitué aux notations... En vieux prof que je suis, j'en connais la relativité"... Eric Besson aussi... Le secrétaire d'Etat à la Prospective affirme cranement qu'il a déjà la culture du résultat... Et sur ce dossier, eh bien les commentateurs se régalent... "On se demandait, depuis sa nomination à Matignon, à quoi servait François Fillon... Eh bien maintenant on le sait : il est chargé d'évaluer l'efficacité de ses ministres", écrit Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi... L'éditorialiste regrette cependant "que le Président de la République soit dispensé d'un tel contrôle... Si ses promesses sont tenues ou non, il y est quand même pour quelque chose, lui qui donne l'impression d'être tout un gouvernement en un seul homme"... "Chacun sait que l'art de la politique ne peut se réduire à une culture de la performance et du chiffre", critique Dominique Garraud dans La Charente Libre... Pour lui, "cette attribution quelque peu infantilisante de tableau d'honneur et de bonnet d'âne ministériels relève davantage du gadget que d'une innovation pertinente pour améliorer l'action gouvernementale"... L'éditorialiste qui conclut que de toute façon, "au bout du compte, c'est Nicolas Sarkozy qui décidera qui doit partir ou rester au gouvernement, et selon ses propres critères d'évaluation"... "Démagogie", dénonce Pierre Taribo dans L'Est Républicain... "Bernard Kouchner, le patron de la diplomatie française, sera noté... non pas en fonction de ses initiatives, de ses prises de position ou de son ardeur à visiter les points chauds du globe... mais au nombre de membres du gouvernement présents à chacun des Conseils des Ministres de Bruxelles et Luxembourg... Si ce n'est pas du gadget et de la poudre aux yeux, c'est bien imité"... D'autres éditorialistes, ce matin, sont plus circonspects... Gilles Dauxerre, dans La Provence, explique que oui, "on peut discuter les critères retenus... Mais au moins ça va obliger l'ensemble des ministres et leurs administrations à rendre compte de l'action engagée... Ce qui était d'ailleurs une promesse du candidat Sarkozy"... "Certes, cette culture du résultat n'est pas en soi condamnable", écrit également Hubert Coudurier dans Le Télégramme... "Sauf que le gouvernement ne peut être totalement assimilé à une entreprise, surtout pour ses missions de service public"... Et "le recours à un cabinet privé laisse un sentiment de malaise" à Bruno Dive, dans Sud-Ouest... "Comme si, écrit l'éditorialiste, la vague des externalisations, voire des privatisations, devait atteindre à son tour le pouvoir politique... A quand les ministres recrutés par des chasseurs de tête ?"... Alors une épée de Damoclès pour les ministres... Et pendant ce temps-là, en France, les jeunes broient du noir... "Les jeunes broient du noir"... C'est dans Le Figaro... une enquête d'opinion, réalisée par un institut de sondage suédois pour la Fondation pour l'innovation politique... 22.000 personnes ont été interrogées dans 17 pays... Et résultat... Les jeunes Français sont parmi les plus pessimistes... Leur portrait fait froid dans le dos... "Hyper-conformistes, résignés, sans guère d'espoir de changer la société ni même de maîtriser leur avenir personnel"... "A peine un quart des 16-29 ans jugent l'avenir prometteur... Au Danemark, ils sont 60%... Aux Etats-Unis, 54"... Alors la jeunesse française n'est pas la seule déprimée en Europe... L'autre grande dépressive, c'est la jeunesse britannique... Eux, ils ne sont que 7% à penser que l'avenir de la société est prometteur... En France, les jeunes espèrent tout de même une vie meilleure grâce à un travail qu'ils veulent passionnant... Les Britanniques, eux, n'y croient plus... Ils sont aussi revenus de ça... Pour la sociologue qui commente ce sondage, c'est le retour, en Angleterre, d'une jeunesse "no future"... Et sinon dans la presse, ce matin... Un faisceau d'articles, qui vont tous un peu dans le même sens... et qui, mis bout à bout, posent pas mal de questions... Dans Le Monde... "Silence, on manifeste"... un reportage sur 14 moines franciscains qui se réunissent chaque mois sur la place du Capitole, à Toulouse... Là, ils dénoncent les conditions de vie des sans-papiers du centre de rétention de Cornebarrieu... Ce cercle du silence est rejoint par des bénévoles, des associatifs... L'un des religieux explique : "Quand les gens voient les photos du centre de rétention, ils demandent souvent dans quel pays elles ont été prises"... Dans La Croix... une enquête sur "ces conjoints étrangers contraints à la clandestinité"... Le quotidien catholique explique que la lutte contre les mariages blancs a plongé dans la précarité de nombreux couples bi-nationaux... Sur le même thème, dans Libération... "Pour le mariage, le maire a vu blanc"... En banlieue lyonnaise, le zèle d'une municipalité à traquer les fausses unions a mené à l'expulsion d'un Algérien... avant que l'enquête de police ne démontre la véracité de l'engagement du couple... Et puis, pour finir... Vous vous souvenez, bien sûr, de la canicule de 2003... Mais vous souvenez-vous de l'automne 2006 ?... Non ?... Eh bien, vous avez tort... Le Figaro rapporte que l'automne 2006, c'est le plus chaud de l'histoire de l'Europe de l'Ouest... Et que si, avec ses températures particulièrement douces, il est passé totalement inaperçu... du point de vue des chercheurs en science du climat et de l'environnement, il est tout aussi exceptionnel... Il peut être considéré comme le prototype de ce qui nous attend à l'avenir...

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