8H30 la revue de presse, bonjour hélène jouan

On commence par les Oscars ?!

Vous avez aimé Leonardo di Caprio dimanche soir ? vous adorerez le tapis rouge des toutous Marc! A savourer sur le site de l’afp, le making of du photographe Timothy Clary, reportage sur ce qui est considéré comme les Oscars du monde canin, le Westminster Dog Show, l’un des événements « sportifs » les plus anciens des Etats unis, inventé en 1877 avant l’ampoule électrique précise le journaliste, avant le basket ball et la fermeture éclair. C’est une affaire sérieuse que ce concours de beauté à New York raconte t il, les précédents vainqueurs ont eu l’insigne honneur de sonner par exemple la cloche de Wall Street, ou d’être invités à se bâffrer de hamburgers dans le mythique restaurant du Theater District. Photos hilarantes de ces chiens qui avant de concourir ont droit à une vraie journée de spa, l’un ressemblant à une pelote de laine dégoupillée, l’autre à une nymphette trop coiffée et trop maquillée, clichés touchants aussi de ce photographe qui sait saisir les incroyables interactions entre ces canins et leurs maitres. « j’ai vu des chiens sauter en l’air dans les bras de leur maitre pour fêter une victoire raconte t il , exactement comme des joueurs de basket dans les bras de leurs coéquipiers ». Aucune moquerie de la part de Timothy Clary sur ce dog show, mais un reportage qui détend néanmoins les maxillaires

Et comme vous avez décidé de ne pas être sérieuse ce matin, conseil de vacances maintenant !

Parce que c’est idiot de bronzer idiot pendant les vacances, partez plutôt à la rencontre de Donald, Bernie et Hillary ! Tourisme d’un nouveau genre qui se développe: le magazine du monde M a accompagné des danois, français ou hollandais qui ont choisi le temps d’un voyage, de plonger au cœur des primaires américaines, afin disent ils d’avoir « la chance de serrer la main du futur président des Etats unis ». « Dans la grange surchauffée où le chrétien évangéliste Ted Cruz se fait attendre, on les repère come les Dupont, raconte le journaliste Maxime Robien. Leur costume bleu électrique tranche avec les motifs camouflage des membres du Tea Party « on voulait s’habiller pour l’occasion, on en a peut être un peu trop fait visiblement » sourient 2 danois infiltrés Malthe et David, tout heureux de découvrir une Amérique moins binaire disent ils, que celle présentée par la presse au Danemark. Ils sont en fait impressionnés par ces « gens droits, chaleureux, qui s’investissent pour leur communauté. Si on ne se rend pas sur place, on ne peut pas comprendre ». Certains tours opérateurs se sont placés sur ce créneau haut de gamme avec la promesse de « voyager au délà des gros titres ». Alors, il y ceux qui viennent pour comprendre donc, et ceux qui viennent pour apprendre. Une agence de communication d’Amsterdam a inclut dans son cursus de formation de Spin doctor, cette immersion in vivo. Les apprentis se mettent au service des Qg de candidats, et mettent les mains dans le cambouis, porte à porte, appels téléphoniques aux candidats, pancartes secoués au bord des routes glacés…Faudra pas s’étonner si d’ici quelques mois, si les primaires chez les Républicains français, ou peut être à gauche, ont quelque chose de « So us »…c’est que quelques militants se seront payés le voyage

On poursuit Hélène, avec la langue française qui ne cesse de se réinventer..

Il y a quelques semaines, on s’étripait pour savoir si nénuphar avec un F, n’était pas le signe de la perte de notre identité française, à lire le Parisien ce matin qui s’amuse à lister les « blazes », les surnoms donnés par leur habitants à leur ville, on se dit qu’en terme de créativité, y a pas de souci à se faire pour cette identité. Paris-Paname, chanté par Ferrat, Renaud ou Booba, pas nouveau, mais connaissez-vous Gégenne, Morlingue ou Brétoche pour gennevilliers, Morangis ou Brétigny, orlywood ou Blankok pour Orlyville ou le Blanc Mesnil ? Le linguiste Alain Rey s’émerveille de cette morphologie du français toujours aussi vivante. L’imagination est sans limite ! comment expliquer qu’Epinay sur seine soit affublé du surnom de 322 ? figurez vous qu’afficher 322 sur les calculatrices des années 80 donnait en miroir ESS, soit les initiales de la commune. Il s’agit là d’un acronyme alpha numérique. Une rareté parait il.

On revient Hélène à l’actualité du jour

Oui j’ai gardé le moins drôle pour la fin. Une info en trompe l’œil d’abord. Hier, le ministère des finances a largement communiqué sur un chiffre, celui du pactole des contrôles fiscaux : plus de 21 milliards d’euros de redressements notifiés l’an dernier. Formidable. Mais les Echos nous mettent en garde ce matin : formidable, mais ce n’est pas du tout ce qui rentre dans les caisses de l’Etat. En réalité le taux de recouvrement de ces contrôles reste faible, entre 40 et 50% chaque année. Soit l’an dernier un peu plus de 12 milliards d’euros

Plus glaçant car il s’agit là de sécurité, l’entretien accordé à Libération du président de l’Autorité de sûreté nucléaire. Pas suspect d’être anti nucléaire prévient le journal, Pierre Franck Chevet y va pourtant cash sur les risques d’accident nucléaire encourus par la France, au moment même où Ségolène Royal se dit prête à prolonger de 10 ans la vie d’un certain nombre de centrales françaises. D’abord, il rappelle à toutes fins utiles à la ministre, que c’est bien lui qui prendra in fine la décision de prolonger ou pas ces centrales. Sans fard, il pointe surtout le contexte « particulièrement préoccupant», sur fond de vieillissement des installations et de difficultés économiques des acteurs aujourd’hui du nucléaire, en gros Areva en faillite et EDF en grande difficulté ont-ils les moyens de supporter les énormes investissements à faire pour permettre un prolongement sans risque des vieux réacteurs, il souligne que les anomalies « très sérieuses » repérées sur la cuve de l’EPR de Flamanville ou la corrosion observée à la Hague, l’ont été grâce à son alerte, et pas du fait des exploitants. Pierre Franck Chevet affirme qu’il « y aura un accident majeur en europe type fukushima. » On fait un maximum pour l’éviter mais malgré tout on pose le principe que ça peut arriver », il regrette au passage une « perte de mémoire collective depuis Fukushima ».

En complément, juste pour se rendre compte de ce que ça coûte en terme de vies humaines et de milliards d’euros, un article d’ Alternatives Economiques qui tire le vrai bilan justement de Fukushima près de 5 ans jour pour jour après la catastrophe : 87 milliards d’euros au total, entre démantèlement, décontamination et indemnisation, soit 11% du PIB japonais. Le vrai prix de l’énergie nucléaire.

Et puis enfin rien à voir, mais vous l’évoquiez dans la première de votre entretien, la guerre en Syrie. Dossier dans Courrier International, sur « Notre guerre, paroles de syriens », bouleversant car ce sont les mots de ceux qui la vivent au jour le jour qui ont été choisis. Récit ironique sur la difficulté d’enterrer ses morts dans le pays, c’est devenu tellement cher qu’on préfère vendre les corps des défunts, récits doux amers de ceux qui à Damas tentent de célébrer la saint valentin dans une ville dévastée et marquée par ses morts, récit d’exil de ceux qui se sont réfugiés en Turquie. Récits d’Insoumis à leur manière, que je vous conseille Tsevan Todorov

On termine par le tennis, premier tour de la Coupe davis qui démarre en Guadeloupe

Si le quotidien sportif l’Equipe retient surtout l’affiche glamour de « Captain Noah » comme il l’appelle, qui a réussi la prouesse d’aligner pour la première fois sur une même feuille de match les 4 mousquetaires français de la nouvelle génération, d’autres journaux révèlent les aspects un peu moins reluisants de ce premier tour en Guadeloupe. « Une victoire pour oublier les affaires » souligne l’Humanité qui rappelle que le monde du tennis est secoué par l’éviction brutale d’Arnaud Clément, mais aussi par l’enquête en cours sur les dérapages présumés dispendieux du président de la fédération..Le Figaro souligne incidemment que le choix par Noah de la Guadeloupe reposait sur la présence du géant canadien Raonic, raté, il est forfait, du coup l’équipe du canada ressemble à une équipe d’Interclub. Enfin la Voix du nord raconte le long voyage de la terre battue sur laquelle les balles feront ploc ploc aujourdh’ui à baie mahault. C’est en effet une entreprise de l’Oise qui a remporté le marché, mais la terre battue a transité par Dunkerque : 426 de grosses poches plastiques d’une tonne chacune, 20 conteneurs de 27 tonnes chacun et 14 jours de mer. Un million et demie d’euros de facture pour cette belle terre rouge. Dommage, il parait qu’il va pleuvoir…

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