Dans le Point et dans un livre, "Dessiner encore", Coco de Charlie Hebdo dit le 7 janvier 2015 et l'étonnement de vivre. Dans Slate et dans un livre, "Vivre après", des enfants de survivants de la Shoah contemplent leurs parents. Un apiculteur a sauvé ses abeilles en les descendant à la cave, la Dépêche.

On parle de la Révolution...   

La grande la vraie de 1789, qui dans le cahier littéraire du Figaro ce matin mais aussi sur les sites du Monde et du journal suisse la Liberté, rime avec libation. "Le jour de boire est arrivé" titrent ensemble le figaro et la liberté, reprenant une parodie d'époque de  la marseillaise, le Monde plus dignement parle d'un peuple alcoolisé à l'assaut des lieux de pouvoir, le Figaro un brin voyeur mais vous irez lire! décrit quelques atrocités révolutionnaires, dont les auteurs, je cite "n'étaient pas nécessairement des individus sobres"...     

Et voilà donc une histoire sacrée soudain entachée,  par un psychiatre alcoologue. Il s'appelle Michel Craplet, son livre s'intitule "L'ivresse de la Révolution", il n'arrive pas sur un terrain vierge, la pauvre Marie Antoinette soupirait, "je ne puis apparaitre à une fenêtre même avec mes enfants sans être insultée par une populace ivre". Les ennemis de la République ont longtemps daubé sur cette ivresse régicide mais qui finalement, est devenu dit Craplet un tabou: lourde erreur..  

Il explique, c'est passionnant, que le vin était un produit rare et donc cher, le peuple n'y étant pas accoutumé et réagissait d'autant plus à sa consommation. La boisson était politique, les rois avaient enivré le peuple dans des fêtes publiques pour le contrôler, les autorités révolutionnaires reprirent la tradition, et ainsi les Français s'oublièrent dans l'alcool, et se protégèrent mentalement des violences de l'époque, les gardes suisses qui furent tués aux Tuileries en défendant le roi étaient ivres, comme étaient ivres parfois des parlementaires, et Louis XVI avait un problème d'alcoolisme, ce qui n'exclut pas un sens politique à l'approche du désespoir: le roi habilement leva son verre à la Nation en 1792, i y gagna un répit avant d'être emporté par l'ivresse de la révolution...   

 Et nous voilà donc -après avoir entendu Pierre Nora que l'on peut lire aussi joliment dans l'Express- dans les replis de l'histoire, qui disent la vie à côté des grands tableaux.   Vous lirez sur le site de Slate une mémoire qu'on dit peu, celle des enfants de déportés survivants de la shoah, l'une d'entre eux, Danièle Laufer se raconte et raconte ses pareils dans un livre, "Venir après" et ces paroles  décapent, elles arrachent le génocide à son monument comme jadis la bande dessinée Maus. Un homme, s'interroge ainsi. «Est-ce qu'ils sont dingues à cause des camps ou est-ce qu'ils ont survécu dans les camps parce qu'ils étaient dingues?» et il poursuit sa réflexion son fantasme, il parle de son père. "Est ce qu'il n'a pas été un peu kapo? Est-ce que pour survivre, il n'a pas  été sur la ligne jaune? Est-ce qu'il n'a pas volé un peu de pain, des cuillères, des bols? Est-ce qu'on peut vraiment survivre en étant réglo?»   

Dans Libération on nous parle d'un autre livre, le récit d'une survivante, Franci Rabinek Epstein, dont nul éditeur n'avait voulu de son vivant. Elle racontait comment dans les camps elles et d'autres femmes pour être humaines contre leurs bourreaux, faisaient vivre leurs corps, recherchaient le désir -pouvons nous l'entendre, comme nous admettons la sauvagerie de la révolution. 

 On parle d'une autre survivante...  

Que nous recevrons bientôt mais qui dès aujourd'hui  parle dans le Point avec une belle force alors qu'elle semble, ce sont ses mots, une frêle brindille... Voilà Corinne Rey, dites Coco, de Charlie Hebdo, elle sort un livre la semaine prochaine intitulé dessiner encore, où elle dit ce 7 janvier 2015, quand deux assassins djihadistes la forcèrent à composer le code des locaux où ses amis étaient réunis, et dans ses dessins elle se monte petite nue écrasée par les monstres qui la menaçaient, et puis après terrifiée d'être, les yeux écarquillés "chaque instant de vie m'étrangle" dit une légende du livre qui se poursuit ainsi, "et pourtant je voudrais qu'il ne s'arrête jamais", elle serre en dessins sa fille, elles sont entourées de vagues, l'interview est belle comme la vie, comme elle, qui se prolonge même quand tout l'a éraflée....   

Lisant Le Monde et Libération, vous vous demanderez alors comment vit comment vivra cette famille Kurde, un père une mère deux enfants un bébé dans le ventre de la mère, que des gendarmes français interceptèrent en septembre dernier sur une plage du Pas de Calais, alors qu'ils allaient tenter la traversée vers l'Angleterre. Dans l'opération, la mère perdit les eaux, essaya d'alerter les gendarmes dans un mauvais anglais qu'ils n'entendirent pas, et après avoir été retenue toute la nuit, la mère s'en alla à l'hôpital accoucher d'une fillette joufflue et belle qui allait mourir trois jour après.   

Dans Libération encore on nous raconte des policiers embarrassés des temps modernes, une sociologue est allée accompagner la Brigade de répression du proxénétisme, nouveau nom de l'historique Brigade mondaine  qui est restée un mythe -mais le monde a changé, et la sociologue, Gwenaelle Mainsant regarde ces hommes qui ne savent pas gérer les prostitués masculins ou bien transgenre ou les prostituées chinoises ou noires non francophones, des uns on dit "c'est crade", des autres " on ne comprend pas"  

C'est curieux et  plus facile à lire, si l'on parle de mœurs que les déclarations dans Mediapart  d'une femme de 52 ans nommée Nathalie Collin, c'est elle qui a porté plainte, pour se libérer contre l'ancien ministre Jean-Michel Baylet qui e.t jadis avec elle, dit-elle  une histoire d'attouchements qu'elle croyait être de l'amour, elle avait douze ans...    

On parle enfin d'une chanteuse... 

 Une soprano de Limoges, Eva Christophe, qui par son art enseigne aux enfants et aux adultes en perte de confiance, que la voix est une manière de s'honorer, elle est la belle histoire du Populaire du centre, cette femme qui crut perdre la sienne dans une opération...  

Elle est aussi belle à lire que la violoniste qu'honore Paris-Match: Glass Marcano a 25 ans, elle vient du Venezuela où grace à une intitution unique en Amérique latine, El Sistema, on tripote l'archet dans les villages pauvres, Glas en vient. Adolescente elle trompa le violon pur le rap et le graffiti puis y revint et dans un parcours que vous lirez, promis, s'est retrouvée chez nous à la philharmonie, où se joue son destin...  

Ces femmes brillent autant que le diamant si beau qui fascine le figaro, que la maison chanel a fait tailler pour se célébrer, il fait 55,55 carats, non, on ne le vendra pas.   On nous propose heureusement des plaisirs plus modestes. Dans la Dépêche vous lirez comment Xavier Dumont, apiculteur amateur, a sauvé ses abeilles, qui par la faute du réchauffement climatique ignoraient qu'on était en hiver et allaient folâtrer hors de la ruche et mourir... Il a pris ses deux ruches alors et les a descendues dans sa cave, où il faisait froid comme les hivers d'antan, aucune n'est morte, c'est le plus bath des confinements.

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