Un homme blessé... Blessé d'apparaître comme un organisateur de coups tordus... Toute la journée de mardi, Dominique de Villepin s'est défendu... Dans une débauche d'efforts tous azimuts... Dans les médias, à l'Assemblée nationale, entre autres...Et voilà que, moins de 24 heures après cette auto-plaidoirie du Premier ministre, le journal "Le Monde" publie un document qui contredit ses affirmations. Ce sont des extraits de l'audition du général Rondot, l'homme-clé de cette affaire Clearstream... Où apparaissent des contradictions qui mettent Dominique de Villepin dans une position encore plus difficile. La première porte sur cette fameuse réunion du 9 janvier 2004. "Ce jour-là, affirme le Premier ministre, je ne me suis jamais intéressé à aucune liste mettant en cause des personnalités politiques"... Or, sur le procès-verbal publié par "Le Monde", le général Rondot affirme le contraire. Deuxième contradiction : Dominique de Villepin affirme qu'il n'a été informé de l'existence de listes de personnalités politiques qu'à l'été 2004, "comme tout le monde". Or, selon l'officier de renseignement, ce fameux 9 janvier 2004, plusieurs personnalités de droite et de gauche figuraient bien sur le listing, et le nom de Nicolas Sarkozy a bel et bien été évoqué lors de cette réunion. Troisième contradiction : le Premier ministre affirme qu'il n'y a jamais eu d'enquête sur le président de l'UMP... Or, aux juges, Rondot explique avoir reçu l'instruction de vérifier la validité de la liste, pour savoir si, oui ou non, des personnalités qui étaient citées possédaient un compte Cleastream. Cela dit, note "Le Figaro", sur ce point, les déclarations du général Rondot sèment le trouble, parce que, dans le même journal, mardi, Rondot affirmait que jamais Dominique de Villepin ne lui avait demandé de s'intéresser aux politiques. Déclarations à géométrie variable ou non, de la part de l'agent secret... Elles détruisent la défense du Premier ministre, estime "Libération", qui titre : "Villepin : mensonge flagrant". De son côté, "Le Parisien" titre sur "les deux fautes de Villepin". Deux questions, en fait. D'abord : pourquoi, dès qu'il a eu connaissance, en janvier 2004, des comptes suspects... Pourquoi n'a-t-il pas immédiatement saisi la justice ? N'était-ce pas à un juge, plutôt qu'à un agent secret, de mener l'enquête ?, note "Le Parisien". Deuxième question : pourquoi ni le Premier ministre ni sa ministre de la Défense n'ont-ils jamais cherché à arrêter la manipulation, puisqu'ils savaient, dès avril 2004, que les comptes Clearstream étaient manipulés ? Un silence hautement suspect, commente Laurent Valdigué dans "Le Parisien", qui, au passage, publie un sondage intitulé "Les Français désorientés"... Enquête CSA qui nous apprend que 43% estiment que l'affaire est grave... Un tiers des personnes interrogées souhaitent une démission de Villepin... En revanche, les deux-tiers des Français ne sont pas favorables à une Présidentielle anticipée. Mais revenons aux extraits publiés par le journal "Le Monde", il y a aussi la place qu'occupe Jacques Chirac dans cette affaire... Enfin, la place présumée... Si l'on en croit Rondot, le Président se trouve effectivement en première ligne car, selon son récit... Lorsque Dominique de Villepin lui confie une enquête sur Clearstream, il lui est fait part des instructions qu'il a reçues du chef de l'Etat. D'où ce commentaire de "Libération" : si le Premier ministre est rattrapé aujourd'hui par cette sombre histoire en cours, c'est à son titre d'exécuteur préféré du chef de l'Etat qu'il le doit. En tout cas, dans sa chute, écrit Roger Antech, du "Midi Libre" : Villepin entraîne Chirac, qui, de démentis pathétiques en soutiens éperdus, joue les boucliers humains pour sauver son Premier ministre... Autant Raffarin était armure, Villepin n'est que boulet, conclut notre confrère. Et puis il y a la personnalité du Premier ministre... C'est elle qui est à l'origine de sa chute, estime Jacques Julliard dans "Le Nouvel Obs"... A savoir... Un sentiment trompeur de toute-puissance, l'excès de confiance, la griserie du hussard. "Le Nouvel Obs" qui, comme les autres grands news magazines, fait sa Une sur l'affaire Clearstream... "Qui a voulu torpiller Sarkozy ? Enquête sur une machination", titre ainsi "L'Express", qui publie le visage du président de l'UMP dans une cible... Alors que sur la Une du "Point", c'est celui de Dominique de Villepin qui est affiché, l'air sombre et grave, sous le titre : "Le spectre du Watergate". Comme le dit Franz-Olivier Giesbert, directeur du "Point" : "L'Histoire repasse volontiers les plats, fussent-ils faisandés. Avec l'affaire Clearstream, on dirait que la France est en train de revivre le scandale qui fit tomber Nixon en 74, avec la même atmosphère glauque et crapoteuse, les mêmes méthodes de basse police... Les mêmes personnages aussi. Et en l'occurrence, c'est le général Rondot qui joue le rôle de "Gorge profonde", l'agent du FBI qui renseignait Woodward et Bernstein, les journalistes du "Washington Post". Et puis, sur le fond de l'affaire, cette phrase assassine de Giesbert, auteur du livre retentissant intitulé : "L'Agonie d'un Président"... Un ouvrage qui fourmille de révélations... Cette phrase, c'est celle-ci : "Peut-il certifier, Dominique de Villepin, qu'il n'a jamais dit à l'auteur de ces lignes (Giesbert donc) ni à personne... Peut-il certifier qu'il n'a jamais dit, à la mi-juillet 2004, alors même que le bidonnage était établi : 'Sarkozy ? C'est fini... Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là". Alors autant vous dire que tous les journaux, ce matin, sauf "L'Humanité", font leur Une sur l'affaire Clearstream... Ce que le Premier ministre appelle "le feuilleton de presse"... Oui, mais s'il y a acharnement médiatique, c'est aussi parce qu'il y a entêtement politique, rétorque Jacques Camus dans "La République du Centre". Feuilleton de presse ?... Il faudra d'autres arguments au Premier ministre pour prouver sa bonne foi, reprend Bernard Revel dans "L'Indépendant du Midi". Il faudra d'autres arguments à Dominique de Villepin pour prouver sa bonne foi... Et puis, de toute façon, il ne suffit pas de qualifier des informations de "feuilleton" pour qu'elles se fassent... Ce ne sont pas les journaux qui portent atteinte à la démocratie française, mais ses plus hauts responsables, s'ils se livrent, comme cela semble se confirmer, à de sombres complots, ajoute Revel. D'où cette supplique de Jean-François Montémont, dans "Le Courrier Picard" : "Quand cessera cette comédie du pouvoir, qui abaisse la République et ridiculise ses serviteurs ?" Ce qui inspire à Patrick Fluckiger, dans le journal "L'Alsace", cette conclusion, au goût très amer : "Ne nous étonnons pas que la France soit la risée de l'Europe... Entre Sarkozy, vierge effarouchée, et Villepin, sainte-nitouche... Notre pays a bonne mine". Attention : ce livre est dangereux. C'est un ouvrage intitulé "Kamasutra arabe", écrit par l'anthropologue Malek Chebel, grand connaisseur de l'islam, qui a eu le courage de publier ce travail qui exume de la clandestinité, voire de l'oubli, les grands textes de l'érotisme arabe. "Scandale !", écrit "Le Point" : ce livre parle de passion et de désir... On y chante le plaisir des sens et le bonheur d'aimer... Bref, une sensualité jubilatoire, scandaleuse par essence quand les fatwas de l'intégrisme musulman s'attachent à nier le corps. Rappelons, par exemple, que de très sérieux professeurs d'Al-Azar, la plus prestigieuse université de l'islam, viennent d'interdire de faire l'amour nu, sous peine d'invalider le mariage. "Tartuffe est toujours vert, mais connaît mal ses lettres", leur rétorque Malek Chebel, qui accorde une interview au "Point", dans laquelle il précise que l'islam aime la chair, l'amour et les femmes... D'ailleurs, la sexualité est un fait reconnu par le Coran et par la tradition, qui expriment à divers endroits, et sans pudibonderie, la passion, et même la furie amoureuse... Mahomet le disait lui-même : "J'ai aimé de ce monde les femmes, les parfums et la prière". Construit comme une montée en orgasme, note de son côté "Le Nouvel Obs", le nouvel ouvrage de Malek Chebel devrait faire grincer quelques dents parmi la phallocratie arabe. Oui, c'est "Le Parisien" qui nous la révèle... Il s'agit du Teknival, endeuillé par la mort de deux personnes... Overdoses... Une "teuf" qui s'est soldée aussi par l'arrestation de 44 personnes, la découverte de deux réseaux de traficants de drogue, et la saisie de 10 kilos de cannabis, 2 kilos de cocaïne et 6.000 cachets d'ecstasy. Mais au-delà de ces prises de drogue, les hommes chargés de nettoyer la zone ont fait une incroyable découverte : dans les alentours du Teknival et dans des bennes à ordures, ils ont retrouvé les corps d'une quinzaine de chiens. En fait, il s'agit d'animaux amenés par des dealers qui, pour éviter les fouilles et les contrôles, leur aurait fait avaler de la drogue. Plus sordide encore : certains chiens ont ensuite été retrouvés éventrés... Pour récupérer la drogue, bien sûr. Voilà. On va terminer par un sourire... On finit souvent par des sourires... Une espèce de tradition, mais pour le coup l'actualité s'y prête... Il se trouve que dimanche, ce sera la Journée internationale du rire, célébrée par les rieurs du monde entier... Etonnante manifestation, qui pousse le grand public à se gausser sans raison, mais pour la bonne cause, autrement dit trouver le bien-être grâce aux vertus d'un rire franc et sain... Et massif, si vous voulez aussi. D'ailleurs, dès aujourd'hui, des stages de formation sont dispensés, dans diverses disciplines... Des débats également sont organisés, ainsi qu'une expo à Paris... Mais le point d'orgue, ce sera le concours du plus grand éclat de rire de France, dimanche à 15 heures, Place du Trocadéro, en face de la tour Eiffel... C'est vrai que la voir juste en face de soi, la tour Eiffel, c'est irrésistible... Elle est tellement drôle, la tour Eiffel, que c'est probablement pour cette raison évidente que les organisateurs de cette Journée du rire ont choisi ce site. Bonne journée... A demain.

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