(Nicolas Demorand : « Un petit tour en enfer, ce matin »)... Dans le langage des truands, un fourgon blindé, ça s'appelle une "tirelire à roulettes"... Lundi, à Marseille, en plein jour, en pleine rue, on a braqué une "tirelire". 10 hommes cagoulés. Ils ont arrosé à la Kalachnikov. Des chargeurs entiers. Il y a 30 balles par chargeur dans une Kalachnikov. "Après l'attaque, on marchait littéralement sur les douilles", dira le procureur de Marseille. Un automobiliste en a vu 5 de très près : 5 projectiles logés juste à côté de l'appui-tête. "Kalachnikovs contre 'tirelires'" à Marseille ou Villiers-sur-Marne... Pistolets-mitrailleurs contre bijouteries à Lyon... Le Monde décrypte aujourd'hui la nouvelle génération de braqueurs. Ils sont pressés, surarmés, violents. Et ils multiplient les casses ces derniers temps. (ND : « C'est la génération Kalachnikov »)... C'est devenu l'arme fétiche des truands : pas chère, bon rapport qualité-prix, ça vous pose un homme... des hommes qui n'ont pas peur de tuer. Les truands n'ont jamais été des Bisounours. Mais le patron de la PJ relève un nouvel état d'esprit : il vaut mieux tuer des flics que de se faire prendre. Wanted : Gangsters 2010... Qui sont-ils ? Dans Le Monde, Yves Bordenave et Richard Schittly dressent leur profil... Ce sont des équipes à tiroirs : un noyau dur, de bons artificiers, des porte-flingues. Equipes hétérogènes : en prison, des petits voyous rencontrent des malfrats grand cru, des truands à l'appellation d'origine contrôlée. Des hommes pressés... "Ils braquent d'abord, ils réfléchissent après : c'est la génération jeux vidéo", résume un enquêteur de l'Antigang à Lyon. Interrogé par Le Monde, un vieux tonton flingueur du Gang des Lyonnais (années 70) regrette le bon vieux temps : "A notre époque, on s'organisait pour éviter de calibrer. Aujourd'hui, il n'y a plus de règles". Voyoucratie... Le quotidien corse 24 Ore consacre son dossier aux rackets sur l'île. Entre impôt révolutionnaire et affaires de droit commun. L'affaire est à nouveau sur la place publique depuis que, mercredi, un patron de bistrot d'Ajaccio a installé une ardoise devant sa vitrine : "Bistrot à vendre pour cause de racket". Voyoucratie, très loin d'ici... Le Monde, encore, décrit la situation en Jamaïque. C'est une quasi-guerre civile entre le gouvernement et un homme, un parrain de la drogue : Christopher "Dudus" Coke. Les flics sont à ses trousses. Ses hommes de main répliquent. Ces derniers jours, on a présenté aux familles les photos des victimes : il y en a au moins 73. Dans le quartier où les porte-flingues de "Dudus" sont retranchés, on a compté 10000 cartouches. Flics et voyous, dernière histoire... Elle est dans La Dépêche du Midi. Le journal de Toulouse raconte comment un motard a commis 65 infractions au Code de la Route en une heure, près de Montauban. Après tout, du 65 à l'heure, pas de quoi en faire une tartine. (ND : « Un tour en enfer, suite... Direction la Chine »)... Shenzen, précisément, au sud-est du pays... Dans l'usine Foxconn : on y fabrique l'iPhone, entre autres. Depuis le début de l'année, 11 ouvriers se sont suicidés et un autre serait mort d'épuisement. Emilie Torgemen décrit ce théâtre de mort dans Le Parisien-Aujourd'hui... C'est une nouvelle Cité Interdite : des murs très hauts, des gardes en uniforme pour les surveiller. 300000 personnes à l'intérieur. Les usines alternent avec les dortoirs : 8 personnes par chambre. Du linge sèche aux fenêtres. La plupart des employés sont très jeunes et viennent de très loin. Selon l'usine où vous travaillez, l'uniforme, c'est polo rouge, polo blanc ou polo noir. Des chefs d'équipe passent les journées à faire les cent pas derrière vous. Pour eux, interdit de s'asseoir. Pour les ouvriers, c'est une tache sur un nouveau téléphone toutes les 7 secondes, pendant 8 à 10 heures. Vous imaginez les salaires... Alors, en plus, certains font des heures sup. Et ces conditions de travail sont enviables par rapport à ce qui existe dans leurs provinces. Il y a une semaine, chez Foxconn, on a posé des filets anti-suicide aux fenêtres, et on a fait signer un contrat aux salariés : s'ils mettent fin à leurs jours, l'employeur est déchargé de toute responsabilité. Question responsabilités, les grandes marques qui commandent leurs téléphones à l'usine en ont leur part : "elles exigent beaucoup de précision, et donc d'obéissance", dit un contremaître. (ND : « Quoi d'autre, dans la presse ? ») C'était le 7 août 1944 : la France sortait de l'enfer. La presse libre sortait de l'ombre. Un nouveau journal était mis en vente 1,50 franc : Ouest-France. A l'heure de la crise de la presse, à l'heure où Le Monde cherche un repreneur, où Newsweek, aux Etats-Unis, est dans le coma, Ouest-France sort aujourd'hui son numéro 20.000. "En août 44, ces nouveaux journaux, c'était le visage de la démocratie ressuscitée", écrit François-Régis Hutin dans l'édito du jour. 66 ans plus tard, Ouest-France est devenu le plus grand quotidien français. On parlait à l'instant de l'usine chinoise où l'on fabrique des téléphones mobiles... A la Une des Echos aujourd'hui : "Mobiles : l'avenir de l'Internet illimité est remis en question". Portable, clé 3G, tablette Internet : les réseaux sont saturés. A l'avenir, on pourrait demander aux "mobi-goinfres" de payer un supplément au-delà d'une certaine consommation. Comme souvent, les Etats-Unis sont précurseurs : l'opérateur AT&T retire les forfaits illimités de son catalogue. (ND : « Enfer, suite et fin »)... L'enfer pour ceux que les charmes du "4-4-2", des reprises de volée et du marquage à la culotte laissent froids. On est "footus" : dans une semaine, c'est le début de la Coupe du Monde. Dans Le Nouvel Obs, François Reynaert conseille aux allergiques un stage de méditation transcendantale. La presse est déjà dans les vestiaires... Numéro spécial Afrique du Sud dans Libération, Politis et dans la très bonne revue Sound World, consacrée aux musiques du monde... Dans la série "Foot et Branchitude", la livraison de juin du magazine L'Optimum est assez réussie. Foot, fringues, anecdotes et petites pépées : il y a de quoi s'amuser. Le journal est truffé de citations à propos du foot... Parole à feu Georges Best, l'une des légendes du ballon rond, venu d'Irlande du Nord, grand amateur de canons… Il les descendait au bar, il les déshabillait dans sa chambre, et il en tirait des boulets sur le terrain. Voilà ce qu'il disait à propos d'un autre grand joueur britannique, Paul Gascoigne : "Je lui ai dit un jour que son QI était plus petit que le numéro de son maillot. Il m'a répondu : 'C'est quoi, un QI ?'". Dans la série "les footballeurs sont des abrutis", voici Mario Jardel, grand joueur brésilien, qui confond adrénaline et anti-mite... "J'adore les avant-match : je sens toujours la naphtaline monter en moi". Alors le foot est-il "un miracle populaire et universel", comme le dit Rama Yade dans L'Optimum, ou bien le nouvel opium du peuple ? Réponse de Groucho Marx, toute en ironie : "L'ennui, c'est que nous négligeons le football au profit de l'éducation"… Bon week-end...

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