"Autant en emporte le vent" ressort dans une nouvelle traduction, où les personnages noirs ne parlent plus "petit nègre", l'Express. Les lettres d'amour et de guerre d'Apollinaire, Ouest-France. Le jeune Orban libéral en voyage initiatique aux Etats-Unis en 1992, l'Obs. le lion Kessel rugit dans le Point et le Figaro.

On parle de mots ce matin... 

Les mots dont une jeune femme italienne qui vit chez nous en France révèle les secrets... Elle s'appelle Andrea Marcolongo, journaliste et helleniste, déjà autrice d'un best seller mondial sur les splendeurs du grec ancien, elle revient avec "Etymologie, pour survivre au Chaos", et dans Libération le journaliste philosophe Robert maggiori n'a pas attendu la sortie du bouquin dans huit jours pour  nous décrire un cheminement à travers 99 mots,  Nerveux Migrant Délicatesse Solitude Loup Virgule, qui disent nos cultures...   

Sait-on comment la virgule, Virgula, petit baton en latin, a remplacée le tiret horizontal, obolos en grec, qui a donné obélisque? Sait-on pourquoi les langues européennes, pouy dire l'amour, ont rejeté le commun dilogo te, je te choisis, au profit du te amo des poètes? Sait-on que le mot bizarre, vient d'une onomatopée romane biz biz signifiant être piqué au sang par une abeille...  

Et ainsi on se sauve en butinant. Marcolongo rappelle qu'à Tahiti jadis on se suicidait plus qu'ailleurs, car la langue tahitienne ne possédait pas de terme pour exprimer la douleur de l'âme. Elle dit aussi, Marcolongo, ceci: M

Et nous voici conviés au baume du langage, quand le Monde me dit que sous le confinement tant de vocations d'écrivains se sont éveillées mais il y a peu d'élus dans les maisons d'éditions. 

L'Express m'apprend qu'Autant en emporte le vent faillit être raté par Gallimard avant-guerre, une baronne heureusement alerta le grand Gaston, l'Express m'apprend aussi qu'on retraduit le livre,  la nouvelle édition chez Gallmeister rend justice à la langue de Margaret Mitchell, "les yeux de Scarlett étincelèrent" devient "un petit diable avec une paire de tenailles rougies au feu pinça les yeux de scarlett", c'est mieux! Et les personnages noirs ne parleront plus la langue "petit nègre" qu'on leur avait assigné en 1939, oui c'est mieux. 

La Croix et le Point cheminent avec l'écrivain et avocat François Sureau qui cherche ses vérités et celles de la France, en remontant la Seine dans un livre fleuve forcément, l'Or du Temps, hanté par un peintre venu d'ailleurs autrefois, Agram Bagramko, que Sureau ressent comme une présence consolante, le soir où il voit Notre Dame bruler... 

Ouest France me dit Apollinaire, autre passion de Sureau, dont on édite les lettres et poèmes d'amour écrits pendant la Grande guerre, quand  ses camarades de tranchées rebutés par son vrai nom, Kostrowitzky, l'appelaient Cointrau-Whiskie, et lui pour ne pas devenir fou pratiquait l'amour épistolaire.... « Creusez des trous enfants de 20 ans […] Envolez-vous essaims des avions blonds […] Le grand Pan est ressuscité. »    

On parle aussi d'un lion ce matin! 

Joseph Kessel qui rugit dans le Figaro et le Point, il entre dans la pléiade Kessel qui aima la lionne chanteuse Germaine Sablon, première interprète du Chant des partisans qu'il avait écrit, et quel plaisir de revoir ce géant que Marc Lambron croque gourmand dans le Point. 

Kessel sait hameçonner une phrase à la suivante, happer les rutilances du réel, massicoter les flibustes de la vie lointaine pour les manchettes de la presse populaire. Celui que sa profession surnommait l'Empereur aurait pu faire sienne la maxime de Balzac : " Il ne suffit pas d’être un homme, il faut être un système." 

Tiens. Dans l'Obs je lis un homme qui est devenu un système, Viktor Orban, l'homme fort de la Hongrie aux penchants autoritaires mais qui en 1992 était un jeune élu libéral d'un pays libéré du communisme, invité avec d'autres espoirs de la démocratie à visiter les Etats-unis, qui élirait le jeune Bill Clinton. Le journaliste Pascal Riché était de ce voyage et restitue le jeune Orban trapu, certain de son destin, qui ne faisait pas la passe au foot, mais qui était alors passionné par le droit des minorités et qu'un philanthrope libéral protégeait, le milliardaire George Soros, aujourd'hui cible des populistes.   

Le temps  passe. Le site de Sud-Ouest m'invite au passé de nos bars et bistros et je découvre ravi que le premier bar moderne de Bordeaux, le Grand Bar Castan, avait pour slogan, "Service parisien de premier ordre", qu'en diraient les fiers bordeluches!

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.