Patrick Cohen : Dans la presse aujourd'hui, des images floues... Bruno Duvic : C'est l'histoire d'une boîte mail et d'une messagerie de portable qui saturent. Ils appartiennent à Anne Sinclair. Et c'est étonnant, plus son mari grimpe dans les sondages, plus ses amis se rappellent à elle. Anecdote, entrefilet dans L'Express et petit signe de plus qu'une candidature DSK se prépare. La presse la considère comme quasiment certaine désormais. Patrick Cohen : A l'heure où l'homme du FMI laisse ses proches préparer son entrée en scène, l'hebdomadaire Télérama pose une question : Bruno Duvic : "Peuple de gauche es-tu là ?". C'est quoi le peuple de gauche ? Avant, c'était facile... Lors des meetings socialistes de la grande fédération du Nord, les gens venaient en famille manger une saucisse-frite et partager une forte tradition militante. Mais le peuple de gauche ne vote plus vraiment, il n'entend plus la gauche... Il faut comprendre que ce ne sont pas les programmes politiques qui entrent dans les foyers mais la télé. La politique se mélange avec le divertissement et la télé déverse du Eric Zémour... Difficile de lutter comme ça ! Celui qui tient ce discours dans Télérama s'appelle Mehdi Massrour, c'est un jeune élu PS de Roubaix. Peuple de gauche es-tu là ? Mais oui, répond Valérie Pringuez, élue Front de gauche dans la même région... "Il y a une réserve considérable, mais il faut savoir dialoguer avec ce peuple... le convaincre grâce à des élus qui ont encore le pied dans l'entreprise". Des élus qui sachent quoi répondre, par exemple, à des femmes travaillant à temps partiel, subissant les contrats en cascade, remplaçant parfois des agents de maîtrise tout en gardant leur salaire de vendeuse. Et il faut leur parler avec des termes simples... pas du jargon politicien qui tourne à vide. Dans l'article de fond qui accompagne ce reportage, Télérama résume les difficultés que devra affronter le candidat du PS en particulier. Mettre fin aux soupçons réciproques entre les deux catégories qui l'ont hissé au pouvoir en 81, les classes défavorisées et les professions intellectuelles. En termes d'aujourd'hui, les ouvriers et les BoBo. Pas facile de satisfaire en même temps les ouvriers qui veulent fermer les frontières pour sauver leurs emplois, les fonctionnaires qui veulent préserver leur statut et les cadres qui souhaitent un enseignement supérieur de qualité. Patrick Cohen : Chacun cherche son peuple... Bruno Duvic : Télérama rappelle encore qu'en 2007, Nicolas Sarkozy avait recueilli 50% des votes ouvriers. Le président de la République accorde une longue interview à L'Express aujourd'hui... et du débat sur l'identité à la prime aux salariés, en passant par la fermeture provisoire des frontières, il assume tout. L'un des passages clé de cette interview, c'est une question de L'Express sur la poussée du populisme. Plutôt que de dire : c'est immoral, c'est laid, le populisme... confortablement installé dans le sentiment d'appartenance à une élite si arrogante, comprenons ses craintes ». Le chef de l'Etat fait une très courte citation de Lévi-Strauss : "l'identité n'est pas une pathologie"... Cette phrase, dit-il, c'est la clé. Alors, oui, réforme de Schengen : "Si un pays européen ne peut garder ses frontières, la question de la suspension provisoire de Schengen doit être posée". Posée aussi, la question de la limitation de l'immigration légale. Pour le président, c'est du bon sens : "Avec nos difficultés à fournir un travail à tous nos nationaux et un chômage à 23% pour les étrangers non communautaires". Sur la prime pour les salariés dans les entreprises de plus de 50 personnes, elle sera exonérée de charges sociales jusqu'à hauteur de 1.200 euros. Salaire ou emploi : faut-il choisir ? C'est l'une des questions du jour dans la presse. "Salaire-emploi : casse-tête pour 2012", titre La Tribune. Et Le Monde reprend les propositions du conseil d'analyse économique : "Réduire salaires et temps de travail de façon transitoire, pour sauver l'emploi". Les auteurs suggèrent de lancer des négociations entre organisations patronales et syndicales. Salaire-emploi : casse-tête pour 2012... Comme celle de Dominique Strauss-Kahn, la candidature de Nicolas Sarkozy ne fait plus grand doute à lire la presse. Quand L'Express reprend l'expression d'Alain Juppé : "Secret de Polichinelle", le chef de l'Etat répond : "Alain Juppé est un homme crédible qui dit des choses justes, mais je suis le dernier à pouvoir exprimer quelque désir que ce soit quant à la prochaine élection". Patrick Cohen : Un homme a marqué des points avant l'élection de 2012... C'est Barack Obama... Bruno Duvic : "Il sort grandi du raid contre Ben Laden", écrit Chantal Didier dans L'Est-Républicain... A l'ancien leader d'Al-Qaïda, il a dit : "Yes, tu canes", titre Le Canard Enchainé. Charlie Hebdo, de son côté, entretient la rumeur : "Ben Laden est vivant !". A la Une, portrait du terroriste en costume d'Elvis Presley. La mort de Ben Laden et ses conséquences, c'est encore le sujet à la Une de beaucoup de journaux : Le Figaro, L'Humanité, Le Monde, France-Soir. Dans un entretien à Time-Magazine, le patron de la CIA, Leon Panetta, confirme à quel point les Américains se méfiaient des Pakistanais avant cette opération. "Ils n'ont pas été prévenus parce qu'ils auraient pu faire rater l'opération en organisant des fuites'. Le New-York Times relève de son côté que la mort de Ben Laden relance le débat sur l'utilisation de la torture ou au moins de méthodes d'interrogatoires musclés. Un des prisonniers des Américains qui les a mené sur la piste de Ben Laden avait fait l'objet "d'interrogatoires poussés", pour employer un euphémisme. Et l'ancien ministre de la Justice de George Bush ne s'est pas privé de le faire savoir. En substance, "bravo au président Obama, mais il doit aussi ce succès aux décisions difficiles prises par l'Administration Bush". Patrick Cohen : Quoi d'autre dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : La pression de plus en plus forte sur Laurent Blanc et la fédération de foot dans l'affaire des quotas. Parmi les derniers à s'exprimer, Yannick Noah sur le site "Mediapart". "Est-ce qu'il faut renvoyer ceux qui ont cautionné ? lui demande "Mediapart". "Il faut tous les renvoyer, mais je préfèrerais un vrai débat de fond. Quand Laurent Blanc dit : les blacks, ils courent plus vite parce qu'ils sont plus costauds, c'est vraiment troublant. Je suis persuadé que si je me retrouve à une table avec Laurent et qu'on a une conversation, en dix minutes, il change d'avis". La vie à crédit de Johnny Hallyday... Alors que Le Parisien-Aujourd'hui-en-France confirme l'échec commercial de son dernier album, dans les Inrockuptibles cette semaine, portrait de la rock-star en panier percé... c'est peu de le dire ! L'ancien conseiller fiscal estime son train de vie entre 200 et 400.000 euros mensuel. Quelques exemples de cette folie. Un beau matin, au début des années 90, Johnny voit débouler un copain dans une Ferrari Testa rosa. Jaloux, il achète la même l'après-midi ! Les Inrocks racontent encore comment sa maison de disques lui a avancé 35 millions de francs en 96, parce qu'il voulait un nouveau yacht. En échange, il a signé une prolongation de contrat de deux ans. Difficile à croire, mais le chanteur a passé une grande partie de sa carrière dans un état de dépendance financière, et aujourd'hui, plus que jamais. La tournée 2012 est donc cruciale à bien des égards ! Souhaitons que le peuple de droite ou de gauche donne ses suffrages au moins à ce candidat-là !

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