Libération raconte le destin atroce de la jeune chercheuse Ouighour Mihriay Erkin, exilée au Japon, piégée lors d'un retour en Chine et morte dans un camp. Paris-Match montre le courage de ces enfants syriens qui travaillent dans le pétrole au Rojava. Les rancoeurs de Schopenhauer dans Philosophie magazine!

On parle d'un vin!

Un vin qui nous viendra cet été du Chili, on nous le dit remarquable et son nom inspire le respect, Piedra Sagrada, la pierre sacrée en Espagnol et l'écrivain Christophe Donner dans Week-end, le magazine des Echos, raconte sa légende, et là, c'est un grand cru: ce vin est né de l'espérance d'un révolutionnaire exilé par une dictature, il s'appelait Arturo Perez Rojas. En 1970, il avait été nommé secrétaire d'Etat à la viticulture  par le président socialiste Salvador Allende, qui voulait transformer son pays, et finirait assassiné dans un coup d'Etat militaire en 1973... Sous Allende, Arturo avait sillonné la planète pour ramener au pays la science du vin qui lui manquait, sous le général Pinochet il reprendrait son errance pour sauver sa peau... Il irait vivre en France, il chercherait du travail dans le vin mais serait forcé de repasser ses diplômes,  les caves viticoles ne voudraient pas de lui, trrop qualifié, il tenterait sa chance en Algérie et s'en désolerait, on n'aimait plus le vin la-bas...

Et puis avec le temps le Chili revint à la vie, Arturo oserait s'aventurer dans son pays perdu  et jour sa belle soeur lui proposerait un terrain, quatre hectares dans la vallée de Maipo au Sud de Santiago et Arturo sentit que c'était le lieu dont il avait rêvé. Il y planta des vignes et les soigna comme chez nous on soigne  le Romanée-Conti, et tout ce qu'il avait appris dans sa vie d'errance, les pieds espacés de 75 centimètres, l'irrigation au goutte à goutte , les parcelles orientées selon le soleil et le vent, il l'offrirait à sa vigne, les voisin le prenaient « au mieux pour un fou au pire pour un français »... Il userait pour son raison le reste de son âge, il ne put jamais produire son vin, faute d'argent pour construire sa cave idéale, faute d'argent, faute de vie, Arturo est mort en mars 2013, mais après ses enfants n'ont pas voulu que son rêve disparaisse, ils étaient français eux sans réserve, un médecin un musicien une architecte; ils en ont pris des avions pour le Chili, ils se sont fait aider d'un ami oenologue et maître en gout nommé Eric Verdier, dont le Monde a réalisé de savoureux portraits dont l'un signé Christophe Donner, le même Donner qui nous dit ce matin le roman du Pierra Sagrada qui a donc fini par exister, et qui nous vient enfin, un nectar pour nous consoler des malheurs du monde...

Pendant ce temps, paradoxe des journaux, le Bien public nous entraine à la réouverture des alcooliques anonymes à Dijon qui se sont revus enfin vraiment, pour parler et soulager leurs peurs, les bouteilles que l'on cache mais qu'on ne peut se cacher -depuis des mois, ils se racontaient derrière les écrans, et il en est de l'abstinence comme de la dégustation, sans la pâte humaine, ce n'est pas pareil. Le même Bien public nous raconte des migrants qui s'intègrent par la cuisine, ce sont des exils plus modestes qu'un grand vin mais le même courage pour vivre.

On parle aussi d'une femme disparue...

Sur le site de Libération, une autre histoire d'exil mais celle là brisée qu'aucun nectar n'est venu adoucir, tant la Chine est implacable à ceux qu'elle veut détruire... Regardez bien alors la bouille et le sourire espiègle de Mihriay Erkin, qui avait 29 ans, qui était heureuse au Japon, étudiante chercheuse en science et en technologie, mais qui en juin 2019 est revenue en Chine pour voir sa famille, sa mère l'a suppliait...  Mihriay était ouighour, de ce peuple de confession musulmane que l'Etat chinois veut réduire, elle enseignait sa langue, son oncle était un linguiste exilé en Norvège, la famille était surveillée et l'invitation ressemblait à un piège. Son oncle a essayé de dissuader Mihriay de partir, elle n'a pas cédé, elle lui a répondu: «Chacun de nous mourra seul. L’amour de Dieu, notre sourire et notre peur nous accompagnent..» En arrivant en Chine, Mihriay a appris que son père avaitu été condamné pour incitation au terrorisme, puis elle a été arrêtée, elle est morte en décembre 2020 dans un camp, les autorités ont demandé à sa famille de dire qu'elle soufrait d'une maladie cachée..

Vous lirez dans Paris-Match le courage incroyable d'enfants au Rijava, l'enclave kurde au Nord de la Syrie, ce sont des adolescents mais aussi des mômes, 8 ans, 10 ans, souvent venus d'Alep la ville détruite martyre, et qui travaillent pour survivre dans la fumée et la boue,  conduisant des tractopelles géantes réparant des cuves et  respirant du poison dans les exploitations pétrolières bricolées qui permettent au Rojava de tenir... Les photos comme le texte vous prennent et ces enfants dans la boue noire ont un regard de force et de fierté...

Chez nous, on se souvient, quatre pages dans Sud-Ouest, d'un enfant de 13 ans au visage radieux, que rien ne menaçait mais  en vélo le 4 juin 2011 Alexandre a croisé un marginal qui l'a tué, ce fut un de ces fait-divers qui saisissent par leur atrocité et ensuite l'actualité glisse, la maman d'Alexandre résiste à l'envie de prendre une photo de son fils et de deviner par un logiciel à qui il ressemblerait aujourd'hui, elle nous demande d'allumer une bougie ce soir à 21 heures... Le Parisien lui se souvient de Saïd El Barkaoui sur lequel son voisin avait tiré dans le dos, en lui disant ceci, "regarde ce que je te fais sale arabe", Said avait six enfants, c'était à Ychoux dans les Landes  il est mort a l'hôpital le 4 juin 2018 , d'une rupture d'anévrisme ont dit les experts et le voisin, qui est libre ne sera jugé que pour tentative d'assassinat.

On parle enfin d'un homme fâché...

Et c'est une autre voisin le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, qui en 1820 avait poussé dans les escaliers sa voisine, tout en la traitant de vieille garce, elle le dérangeait, il dut lui payer à vie une rente, il développait cet homme une pensée abrupte à l'encontre des femmes , "des animaux à cheveux longs et idées courtes, qui comme des miroirs réfléchissent mais ne pensent pas", mais admettait aussi que si les femmes avaient voulu de lui, il leur aurait été favorable... Mais on peut philosopher avec de mauvaise sentiments, puisque Philosophie magazine nous explique comment la colère, le ressentiment, les défaites de Schopenhauer  lui permirent  de comprendre la bête sauvage qui est tapie au coeur de l'homme...

Dans Charlie Hebdo, vous lirez comment d'une méchanceté l'écrivain Yannick Haenel tisse une belle chronique. Un lecteur lui a écrit, à lui et à Philippe Lançon, pour leur demander de cesser leurs trucs d'intellos et Nabokov, Bataille, on s'en fout...

Alors par défi et par constance, Haenel nous raconte un sculpteur génial qui vient de nous quitter, Alain Kirili, qui mérite d'être connu, dont les terres cuites ont permis à l'écrivain de comprendre que la lumière est un rythme, et qui avait aussi fait redécouvrir, avec Philippe Sollers, les aquarelles érotiques de Rodin! 

Le Figaro lui interroge l’écrivain David Diop, premier français et premier sénégalais aussi couronné du prestigieux Booker prize, pour son livre « Frères d’armes" sur les tirailleurs sénégalais, dont la traduction réalisée par la poétesse Anna Moschovakis, est titrée At Night All Blood is Black (« La nuit, tous les sangs sont noirs »), Marianne interroge le grand italien Sandro Veronesi qui aime tant Victor Hugo, de tout cela, on ne se fout pas...

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