Un chirurgien tente de se suicider, les hôpitaux sont en détresse, dit Libération. François Ruffin dénonce la "macronarchie" dans Fakir, et un journaliste de gauche le "bon plaisir" dans le Figaro. En Inde, on révère l'assassin de Gandhi, dit Le Monde. Line Renaud est chouette dans Télérama et taquinée par l'Express!

La trop grande fatigue d'un chirurgien...

Grèves, conflits, personnel à bout, suicides... le personnel hospitalier attend la réforme tant annoncée
Grèves, conflits, personnel à bout, suicides... le personnel hospitalier attend la réforme tant annoncée © Getty / Maja Urbanik / EyeEm

Qui était de garde, dimanche dernier, dans un hôpital de la région parisienne, au moment où Simone Veil entrait au panthéon, et après une opération, ce chirurgien, dit  ceci: "j'en ai assez je suis fatigué je m'en vais". Il retourne dans son bureau, ferme sa porte, et quand les infirmières inquiètent passent par le balcon pour entre chez lui, elles le découvrent inanimé...

Ainsi commence le dossier de Libération sur l'hôpital "en état d'urgence absolue" et il y a un effet d'accumulation quand nous parlions hier de la police et de la gendarmerie qui sont à l'os et au désespoir, aujourd'hui les hôpitaux en manque de moyens et de personnels, en butte aussi à un égoïsme que dénonçait hier Agnès Buzyn à l'Assemblée... Elle accusait ces médecins qui refusent de faire des remplacements dans les hôpitaux qui plafonnent leur rémunération... «Des mercenaires qui travaillent à la journée, payés 2000 euros par jour », dit-elle. C'est dans le Quotidien du médecin...

La crise est politique. Dans Paris Normandie vous verrez François Ruffin venu  soutenir les grévistes perchés, ces personnels de l'hôpital Pierre Janet du Havre montés sur le toit de l'établissement pour protester entre autres contre des suppressions de lits...

Le même Ruffin, dans son journal Fakir, dénonce dans un dialogue imaginaire avec Montesquieu la « macronarchie », comprenez la monarchie organisée par le président... C'est un paysage que suggère l'opposant, d'un pays qui souffre sous un dirigeant de bon plaisir...

Curieusement, le Figaro décrit le pouvoir et la communication présidentielle exactement dans les mêmes mots. Le grand quotidien de droite donne  la parole à un journaliste de gauche, autrefois grande plume du Nouvel Observateur, François Bazin, expert en communication politique mais aussi un confident longtemps de François Hollande, et il dit ceci d'Emmanuel Macron : "Il est inaccessible à l'idée de contradiction. Je fais ce que je veux, je dis ce que je veux. Appelez ça comme vous voulez: caprice des dieux ou gouvernement du bon plaisir", et encore: Le système est « tout entier centré sur un président omniscient et omniprésent, il est comme une statue dressée en majesté au centre de la place... »

Est-ce exagéré? Le Parisien titre ainsi un article: "Ce que prépare Macron  pour les pauvres"...  Et l'on apprend aussi que si l'équipe de France s'en va en demi-finale de la Coupe du monde, le Président annulera une visite de terrain consacrée au RSA pour aller en Russie... 

En Inde, on célèbre l'assassin de Gandhi!

Le Monde nous raconte l'état exact d'une puissance mondiale en proie à la passion identitaire. A Pune, dans l'ouest de l’Inde, une urne en argent est révérée comme les reliques d'un saint; elle contient les cendres de Nathuram Godse, qui assassina Gandhi le 30 janvier 1948 pour faire payer au Mahatma son choix d'une inde multiculturelle où les musulmans feraient partie de la nation...   Et dans un pays gouverné par des nationalistes hindous, qui parlent parfois comme Godse sans oser le revendiquer, le. culte de l'assassin n'est pas innocent.

Ce reportage du Monde ne parle pas seulement de l'inde, il témoigne d'un monde en régression... Ces mots du livre sacré hindou « Baghavat gita » qui fondent le nationalisme pourraient être psalmodiés par d'autres fanatiques,  "Lève-toi car le sage ne se lamente ni pour les vivants ni pour les morts. (…)Ton devoir de guerrier est de mener une guerre juste."

Voilà notre monde, menacé dit La Croix par la guerre économique lancée par le Président Trump. Voilà notre monde en bute aux peurs et aux rumeurs. Le Figaro fait justice d'une escroquerie intellectuelle, dit-il qui nous terrifia il y a six ans... Non, il n'est pas démontré que le maïs OGM donne le cancer, contrairement ç ce qu'affirmait en 2012 une étude réalisée par un chercheur militant...

Les yeux d'un chien pour finir...

Qui sont beau à vous réparer l'âme à la Une de Télérama, qui raconte ces chiens que le photographe américain Wegman a photographié sa vie durant, grimés en humain, mais ne le sont-ils pas déjà.

L'autre vedette de Télérama, c'est Line Renaud, nonagénaire qui passionne nos hebdos,  de façon vacharde et assez drôle dans l’Express qui s'interroge sur le rôle politique de cette ancienne meneuse de revue et ose, dans la voix d'un anthropologue, ceci;  "Dans certaines tribus africaines les femmes qui atteignent à la ménopause peuvent accéder au statut de chef de lignage qui sinon est réservé aux hommes, peut-être Line Renaud est-elle devenue cheffe de lignage"? 

Oh. 

Télérama interroge plus simplement la dame, et c'est superbe, une vedette populaire dans un journal réputé intello. Line qui était un beau brin de fille que son joli brin de voix avait envoyé à Paris où elle logeait à Pigalle dans un hôtel de passe où des copines prostituées lui prêtaient de la vaisselle, Line qui allaient rendre la grande Piaf jalouse ; Line qui parle de son mari Loulou Gasté qui écrivait des chansons et qui, leur première rencontre, elle avait 17 ans et lui bien plus, l'emmena sur sa moto dans sa garçonnière. « Je ne pourrais pas dire qu'il m'a violée, j'étais consentante, il était tellement beau, c'était ma première fois, j'avais 17 ans, aujourd'hui il irait en prison Loulou. »

Mais non!  

Tiens, à propos de gai-lurons. 

Le Courrier picard nous alerte sur les malheurs d'un petit établissement honnête situé à Heudicourt, le club privé LA DETENTE, établissement libertin, ouverts vendredi samedi dimanche et lundi, victime de travaux sur le réseau d'eau du village, qui ont amené la fermeture de la route D58. Hors, c'est par cette départementale que, parfois depuis l'Ile-de-France, les libertins viennent à la détente, que faire? Se garer dans le centre du village et venir à pied sous le regard des paroissiens? Heureusement, Monsieur le maire a accepté que les panneaux d'interdiction soient couchés, des panneaux couchés pour conduire à la détente, quel bon mot. 

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