Alors ce matin, suite du feuilleton Fillon... Sur le thème... Alors, l'a-t-il bien descendu ?... Commentaires donc post-discours de politique générale... Que les choses soient claires... Le Figaro est le plus enthousiaste... "Aller au bout des réformes", cite, en titre, le journal... "François Fillon, dépositaire de la rupture, passeur de la réforme, a trouvé sa place, qui ne doit rien aux schémas du passé... Le deuxième homme est d'autant plus essentiel qu'il ne prétend pas être le premier"... L'envolée est signée Alexis Brézet... Mais bon... L'éditorialiste du Figaro est un peu seul... "Fillon : mention assez bien", pour Le Parisien-Aujourd'hui en France... Et sur le même thème, Jacques Camus, dans La République du Centre, lui accorde la même mention, complétée du commentaire : "Tout reste à faire"... Pour l'éditorialiste, le Premier ministre "a rendu une copie propre, dans un style sobre, mais sans génie particulier... On a senti qu'il avait beaucoup bachoté... Il a dit où il veut aller, mais il n'a pas dit exactement comment, ni avec quel budget"... "Le discours de François Fillon aurait pu être parfaitement écrit par le chef de l'Etat lui-même", constate, de son côté, Dominique Garraud, dans La Charente Libre... En écho, la Une de L'Humanité... avec le dessin d'un Premier ministre marionnette... et ce titre : "Le programme de François Fillon : Nicolas a dit"... Même analyse pour Jean-Michel Bretonnier, dans La Voix du Nord... "Le traditionnel discours de politique générale s'est transformé en numéro de ventriloque"... Libération ironise... "Fillon aperçu à l'Assemblée"... "Il y a, dans le discours du Premier ministre, des choses neuves et précises... Malheureusement, ce qui est neuf n'est pas précis... Et ce qui est précis n'est pas neuf"... Une seule chose trouve grâce, sous la plume de Laurent Joffrin... "L'introduction d'une dose de proportionnelle dans le système électif... Si le Premier ministre s'attelle à ce changement-là, il faudra... quoi que l'on pense de sa politique par ailleurs... l'approuver"... Alors à tous ceux qui accusent le Premier ministre d'être le clone du Président de la République... Bernard Revel répond, dans L'Indépendant du Midi : "Non, Fillon n'est pas Sarkozy... La preuve : il n'a cité ni Jaurès, ni Blum... Et s'il a cité 16 fois Nicolas Sarkozy dans son discours, il a également dit 31 fois "je" et 6 fois "je veux"... Il est vrai, conclut l'éditorialiste, que, depuis Rimbaud, on sait que "je est un autre"... Sur ce thème, la conclusion au Progrès... "A l'Elysée le pouvoir... A Matignon, le savoir-faire et, si possible, le style... Le style Fillon... c'est Sarkozy en moins bien... Même texte riche, mais débité sans souffle... Le contraire de Villepin... Profond avec ennui, quand l'autre était creux avec brio... Villepin dominait l'Assemblée de sa prétention... Fillon reste courbé sur son pupitre, la mèche sage, comme sous le poids du surmoi présidentiel"... Bon alors... "Les chantiers de Fillon"... Ouest-France les résume en Une... "Institutions : une commission fera des propositions... De l'école au lycée : des études dirigées... Objectif : un jeune sur deux diplômé de l'enseignement supérieur... 500.000 nouveaux logements par an, dont 120.000 sociaux"... Dans tous vos journaux, vous en trouverez de larges explications... Ce sont "les 7 dossiers capitaux défendus par Fillon", pour Libération... "Les 9 chantiers du gouvernement", selon Le Parisien... Des dossiers, des chantiers connus depuis longtemps... Pas de surprise, expliquent les journalistes politiques ce matin... Il faut dire qu'il est difficile de surprendre, quand tout le monde parle et explique avant vous... Alors bien sûr, il y a le Président... l'hyper-Président... Mais ça, le Premier ministre l'accepte... Il l'a dit et redit : c'est normal... Sauf qu'il y a les autres... Ceux que Le Canard Enchaîné appelle "les petits marquis de l'Elysée"... "les porte-voix", pour Libération... Visés : Guéant, Guaino et Martinon... Le Canard Enchaîné raconte qu'après l'interview donnée lundi à La Tribune par Claude Guéant... le secrétaire général de l'Elysée... Fillon s'est écrié : "On aurait pu s'en passer !"... Quant au porte-parole de l'Elysée, David Martinon, le Premier ministre a eu du mal à digérer une phrase prononcée la semaine dernière... "Nicolas Sarkozy et François Fillon ont préparé ensemble le projet présidentiel... Le Premier ministre n'aura pas à faire preuve de beaucoup d'imagination pour son discours de politique générale"... Une phrase qui, selon Le Canard, a entraîné ce cri du coeur de Fillon : "Quel petit con, ce Martinon !"... Alors c'est vrai, constate Antoine Guiral dans Libération, que "les interventions médiatiques de Guéant et Guaino, secrétaire général et conseiller spécial de l'Elysée, dérogent à la tradition... Leur existence médiatique renforce l'idée qu'il n'y a bien qu'un seul centre de décision : l'Elysée... Leurs bureaux respectifs sont situés de chaque côté de celui du patron... Chacun dans leur coin, ils encadrent, au propre comme au figuré, Nicolas Sarkozy"... Là, c'est une page qui se tourne... "Les petits Lu mangés à la sauce américaine", titre Libération... "Lu et Pepito croqués par les Américains", constate Le Parisien... L'Américain, c'est Kraft... Et pour Le Figaro, "le groupe paie le prix fort pour croquer les petits Lu"... Dans La Tribune, vous lirez que Kraft a déboursé en effet 5,3 milliards d'euros pour le pôle "biscuits" de Danone... Pour le quotidien économique, le groupe de Chicago met ainsi la main sur une marque très bien implantée en Europe, mais aussi dans les pays émergents tels que la Russie et la Chine... Et dans Le Figaro, le commentaire tombe sèchement... "Le montant du chèque aura eu raison de la nationalité des petits beurre... Et pourtant, rappelez-vous, écrit Thiébault Dromard... Il y a deux ans, l'ensemble de la classe politique, au nom du patriotisme économique, prenait la défense de Danone face à l'OPA fantôme du groupe américain PepsiCo... Hier, c'est dans une quasi-indifférence que Danone a cédé à un autre Américain sa branche "biscuits"... Alors et maintenant ?... Le Figaro Economie et La Croix le disent... Danone se recentre sur ses deux métiers principaux... les produits laitiers frais et l'eau... Et pour le PDG du groupe, Franck Riboud, c'est "une annonce de bon sens... même si c'est aussi une cession émotionnellement difficile", rapporte le quotidien catholique... Et les salariés, pendant ce temps-là ?... Ils sont inquiets, explique Le Parisien-Aujourd'hui en France... A Nantes... pôle historique de Lu, où Louis Lefèvre-Utile a créé le petit beurre en 1886... eh bien, "c'est pas la joie", confie un salarié... "C'est une trahison", selon l'un des syndicalistes... L'Humanité s'est rendu, de son côté, aux portes de l'usine Lu de Besançon... Et là aussi, l'inquiétude le disputait hier à la colère chez les salariés... Une jeune femme s'emporte : "Ils nous vendent comme du bétail"... Autre entreprise... autre métier... autre rachat... même inquiétude... Les Echos ne sont pas en kiosque ce matin... "Les Echos renouent avec la grève"... Vous lirez, dans Libération, "qu'en cent ans, Les Echos n'avaient connu qu'un seul jour de grève... et qu'en deux semaines, eh bien c'est déjà le troisième"... Libération qui explique que les propositions de l'actuel propriétaire du journal... le groupe britannique Pearson... pour garantir l'indépendance du titre qu'il veut vendre au groupe LVMH, sont jugées inacceptables par les journalistes... Dans Le Figaro Economie... les explications de Bernard Arnault... le PDG du groupe de luxe... Il dévoile ses projets, pour Les Echos... Il affirme s'engager à respecter l'indépendance éditoriale du titre... Et du coup, ce grand patron se dit surpris des réactions de la rédaction des Echos... et aussi des milieux d'affaires... En cause : la pétition, lancée par Les Echos, pour la sauvegarde de son indépendance... Et Bernard Arnault explique... "Beaucoup des signataires m'ont appelé pour me dire qu'on leur avait demandé de signer un texte général sur la liberté de la presse... et que cela n'était pas dirigé contre le groupe LVMH"... Les médias qui parlent d'eux-mêmes... C'est un peu ça dans les journaux, ce matin... Ainsi dans Le Monde... vous lirez la dernière chronique de Jean-Marie Colombani, intitulée "4600 jours"... "Ce journaliste, devenu patron de presse, quitte le quotidien dont il a tenu les rênes pendant 13 ans"... Dans Le Monde toujours... "Le problème Alain Minc"... Le journal explique que, pour les rédacteurs, Alain Minc est illégitime à présider le conseil de surveillance du groupe... Et dans une interview, ce dernier explique... "Je ne cèderai pas à un changement unilatéral des lignes de pouvoir... Je n'accepte pas un oukase... Si je cède, cette entreprise sera comme dans ses pires années, dominée par ses seuls actionnaires internes"... Médias toujours... Dans Libération... vous pourrez lire également, en pages Rebonds, un texte signé de la Société des journalistes et de la Société des producteurs de France Inter... une explication sur la journée de grève de jeudi dernier... Et puis, plus heureux... Le numéro 3000 de Télérama... un numéro spécial... avec une plongée dans les coulisses du journal et dans les archives... des archives fortes de 32.765 critiques de films... où "La Grande Vadrouille" a été commentée 13 fois, et la série "Urgences" 58 fois... Télérama qui a demandé à ses lecteurs de commenter leur relation avec leur magazine... des histoires d'amour... de haine... mais avant tout des histoires de famille... dans ce courrier des lecteurs un peu spécial... Et le commentaire du cinéaste Claude Chabrol, reprenant les propos de Corneille, à la mort de Richelieu... "Il m'a fait trop de bien pour en dire du mal... Il m'a fait trop de mal pour en dire du bien"...

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