Retour évidemment sur le débat d’hier soir entre les 2 candidats. Débat Macron/le Pen : qu'en retenir ?

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

Retour évidemment sur le débat d’hier soir entre les 2 candidats

« Faut reconnaître, c’était du « brutal » pour paraphraser les Tontons flingueurs, la presse étrangère elle-même a du mal à s’en remettre. Adam Nossiter à la Une du New York Times s’étonne du ton de ce débat qui « avait tout, écrit il d’un show télé à l’américaine, assez loin des discussions raisonnables auxquelles les français sont habitués », quand Richard Werly pour le quotidien Suisse Le Temps, la suisse qui ne connait pas ce type d’affrontement présidentiel, en souligne le « goût amer, démagogie contre raisonnement, dit il, un duel dangereux au final pour la démocratie, qui a montré la république française telle qu’elle est, fracturée ».

La presse souligne également la brutalité inédite de ce face à face. « Le plus violent de la longue histoire des élections présidentielles écrit Paul Henri du Limbert dans le Figaro. Tout fut fracassant, fulminant et pour tout dire un peu navrant ». Marine le Pen est largement ciblée comme responsable de que beaucoup considère comme un pugilat. « Dramatiquement floue sur le financement de ses promesses, poursuit le même éditorialiste, franchement abracadabrante sur l’euro et l’europe ».

« Basse du front » titre Libération ce matin pour qualifier son intervention, « franchement elle n’est pas au niveau » tranche son directeur Laurent Joffrin.

Même sur la Taverne des patriotes, le forum des pro FN sur Discord, la prestation de la candidate est très moyennent appréciée, nous raconte le Huffington post ce matin : "Vivement que ça passe à autre chose que l'économie, elle morfle là", juge un intervenant: "Faut se l'avouer, Marine se ridiculise".

Marine le Pen, candidate de l’indignation et de l’imprécision, mais pire, pour Mediapart « elle a endossé hier le costume du premier troll de France » .Mathieu Magnaudeix et Marine Turchi jugent qu’en « alternant insinuations, contrevérités et formules chocs, la candidate du FN a trumpisé le débat, sans chercher à dérouler une quelconque vision ». «Mais paradoxalement disent ils aussi, ses outrances évitent à Emmanuel Macron d’avoir à répondre précisément sur certains points durs de son projet, comme la réforme du code du travail par ordonnances ou la réforme de l’ISF »

Arbitrage du match ? Aux électeurs d’en décider évidemment, mais plus de contrevérités à mettre au débit de la candidate FN : les Décodeurs du Monde qui ont travaillé comme des bêtes hier soir, « la machine à décoder vient de sauter toute seule par la fenêtre du 5ème étage » a twitté l’un d’eux dans la soirée Samuel Laurent, pointent 19 intox pour Marine le Pen, et une erreur et une approximation pour vous Emmanuel Macron , notamment sur les 20% d’écoliers qui ne sauraient pas lire en CM2 avez-vous dit. Pas tout à fait vrai.

Reste l’arrière-goût laissé par ce spectacle : « On regarde ça, on se sent un peu dégoûtés, comme quand on regarde une téléréalité un peu crade, comme salis. Fallait pas l’inviter dans la télé, Marine Le Pen. » concluent pour le site les Jours, Raphael Garrigos et isabelle Roberts à la fin de ce qu’ils qualifient de « débat de l’extrême »

Au lendemain de ce débat, tout reste à faire

C’est Yves Harté dans Sud Ouest qui le souligne : « si ce terrible affrontement était haletant et insoutenable, c’est qu’il disait aussi toute la violence de notre époque, il résumait, cet immense fossé qui aujourd’hui tranche la France en 2. C’est pourtant cette faille que l’on devinait s’agrandir hier soir que le vainqueur de dimanche devra s’efforcer de combler »

Dans les Echos, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglietz qui parie sur votre victoire Emmanuel Macron n’en démord pas : « les défenseurs de la mondialisation ne devront pas sabler le champagne pour autant prévient il. si les démocraties libérales maintiennent le statu quo, ceux des travailleurs qui sont victimes de la mondialisation, continueront à se sentier marginalisés et imagineront que Trump, le Pen chez nous, les soutiennent. Il faut changer le capitalisme pour vaincre le populisme, prendre des mesures pour que les gagnants donnent des compensations aux perdants… » sauf à voire le populisme renaitre plus fort encore

Un président va être élu, un autre s’en va… également dans la presse ce matin

On ne compte plus les récits « des derniers jours de François Hollande », qui les aura en tout cas beaucoup passés avec les journalistes ! Un, encore sous la plume de jérôme Garçin dans l’Obs ce matin. On retiendra que le futur ex président a l’intention d’écrire un livre, son livre, pour expliquer dit il tout ce qu’il regrette de n’avoir pas assez expliqué, on retiendra surtout son « moi, contrairement à Nicolas Sarkozy, je ne renonce à rien, sous-entendu, pas question de quitter la vie politique. »

On termine en humant l’air de la Provence

Il se revendique « méchant », mais on a du mal à le croire, car cet homme est un acteur, sans doute l’un des plus grands, alors peut-être fait il semblant… David le Bailly , pour l’OBs, oui encore l’obs, est parti retrouver Jean Louis Trintignant dans ses vignes du Gard, avant que celui ne monte les marches de Cannes pour le nouveau film qu’il vient de tourner avec Haneke. Il confie d’ailleurs qu’il a tout fait pour y échapper, il déteste Cannes. Corps frêle, qui a ses meurtrissures, mais esprit alerte et tellement élégant, pour dire ses admirations, totale pour Depardieu, ses déceptions, Bertolucci qui manquait tellement de subtilité dit il, pour raconter sa vie à 86 ans, il est de gauche, et fume même de gauche s’amuse t il, avec ses cigarettes Che, revenir sur ses tristesses, sa famille, ma mère était un peu conne ose t il, mais surtout pour dire toutes ses envies encore intactes, il va enregistrer un disque à la maison de la radio prochainement, et rien que d’y penser, il se déleste d’une vingtaine d’années. C’est doux, intelligent, optimiste …Le débat pugilat ? déjà oublié !

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