La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence avec un nouveau candidat en campagne, parait-il ?

« Hollande redécouvre son électorat » titre la Provence…Et pour tous vos quotidiens ce matin, ça ne fait pas de doute, « l’histoire retiendra peut-être que c’est au théâtre du Rond Point hier, que François Hollande est entré en campagne pour sa réélection » écrit le Figaro. François Xavier Bourmeaud s’amusant de ce lieu, le «rond point » pour noter que 4 ans après son élection, François Hollande est revenu à son point de départ : candidat de gauche contre la droite. C’est le message principal que le Figaro retient du discours d’hier, « il sait qu’il est trop tard pour se construire un bilan crédible, alors à la gauche qui doute, hollande dit juste ; ce sera encore pire avec la droite » écrit Guillaume Tabard, « une sorte de remake du slogan de 86, au secours la droite revient », qui d’ailleurs n’avait pas suffi rappelle l’éditorialiste

« A gauche toute » pour le Midi Libre, Libération et donc le Figaro, tous raccord ce matin sur le sens giratoire pris par la président : « François Hollande tourne à gauche au Rond point » dit Libé, ce dont se félicite Laurent Joffrin, « il était temps s’exclame le patron du quotidien, finie la triangulation, il s’agit de renouer avec sa base,…alors, certes rien de spectaculaire comme réformes de gauche à défendre, mais enfin, une myriade de changements modestes qui finissent par composer, sinon une politique enthousiasmante, du moins une panoplie d’avancées utiles » écrit Joffrin…qui se demande quand même si ce sera suffisant. L’Humanité forcément regarde ça d’un œil fort sceptique « de là haut, Hollande voit la vie en rose », dit le journal qui parle « d’inventaire fantasmé de son action, et de bilan enjolivé », quand les Echos insiste sur la symbolique du jour choisi, date anniversaire des 80 ans du Front populaire et des 35 ans de l’accession au pouvoir de Mitterrand, qui a permis à Hollande de s’inscrire dans la lignée de ses prédécesseurs de gauche, pour tordre le coup au procès en trahison instruit par une partie de son camp. Enfin, on apprend dans la Croix, qu’au délà de la défense du hollandisme, défini comme une « politique de compromis et de constance réformatrice », le président a surtout surpris Bercy, en annonçant une baisse d’impôt pour les plus modestes, gages évidemment à sa gauche, mais pas forcément prévu au programme

Hollande candidat, c’est fait donc…

Et coïncidence peut-être, mais il se trouve que Julie Gayet est à la Une de Paris Match, « Julie Gayet aux marches du Palais », la journaliste Pauline Delassus lui consacre un livre enquête, son titre « Mademoiselle ». Elle y décrit la compagne de l’ombre du président comme une femme d’influence, c’est même elle, écrit elle, qui lui aurait soufflé le nom de Myriam EL Khomri, et qui pourrait bien être au final la dernière arme politique d’un président en mal de popularité. « elle a été le soutien de François Hollande aux heures les plus violentes. Il ne lui manque plus que le cœur des électeurs. Un second mandat serait aussi le sien » . 2 pour le prix d’un donc.

Une confusion public/privé qui ne sera sans doute pas du goût de Mazarine Pingeot…Interrogée dans L’Opinion, sur son dernier ouvrage « la dictature de la transparence », la philosophe, fille de François Mitterrand réclame l’étanchéité entre vie publique et vie privée, estime que « profondeur et transparence sont ennemies », et que cette exigence transformée en dogme met aujourd’hui en péril notre « système démocratique ». Dézingage en règle aussi des « vrais français », ces invités désormais obligatoires des émissions de télé présidentielles. « mais pourquoi le président répond il à quelqu’un de particulier ? lui doit s’occuper de la France s’exclame t elle. Ce n’est pas de la politique, c’est de la charité »

En tout cas le dialogue mi avril sur France 2 entre François Hollande et l’un de ces citoyens, une mère dont le fils est mort en Syrie connait un rebondissement. Vous vous souvenez que le président avait affirmé à tort, que l’imam de Brest était poursuivi par la justice pour ses propos sur la musique ou le statut des femmes. C’était faux donc. Mais le Télégramme de Brest nous apprend ce matin que hasard du calendrier ou non, une semaine plus tard, soit le 21 avril, une enquête préliminaire a bien été ouverte contre cet imam. Sous l’angle financier cette fois. En scrutant son activité économique, les enquêteurs cherchent à passer au crible tout ce qui a trait à son train de vie, à éventuelles dissimulations d’actifs ou fraudes fiscales pour éventuellement pouvoir finalement effectivement « l’inquiéter »

Information du Canard Enchaine ce matin Hélène…les services de renseignements seraient saisis de fièvre acheteuse

My Name is Bond, James Bond. Oui, c’est une frénésie de gadgets façon James Bond qui a saisi les forces de l’ordre, selon le Palmypède, le gouvernement vient de passer commande de plus de 5000 mini cameras sophistiquées pour équiper la DGSI et autres services sensibles. Et l’inventaire de ces gadgets est assez drôle, même si l’on ne doute pas qu’ils soient fort utiles : L’intérieur venait déjà de s’offrir des caméras miniatures à planquer dans des sièges bébés parait il, nouvelle commande cette fois entre autre de 275 caméras à camoufler dans des briquets, smartphones, paquet de mouchoirs…mais les policiers des champs ne sont pas en reste. Pour leur permettre parait il de traquer les délinquants en milieu rural, ils vont bénéficier de 179 caméras enfouissables, seul l’objectif dépassera de 20 cm de la terre, soit la taille d’une tige de pissenlit, qu’on pourra télécommander à distance pour l’orienter…en profane, on a du mal à saisir quel délinquant on pistera dans les labours. Mais plus sérieusement, le Canard enchainé souligne que cette boulimie de babioles électroniques pose un léger problème. Jusque là, ces formes d’espionnage, exceptionnelles étaient placées sous le contrôle d’une commission indépendante ou de magistrats. Là vu l’ampleur de la commande, ça ne va plus être vraiment le cas

Et puis caméras toujours, celles-là n’étaient pas miniatures : celles que la direction d’Air France a fait installer la veille même du fameux CCE en octobre dernier, resté célèbre comme celui du « jour de la chemise », ces caméras laissent penser que la direction aurait anticipé d’éventuels dérapages, et aurait anticipé les éventuels avantages qu’elle aurait pu tirer de ces dérapages. Enquête fouillée de Geoffroy le Guilcher à retrouver sur le site Lesjours, où il apparait selon un document de l’inspection du travail — que se sont procuré Les Jours —que l’employeur a contribué « à instaurer un climat de défiance propice à la confrontation ». Sur la base de cette argumentation, un des syndicalistes CGT licenciés a d’ailleurs eu gain de cause en première instance, mais la direction a déposé un recours. Nouveau procès le 27 mai

On termine hélène par le scandale des Panama Papers…

Et la réaction d’un homme mis en cause au moment des révélations, pedro Almodovar dont le nom a été cité pour avoir détenu au début des années 90 une société offshore. Très vite, son frère qui gérait ses affaires avait reconnu « une erreur ». Mais pour la première fois donc dans Télérama ce matin le cinéaste espagnol s’en explique : « ca a été épouvantable raconte t il…du jour au lendemain, je me suis retrouvé dans une sorte de reality show cruel. Un cauchemar. Je ne savais rien de tout ce qui a été révélé, mon frère effectivement s’occupait de tout, mais je partage la responsabilité de la faute ». Responsabilité morale assume t il, moi le citoyen de gauche qui ai en horreur ces sociétés off-shore qui sont un fléau, à l’origine de la grande crise que connait l’Espagne, qui s’attaque aux plus démunis et finance même le terrorisme. Alors oui, ce fut horrible de voir mon nom apparaitre. Mais c’est très bien qu’il y ait des listes comme celle de Panama Papers conclut il. Pas rancunier, et obstinément de gauche Almodovar

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.