C'est quoi, le temps ?... Le temps qui s'écoule, qui nous traverse, que nous ne pouvons arrêter... le temps de la nature, celui de la conscience, celui de la société... C'est quoi, l'essence du temps ?... C'est Philosophie Magazine qui se penche sur la question, ce mois-ci... puisque les vacances sont l'occasion de vivre le temps autrement... de le redécouvrir... l'occasion aussi de comprendre que, peut-être, l'enjeu est de ne plus courir après la montre, mais de tenter de maîtriser les rythmes de l'existence... Et c'était quoi, le temps, pour Ingrid Betancourt... 6 ans dans la jungle colombienne, sans aucune date ni garantie de libération ?... Un début de réponse, peut-être, avec l'éditorial de François-Régis Hutin, dans Ouest-France... Il reprend les propos de l'ex-otage racontant que, dans l'hélicoptère, elle a vu le chef des FARC chargé de sa garde devenir brusquement prisonnier à son tour... "Il avait été cruel avec nous, a-t-elle dit, mais je ne me suis pas réjouie de ce qui lui arrivait... J'ai eu pitié de lui"... "Non seulement, écrit François-Régis Hutin, Ingrid Betancourt a su résister durant plus de six ans, mais nous constatons aujourd'hui qu'elle a grandi en dignité souveraine, humble et forte à la fois... Portée par ses valeurs, elle n'a sûrement pas fini de nous étonner"... Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, ne le cache pas, il est impressionné : "Dès sa liberté retrouvée, Ingrid Betancourt en fait le moteur de son action... Elle semble sortir de son épreuve plus forte encore, plus décidée que jamais à se battre"... C'est donc "le temps des sourires", se réjouit Daniel Ruiz dans La Montagne... Mais en même temps, il remarque aussi "la célérité et l'énergie inattendues avec lesquelles, aussitôt rendue à la liberté, Ingrid Betancourt a repris pied dans les proches échéances électorales de son pays... A peine le temps d'être mère de famille... Quelques heures en accéléré, pour la gestion des émotions, et l'otage libérée s'est changée en héroïne... C'est à elle, désormais, de gérer son nouveau statut"... Oui, confirme Jean-Pierre Bedeï dans La Dépêche du Midi, "c'est à l'ex-otage, désormais, de décider de son propre avenir... Cela ne lui était pas arrivé depuis six ans et demi"... Et en France, depuis quelque 36 heures... c'est le temps de la fête... La France qui fête Ingrid Betancourt... Mais le pays se fête aussi lui-même, analyse Michel Richard dans Le Midi Libre... "Il s'est mobilisé... Il a multiplié les initiatives... Et pour notre pays morose, c'est une occasion, non seulement de se réjouir, mais aussi de se trouver beau et bon"... Et Denis Daumin, dans La Nouvelle République, rappelle comment "les Aquitains, les Bourguignons, les Berrichons, les Chtis... tous les Français du quotidien... l'avaient faite citoyenne d'honneur... comment Ingrid Betancourt avait investi le coeur de tous, bien avant d'être érigée au rang de cause nationale depuis l'Elysée... Elle nous a renvoyés à la meilleure part de ce que nous sommes sans en être jamais tout à fait sûrs"... Oui, pour l'instant, tout le monde se réjouit... Chez les politiques, le concert d'émotions traverse tous les partis... Et dans Le Dauphiné Libéré, Hélène Pilichowski explique que si aucun ténor de l'opposition, hormis Ségolène Royal, ne s'est risqué à douter publiquement du rôle de Nicolas Sarkozy dans cette libération... eh bien, ça ne devrait pas durer... L'éditorialiste n'a guère de doute : "chacun aura tôt fait de reprendre les armes... les uns, pour s'imposer dans leur camp, tel Bertrand Delanoë, rappelant haut et fort hier que la Mairie de Paris avait oeuvré depuis bien longtemps pour mobiliser la population... les autres, pour stimuler une cote de popularité bien émoussée, tel le Président de la République allant accueillir cet après-midi la rescapée de la jungle au milieu d'une forêt de caméras"... Didier Pourquery n'imagine pas autre chose, dans Libération... "Nicolas Sarkozy gardera un air modeste... Il se laissera porter par les images heureuses d'Ingrid libérée, en espérant que ce moment dure le plus longtemps possible... Parce que finalement, depuis deux jours, on n'a pas l'air de faire de la politique... Mais on ne fait que ça"... "La légende d'Ingrid Betancourt ne fait que commencer"... Le constat est signé Patrick Fluckiger, dans L'Alsace... Pour l'éditorialiste, "on a peut-être assisté, mardi soir, à un choc aussi important, mais opposé, à celui provoqué en octobre 1967 par l'assassinat de Che Guevara... Avec la libération d'Ingrid Betancourt, le romantisme change de camp... Son étendard n'est plus la révolution, mais l'Etat de droit... Les guérilleros sont devenus les méchants... 'Il faut respecter la démocratie', a résumé Ingrid Betancourt... Des membres des forces spéciales colombiennes avaient revêtu mercredi des T-shirts à l'effigie du Che, pour mieux réussir leur mission"... L'éditorialiste de L'Alsace conclut : "L'Histoire ne manque pas d'ironie"... Pierre Rousselin, dans Le Figaro, confirme : "Nous assistons au commencement de la fin de la dernière guérilla d'Amérique Latine... La pression militaire doit conduire à un règlement politique qui libère enfin la Colombie d'un mouvement armé adossé à l'argent de la drogue... Héroïne de la résistance, Ingrid Betancourt est en passe de devenir le symbole d'une réconciliation nécessaire"... Toujours dans Le Figaro... vous lirez que l'opération militaire colombienne qui a permis de libérer 15 otages a provoqué un miracle : celui d'être applaudie par tous les pays de la région, Venezuela et Etats-Unis côte à côte... Pour le journal, "l'Amérique Latine est soulagée par la fin des guérillas... Et Hugo Chavez pourrait même en profiter pour se réconcilier avec son homologue colombien"... Et toujours dans les nombreuses pages consacrées par Le Figaro à l'événement... le reportage de Patrick Bèle... Il a rencontré d'ex-guérilleros qui ont abandonné les FARC... des hommes et des femmes souvent engagés dans les rangs de la rébellion colombienne dès leur adolescence... Beaucoup d'entre eux ont déserté par lassitude... Et maintenant ?... Eh bien maintenant, le combat continue... "Au nom de tous les otages", titre La Croix... qui explique qu'Ingrid Betancourt demande que la mobilisation se poursuive pour toutes les victimes de la violence politique... "A Bogota, on défilera aujourd'hui pour les autres", rapporte le journal... Et les comités de soutien à l'ex-otage sont d'accord : ils veulent maintenant se battre pour les otages anonymes... La Croix cite une phrase du communiqué de la Fédération nationale des comités de soutien à Ingrid Betancourt : "Il est impossible de fermer les yeux alors qu'Ingrid nous a invités à les ouvrir encore plus"... Que lire d'autre dans la presse, ce matin ?... L'inquiétude du Nouvel Economiste autour de la stagflation... L'hebdomadaire l'appelle le "mistigri planétaire"... La stagflation rebat les cartes de la mondialisation... Qui va gagner la partie ?, se demande le journal... pour qui l'Europe doit réagir avec, comme seul remède, la rigueur... La rigueur de la Banque Centrale Européenne peut-être... "Hausse des taux : la BCE rassure par sa modération", note La Tribune... qui applaudit une décision bien amenée... A lire également : pas mal de retours sur le feu vert de Nicolas Sarkozy à un nouvel EPR... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, "les tuiles du premier chantier"... La construction de la centrale nucléaire de seconde génération sur le site de Flamanville est perturbée par des incidents à répétition... problèmes de qualité de soudure, de fissures dans le béton... Ennuyeux, estime le journal, pour une technologie de pointe dont la France souhaite vendre des exemplaires partout dans le monde... Retour aussi bien sûr, dans vos journaux, sur les deux étudiants français assassinés à Londres... Dans la presse anglaise, on constate que la psychose n'est pas loin dans la capitale britannique... parce que si le meurtre des deux jeunes Français est particulièrement horrible, les attaques au couteau sont de plus en plus nombreuses... 17 adolescents ont été tués de cette manière depuis janvier... Et dans le Times, une voisine témoigne : "Nous sommes pétrifiés... Vous ne pouvez même pas imaginer... Ma fille a tout simplement trop peur maintenant de rester toute seule à la maison"... Et puis, pour finir... Chut !... Un peu de silence !... "Les mammifères marins menacés par la pollution sonore humaine"... Ca, c'est à lire dans Le Monde... qui rapporte que des bio-acousticiens sont réunis en conférence mondiale à Paris... et que ce sont eux qui lancent ce cri d'alarme... "Depuis les cent dernières années, expliquent-ils, le développement des activités humaines en mer a introduit des sources sonores artificielles générant un niveau de bruit jamais atteint au cours des millénaires... un bruit de fond trop récent pour que les cétacés aient pu s'adapter... Du coup, les baleines, dauphins, cachalots et autres marsouins vivent dans un brouillard acoustique qui les empêche de communiquer, de se nourrir, de se reproduire"...

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