C'est l'histoire d'un mec... Il a quelques kilos en trop. Rien de dramatique, mais tout de même : de l'embonpoint. Son voisin, lui, est carrément obèse, et il commence un régime drastique. Alors le mec regarde comment ça se passe chez le voisin, et se demande s'il est bien utile de faire tant de sacrifices... Le mec, c'est un peu la presse, ce matin, qui regarde la Grèce... Le plan d'aide internationale est validé, mais il s'accompagne de mesures d'austérité de chez austérité... Témoignage dans La Croix... Une enseignante, au nom bien grec : Malamatenia. Elle touche 1120 € par mois. Depuis mars, on lui a déjà retiré un bonus. On va maintenant lui retirer une alloc. Bilan des courses : moins de 1000 € par mois. "Ca ne va pas être possible, dit-elle. Ce n'est pas moi qui ai vidé les caisses de l'Etat. Pourquoi devrais-je les remplir". Voilà, le régime a commencé. La ceinture est serrée très fort. (Nicolas Demorand : "Que se passe-t-il quelques mois ou quelques années après le régime ?")... C'est toujours dans La Croix. Le journal se penche sur trois pays qui ont connu des plans de rigueur drastiques... En Islande, le sentiment est celui d'un retour à une vie normale après des années d'excès. Mais tout de même, beaucoup de gens sont en colère et cherchent des coupables. En Hongrie, ces gens en colère se sont lâchés lors des dernières élections : l'extrême-droite est entrée pour la première fois au Parlement. En Argentine, on se souvient de cette année 2001 où des gens fouillaient les poubelles pour vendre ce qu'ils pouvaient y trouver. Aujourd'hui, l'Argentine est l'un des pays émergents les plus dynamiques. Mais on a gardé de manière très vive le souvenir de la crise et de l'austérité. "Les sociétés ont la mémoire longue", dit un universitaire. Cette histoire grecque restera pendant des décennies, et l'Europe n'y tiendra pas le beau rôle. "Grèce : qui va payer ?", se demande La Tribune, qui redoute une crise sociale dans le pays. Réponse sur Mediapart.fr : "Le plan d'austérité fait reposer l'essentiel des efforts sur les salariés et sur le démantèlement des règles sociales. C'est un plan socialement injuste et économiquement dangereux. Il risque de plonger le pays dans une récession prolongée. Pour les banques, cela rapportera encore plus, car ce sont elles qui vont prêter aux Etats de la zone euro qui vont aider la Grèce". Autre écho, dans Le Figaro... Renaud Girard donne la parole à des Grecs qui se réjouissent plutôt. Un banquier, justement. Pour lui, le plan d'austérité est une bénédiction : il va obliger l'Etat à réaliser les indispensables réformes structurelles. "Car la Grèce, dit-il, c'est une copie de la France en pire : des lois pour tout, des avantages inouïs aux salariés du secteur public, des minorités syndicales capables de prendre en otage les monopoles d'Etat, et une fonction publique hypertrophiée". Quel que soit le regard que l'on porte sur le voisin grec, la comparaison avec la France est au détour de presque tous les articles. De l'austérité en Grèce à la réforme des retraites et au déficit en France, dans La Croix, le sociologue Alain Touraine jette un pont : "Il n'y a pas de sacrifices possibles sans conscience de leur justice". Enfin, sur Slate.fr, Eric Le Boucher désigne les vainqueurs de la crise en Grèce : les marchés financiers... "Ce sont eux qui ont mis la pression sur les Etats européens pour qu'ils interviennent auprès d'Athènes. Au-delà de la Grèce, la crise est venue, il y a deux ans, des excès des marchés. L'Etat, disait-on, devait revenir réguler ces marchés. Aujourd'hui, voilà le paradoxe : les politiques auraient dû reprendre le pouvoir ; ils sont en train de le perdre". (ND : "Après la Grèce, le Grenelle... Grenelle de l'Environnement")... "Est-ce qu'on peut devenir écolo et garder le sourire ?"... C'est la question du mois, dans le magazine Terra Eco. Récits d'expériences, conseils pratiques et interview de philosophe : Terra Eco met le paquet. Et dans l'édito qui ouvre ce dossier, le mensuel prévient que l'écologie, c'est un peu plus douloureux que remplir un Caddie de yaourts bio. Au début, ça peut faire mal, mais ensuite, nous promet Terra Eco, ça devient addictif. Alors le gouvernement est-il camé au vert ? A lire la presse, ce matin, à l'heure du Grenelle II, on a plutôt le sentiment qu'il est en phase de descente... "Vents contraires sur le Grenelle", titre Sud-Ouest. "Le climat s'est refroidi", confirme Le Figaro. Depuis 2007, comment a évolué l'enthousiasme écolo de l'Elysée ? C'est le dossier de Libération, sous le titre : "Les salades de Sarkozy". Libé reconnaît tout de même que le bilan du Grenelle est loin d'être insignifiant : le bonus-malus écolo sur les voitures neuves ; les prêts à taux zéro pour les maisons moins voraces en énergie ; * les réseaux de transports en commun. Tout cela n'est pas rien. En 2007, à la surprise générale, la mayonnaise Grenelle a pris. "C'était un processus unique de démocratie participative, dit le député Verts Yves Cochet. Mais il faut distinguer ce qui a été un processus innovant de ce qui est mis en oeuvre aujourd'hui". Libé relève cinq éco-dossiers plantés ou en friche. Le plus emblématique étant la fiscalité et la taxe carbone reportées aux calendes grecques. Pour Laurent Joffrin, c'était écrit d'avance, car l'écologie de droite a quelque chose d'un oxymore, d'une contradiction dans les termes. "Le souci environnemental est une forme de socialisme appliqué à la nature : plus de régulation, plus d'Etat, plus de taxes. C'est tout le contraire du fond libéral, qui reste la référence de l'action sarkozyenne". Protection de l'environnement et développement économique... Peut-on concilier les deux ? Changement d'horizon : direction la Louisiane, dans Le Figaro... Récit de Laure Mandeville, sur "les 'noces noires' de la Louisiane et du pétrole". Même en pleine marée noire, les pêcheurs se précipitent aux cours que leur propose BP pour apprendre à nettoyer le pétrole qui souille leur région. "Dans cette région des bayous, pétrole et pêche cohabitent comme un vieux couple. L'Etat de Louisiane est marié depuis des décennies au pétrole et à ses revenus. Dans les familles de marins, il est courant que l'on vive à la fois de la pêche et de l'or noir. Ici, on pense pétrole, on mange pétrole, on est pétrole". Alors, malgré la catastrophe, on vit avec cette contradiction. "Personne n'imagine remettre en cause le forage en mer. L'industrie pétrolière a été trop généreuse pour nous. Même la marée noire ne changera pas cela". (ND : "Les autres Unes de la presse")... Le volcan islandais va-t-il à nouveau faire des siennes ? C'est la Une du Figaro : "Nouvelle menace sur le ciel européen"... L'Irlande ferme une partie de son ciel. La France, de son côté, évalue les risques. "Armes nucléaires : il faut éliminer !"... C'est la Une de L'Humanité, alors que s'est ouverte hier la Conférence de suivi du Traité de non-prolifération. Des visages de jeunes femmes, et un titre à la Une du Parisien-Aujourd'hui : "Disparues"... Elles sont des centaines, chaque année, à se volatiliser. Presque toutes sont retrouvées ou retournent chez elles. Pour les autres, l'énigme reste entière. Enlèvement, meurtre, suicide ou fuite volontaire. Dans les colonnes du Parisien, un gendarme rappelle que le droit à disparaître est une liberté fondamentale. Mais des critères permettent de définir une disparition inquiétante et de lancer des moyens d'enquête. Et puis joli printemps pour le football dans le sud... L'OM se prépare à être sacré champion de France de foot. Ce sera peut-être demain soir. C'est la Une de L'Equipe. Et en page intérieure, un autre club rêve de succès : celui d'Arles-Avignon... Il est en Ligue 2, mais très proche de la montée en Ligue 1. Ce serait un sacré exploit. Car ses moyens sont ceux d'un club amateur. L'intendant raconte qu'après un match, il fait les lessives chez lui, dans sa machine : elle tourne toute la nuit. Son métier de base, c'est menuisier. Alors, à ses heures perdues, il a fabriqué les placards du vestiaire. Si Arles-Avignon accède à l'élite, le premier problème à régler sera celui du stade : il n'est pas aux normes pour le Championnat de Ligue 1. Bonne journée...

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