Un camion belge passe la frontière proposer des emplois (La Voix du Nord). La France plus attractive que l'Allemagne pour les investisseurs étrangers (Les Echos, le Parisien). Une économiste venue du Kansas défend les déficits dans le Monde. En Centrafrique, un bébé décharné en Une du New York Times, Esther survivra

Le cyclisme parmi les épreuves de Triathlon
Le cyclisme parmi les épreuves de Triathlon © Getty / Hero Images

On parle d'une camionnette belge ce matin... 

Qui ce mois de mai passé traversait la frontière pour camper sur les places de Hazebrouck, Comines, Hem ou Wattrelos, et accueillir des Français en mal d'emploi, initiative d'une agence d'intérim belge que raconte la Voix du Nord et qui a donné de l'espérance à Sylvie, 54 ans, de Billy-Berclau, près de Béthune : 

"Je suis montée dedans et j'ai passé un petit entretien, C'est tout de même autre chose qu'en France où il est si difficile d'avoir des rendez-vous et des propositions sérieuses. » 

En Belgique, le taux de chômage ne dépasse pas les 2%, et à Courtrai, Kortrijk, chaque semaine, une centaine de français viennent toquer à la porte de la section francophone de Forum job... 

Et ce bon voisinage est peut-être une bonne nouvelle, quand la presse nationale pavoise de l'attractivité française pour les investisseurs étrangers : 1027 projets d'investissements en France l'an dernier contre seulement 973 en Allemagne, "la France double l'Allemagne", une des Echos, "la France dépasse l'Allemagne", une du Parisien, qui me l'assure. 

Les patrons disent- "i love paris"- et ils lovent aussi la Haute-Garonne et notamment Boussens où une firme allemande fabrique des capteurs électroniques pour votre voiture dans une alliance optimale de robots et de 350 ouvrières et ouvriers... 

Mais le Figaro corrige, nous sommes moins désirables qu'aux premiers mois du macronisme, et d'ailleurs, c'est dans l'Opinion, nous avons inquiété le FMI venus nous ausculter après la crise des gilets jaunes mais ouf, le gouvernement n'a pas renoncé à ses réformes et le FMI attend maintenant un bel effort sur la dette à baisser, et la fonction publique, à réformer, dans un consensus social précisent les sages du FMI dans leurs certitudes.... 

Notez que ces certitudes ne sont pas la seule pensée en économie... 

Le Monde fait le portrait d'une femme qui a forgé une contre-théorie, Modern monetary theory, en venant de nulle part c'est à dire des universités de Kansas city, Missouri et de Stony Brook à Long Island. 

Stephanie Kelton défend l'idée que les déficits n'ont aucune importance en soit mais l'on peut et doit investir quand on a des projets et des travailleurs disponibles; elle a défendu contre l'aristocratie libérale les réductions d'impôts de Donald Trump, mais femme de gauche, elle conseille le vétéran socialiste Bernie Sanders.

Beaux débats, sont-ils loin des emplois de Belgique, cette espérance ?

Mais il n'est pas de Belgique que des emplois ce matin mais aussi une langue belle, celle d'un footballeur oui, Thomas Meunier, qui aime l'art comme le ballon et qui présentait hier à Bruxelles au stade d'Anderlecht une exposition sur le football et l'art contemporain, et au passage dans le Parisien encore et l'Equipe, qui ont décrit ainsi la saison de son club du PSG : 

Une saison : "euh... très abstraite", "défigurée d'un coup de cutter" quand Paris a été éliminé de ligue des champions...  "C'est comme l'artiste qui pète un plomb et balance tout ce qu'il a sur sa peinture parce qu'il ne parvient pas à trouver le truc, l'émotion à faire ressentir..." Dit comme ça...

Et on parle beaucoup de football ce matin...

Dans la laideur obscure de l'affaire Neymar, mais dans la joie aussi d'Aulnay-sous-bois, ville cosmopolite où s'est organisée une Coupe d'Afrique des nations à l'échelle du bitume, dans la joie des fumigènes, des pétards, des motos en équilibre sur la roue arrière, on a vu 4500 personnes pour un Maroc-Mali à la sauce Seine-Saint-Denis, c'est dans Street Press qui exhale un parfum de vie...

Vendredi commence la coupe du monde féminine, et ça commence à prendre dans les journaux en province, la Montagne et le Populaire du Centre font leurs unes sur le football des filles, à Désertine dans l'Allier comme dans le limousin... 

Midi Libre rend hommage aux hommes qui y ont cru : Loulou Nicollin (paix à son âme) de Montpellier et Jean-Michel Aulas de Lyon... 

Mais le foot des filles n'est pas seulement un cadeau des mecs et dans Sud Ouest, lisez ce beau papier sur la vraie histoire du football féminin qui dans les années 20 attirait des spectateurs par milliers et qui fut banni ensuite, et qui est revenu par des sportives militantes

Parmi elles Marilyn Fort, ex-gardienne de buts et présidente de Soyaux en Charente, joueuse de 15 ans en 1970 à La Rochelle quand on interdisait le pantalon aux filles... 

A la der de Libération, elle est sage et forte, Gaëtane Thiney, qui joue buste droit en équipe de France et qui travaille au développement du football des enfants. Elle a quelque chose d'une militante encore...

Il n'est pas que le foot. Une si jolie fille devait disputer dimanche son premier triathlon à Aurec-sur-Loire, elle était aussi lauréate de concours de beauté, Morgane est morte percutée par un tracteur quand elle faisait du vélo le 26 avril dernier. 

Son amoureux, a disputé pour elle cette compétition qu'ils devaient faire à deux et on ne peut pas ne pas pleurer lisant leur histoire, elle est dans le Progrès... 

On sourit en revanche, en regardant ces fabuleux spécimen qui vont disputer le concours de l'homme le plus fort du Morvan, c'est dans le Journal du centre. Une démonstration où l'on tire des tracteurs et l'on marche portant des poids monstrueux... Il y a des garçons et aussi des filles, on envie leur vitalité. 

Et de la fragilité pour finir...

Celle d'un bébé qui fait la Une du New York times, au bras plissé qui semble un chiffon de papier. Elle s'appelle Esther, est née en République centrafricaine et elle ne mourra pas par la force d'un docteur : Jean Chrysostome Gody, qui est resté dans son hôpital de Bangui sauver les enfants d'un pays ravagé.... 

A l'autre bout de la vie, quand tout semble s'achever, règne encore la joie. Ce jour où le monde revient sur le scandale des pensions que l'Allemagne verse à des Français qui combattirent dans les forces nazies. 

Je lis dans Le Point qu'un beau vétéran, qui le 6 juin 44 avait quinze ans, garçon de cuisine sur un cargo affrété pour le débarquement, en a fait une chanson, "les rives de Normandie", qui dans les charts anglais détrône les gamins... Voici, amis, Mr Radford, chanteur.

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