Alors ce matin, c'est un peu comme s'il n'y avait qu'un seul sujet... Les patrons sont à la Une... "C'est la lutte finale", ironise Libération... "Le bras de fer entre la patronne du MEDEF, qui veut donner une meilleure image des entreprises, et les barons conservateurs de l'UIMM se durcit", constate le journal... "Sous la pression du MEDEF, l'UIMM congédie sa direction"... Les Echos précise encore : "Denis Gautier-Sauvagnac et Dominique de Calan quittent la fédération"... La Tribune rapporte, de son côté que "l'UIMM pose ses conditions", puisque la puissante fédération "refuse de remettre en cause les mandats qu'elle détient dans les organismes paritaires"... Alors voilà : en quelques titres, vous savez tout ou presque... Vous savez qu'hier, l'UIMM a fait, comme le dit Le Figaro, "le premier pas pour répondre aux exigences de Parisot"... Et ce premier pas, note Le Parisien-Aujourd'hui en France, ça a été de "lâcher Gautier-Sauvagnac"... Alors qu'apportent de plus vos journaux ce matin ?... Peut-être ces quelques réflexions... D'abord d'ordre général, dans la presse quotidienne régionale... "Revoir le montant de l'indemnité versée à Denis Gautier-Sauvagnac relève du service minimum... Réorganiser la direction générale de l'institution est un impératif de crédibilité qu'on nous présente comme une révolution interne... Il faut arrêter de prendre les salariés pour des demeurés", s'énerve Hervé Chabaud dans L'Union... Il y a aussi Olivier Picard, dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, qui juge "la colère de Laurence Parisot salutaire pour tout le pays... Que les chefs d'entreprise se rebiffent contre les moutons noirs qui entretiennent la caricature de ce qu'ils ne sont plus, pour la plupart, peut apporter un grand ballon d'oxygène indispensable pour réveiller un dialogue social moribond"... Alors justement, le climat social... La Tribune s'inquiète... "La bataille entre l'UIMM et le MEDEF pourrait compliquer et retarder les négociations sociales, notamment sur la formation et l'assurance-chômage"... Oui, c'est que "l'ARGIC et l'UNEDIC sont décapitées", note Le Figaro Economie... "Dominique de Calan et Michel de Virville ont démissionné... Ils n'auront été que des présidents éphémères des deux institutions paritaires"... Et puis il y a aussi la composante politique... Libération note : "Les leçons de morale de l'UMP"... Dans son éditorial, Didier Pourquery explique que "le gouvernement a besoin d'une organisation patronale moderne et sans reproche... d'où le soutien de l'UMP et du Premier ministre en personne à la croisade de Laurence Parisot... Reste à savoir, s'interroge l'éditorialiste, si la patronne des patrons réussira à aller jusqu'au bout de la transparence... Car la vraie question reste entière : qu'a financé exactement la caisse noire de la métallurgie ?"... "L'UMP soulagée par la réaction de Madame Parisot", constate également Le Monde... Il faut dire que les élections cantonales et le premier tour des élections municipales sont dimanche... "Ca, plus ça, plus ça, cela commence à faire beaucoup... Les gens ont décidément l'impression qu'il y a quelque chose de pourri", reconnaît un député-maire UMP en campagne... Alors, et maintenant ?... Eh bien maintenant, "des pistes pour améliorer la réputation du patronat"... Alors là, c'est La Croix qu'il faut lire... Le quotidien catholique reprend les propositions de Laurence Parisot : pour plus de quadragénaires et plus de femmes dans les instances dirigeantes de l'organisation patronale... Il faudrait aussi revoir la représentativité du MEDEF, de la CGPME, du Centre des Jeunes Dirigeants et des Chambres de Commerce : plus personne ne sait qui fait quoi... Il faudrait aussi mettre en avant l'immense majorité des deux millions de chefs d'entreprise français qui gagnent en moyenne 4.000 euros par mois et qui risquent régulièrement le dépôt de bilan... Alors dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, "des grands patrons qui soutiennent le MEDEF"... et donc Laurence Parisot... entre autres, l'interview de Jean-René Buisson, ancien DRH de Danone, président de l'Association nationale des Industries agroalimentaires... Lui, il demande à ce que toutes les branches du MEDEF publient leurs comptes... La transparence est le seul moyen de lever le soupçon, explique-t-il... Lever le soupçon... Il faut dire qu'il n'y a pas trop le choix... Parce que, à côté de la France des patrons, dans vos journaux... il y a aussi la France des salariés... ou des ex-salariés... L'Humanité met ainsi en avant "l'exaspération des Lenoir-et-Mernier"... Cette entreprise de la Meuse est en liquidation judiciaire depuis le début du mois, suite aux malversations d'un patron-voyou... un patron adhérent de l'UIMM... C'est donc vers cette instance qu'ils se tournent pour demander une indemnisation... Hier, ils ont une nouvelle fois manifesté contre le refus de l'organisation patronale de les prendre en compte... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... retour à Romorantin... "Cinq ans après la fermeture, les Matra sont toujours amers"... 30% des 3.000 salariés licenciés n'ont pas retrouvé de travail... Il y a entre autres Philippe, ancien cadre, qui témoigne : "Aujourd'hui, je dois me débrouiller avec 435 euros par mois"... Et puis, un peu plus largement... toujours autour de ces sujets sociaux.... vous lirez le dossier des Echos... "Les conflits sociaux prennent des formes de plus en plus diversifiées"... Et le quotidien économique explique : "On croyait la grève d'un autre âge... sauf que les récents mouvements de contestation prouvent qu'elle n'est pas morte... Au contraire, elle se diversifie... Et ces nouvelles formes de conflit ne sont pas forcément plus faciles à affronter pour les directions"... Grèves du zèle... grèves perlées... pétitions... refus d'effectuer des heures supplémentaires... Autant de nouvelles manières de montrer son mécontentement... Et c'est souvent plus efficace... Sans compter aussi les blogs... Et Les Echos d'en citer quelques-uns, où l'on voit tout de suite de quoi il retourne : "On redoute La Redoute"... "SFR en colère"... Et sinon, direz-vous, y a-t-il quelque chose d'autre à lire dans la presse ce matin ?... autre que les déboires du MEDEF et de l'UIMM ?... Il y a bien sûr "Hillary Clinton qui joue son va-tout face à Obama"... C'est Le Figaro, qui rappelle qu'après 11 défaites consécutives, l'ex-First Lady doit impérativement gagner aujourd'hui les primaires du Texas et de l'Ohio... Dans Libération, un Grand Angle consacré à "Chicago, le berceau d'Obama"... Côté santé... Le Monde publie la carte des maladies cardio-vasculaires... où l'on constate de fortes disparités en Europe... L'est de l'Union Européenne est particulièrement affecté... la France, en revanche, la moins touchée... Et puis dans Le Figaro... "Moins de télévision fait maigrir les enfants"... Et le journal explique que cette étude nord-américaine analyse : "La perte de poids des enfants privés de télé n'est pas due à l'augmentation de l'activité physique, mais à la diminution de l'alimentation"... "Les Ch'tis plus forts qu'Astérix"... C'est la Une d'Aujourd'hui en France-Le Parisien... Le journal revient sur les chiffres d'entrée exceptionnels du film de Dany Boon, 5 jours après sa sortie nationale... "Bienvenue chez les Ch'tis" est en passe de battre tous les records... A vous de savoir si vous êtes plutôt bière du Nord ou plutôt potion magique... Et puis pour finir, puisque nous parlons beaucoup d'économie ce matin... cette question, dans Le Monde : "A sexe faible, impôt faible ?"... C'est une théorie avancée par trois économistes... Pour lutter contre la discrimination dont sont victimes les femmes dans la vie professionnelle, ils proposent de diminuer leur taux d'imposition, et d'augmenter simultanément celui des hommes... L'idée, c'est qu'une légère augmentation d'impôt ne changerait rien à l'activité professionnelle masculine, alors qu'elle inciterait les femmes à travailler davantage... Le Monde rapporte que le candidat qui mène la droite espagnole pour les législative le week-end prochain s'est approprié l'idée... Il promet 1.000 euros de réduction d'impôt aux femmes salariées... Et les critiques fusent... Un économiste français dénonce "une proposition qui repose sur une vision traditionnelle des foyers, alors que de plus en plus de salariés sont célibataires"... Alors on ne tranchera pas ici... Seule remarque : il n'y a que des hommes qui participent à ce débat...

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