Racaille, voyous, sauvageons.. Ils en auront entendu de toutes les couleurs, les jeunes de la banlieue. Alors qui sont-ils ces jeunes, ou moins jeunes d'ailleurs... Que disent-ils... Que veulent-ils ? L'hebdomadaire "Le Point" a voulu le savoir... Et les réponses, vous allez le voir, sont édifiantes. Reportage à Epinay, là où un homme a été assassiné sous les yeux de sa femme et de sa fille, il y a tout juste une semaine. "Face à des keums qui sont niqués de la tête, tu peux mettre tous les keufs que tu veux... Ca ne sert à rien". Ils sont une dizaine de jeunes autour des reporters du "Point"... Ils débattent du drame de jeudi... Pour eux, la mort du père de famille est un accident, pas un meurtre. Un accident de quoi ? Un jeune répond : "Ici, ca deale. Les keums, tu peux même pas les regarder, alors si tu photographies, tu joues ta vie". L'homme tué jeudi, rappelons-le, venait photographier un lampadaire que sa société avait installé. Jeunes.... moins jeunes... Un homme de 43 ans, figure historique de la banlieue, explique à son tour, avec le recul dû à son âge et à son expérience dans le quartier : "Ici, ça va, mais à Orgemont, c'est la jungle. La seule chose qui compte, c'est la thune, le sexe et la loi du plus fort. On peut te tuer simplement parce que tu refuses de donner une cigarette". Jean-Michel Décugis, bonjour... Vous signez ce reportage à Epinay... Ce qui est frappant, c'est que tout au long de votre papier, la parole de la banlieue, si je puis dire, est marquée par un certain fatalisme... Du genre : ben oui, c'est comme ça... Comme si la violence était quelque chose de naturel. * Et les policiers que vous avez interviewés, que disent-ils ? Merci, Jean-Michel Decugis... C'est donc à lire dans "Le Point". Les jeunes, la banlieue, les violences... Du côté des quotidiens nationaux, l'embrasement est sur toutes les Unes, sans exception... Conjugué sur deux thèmes : les propositions des maires... Développées par "Libération", "L'Humanité" et "La Croix"... Et l'incompréhension des habitants des quartiers concernés... C'est dans "Le Parisien" et "France Soir"... Sous les titres : "Le ras-le-bol" et "Ca suffit !"... Ces deux journaux nous racontent également comment des malfaiteurs ont incendié un bus, et surtout comment une femme à mobilité réduite a été brûlée au troisième degré... Tout simplement parce qu'elle n'a pas eu le temps de sortir. Au bout du compte, habitants et commerçants ne comprennent pas pourquoi les jeunes s'en prennent à leurs propres quartiers... Sentiment exprimé en titre dans "France Soir" par cette phrase en forme de question, qui résume tout... "Mais qu'est-ce qu'on leur a fait, à ces gamins ?". A gauche, nos hommes politiques... Morts ou vifs. Celui qui veut entrer dans l'Histoire et celui qui s'y est inscrit... Laurent Fabius, François Mitterrand... Une filiation... Laurent Fabius, vous le retrouvez dans quasiment toute la presse, ce matin, après son meeting d'hier soir dans l'Essonne, chez son allié Jean-Luc Mélenchon, devenu "fabiusolâtre"... A 15 jours du Congrès du Mans, Laurent Fabius est en campagne... Et comme le dit Christophe Barbier, du "Point" : "Il peut le perdre, ce Congrès, mais garder toutes ses chances d'être candidat du PS à la Présidentielle... C'est sa bataille, à coups d'intox, manoeuvres et contrepied de sa part, comme de celle de François Hollande... En tout cas, il voulait le mettre hors jeu"... "Eh bien, ce Congrès, au contraire, l'a replacé au centre du jeu", explique un proche de Fabius. En tout cas, bonjour l'ambiance... D'autant plus, et vous le découvrirez en lisant l'hebdomadaire "Politis"... Que tout n'est pas très net sur la planète socialiste. Secrets autour de l'évolution sociologique du parti, entraves aux nouvelles adhésions, magouilles dans les sections, affirme "Politis"... Le Congrès du Mans n'est pas qu'une bataille d'idées. Voilà un parti qui, par exemple, compte moins de 5% d'ouvriers et moins de 5% de jeunes au-dessous de 30 ans... Moyenne d'âge, en fait : 55 ans... Plus de 40% de retraités, et un nombre considérable d'élus parmi les militants... Voilà un parti coupé des réalités... Et qui tente souvent de cacher lesdites réalités, affirme "Politis"... Bref, une certaine part d'ombre. La part d'ombre, ça vous rappelle quelqu'un... François Mitterrand, bien sûr... Dont le souvenir est honoré cette semaine à la Une et dans "L'Express", qui publie les bonnes feuilles du livre de Jacques Attali... En exclusivité. "C'était François Mitterrand"... Le titre du livre est sobre... Et Jacques Attali y dévoile des informations inédites, quelquefois passionnantes, comme une lumière sur la part d'ombre... Le conseiller spécial du Président, qui est resté dix ans auprès de lui, se souvient du chef d'Etat, mais aussi de l'homme. Et l'on découvre par exemple qu'en plein G7, Ronald Reagan lance à la figure de François Mitterrand, en plein discours, un épais dossier... Heureusement, la cible n'est pas atteinte. On découvre aussi que François Mitterrand était beaucoup moins à l'aise en "Président de tous les Français" qu'en "défenseur de la France à l'étranger". Dans l'Hexagone, raconte Jacques Attali, Mitterrand semble vite s'ennuyer... Il ne se passionne plus pour grand'chose après 84, et plus pour rien après 88... Seule la politique étrangère l'intéresse. Comme Jacques Chirac... Peut-être... Mais avec plus ou moins de bonheur, comme en témoigne "Le Gri-Gri international". Alors, un mot sur ce journal, qui vit une deuxième jeunesse... Fondé à Paris en 2001 par des journalistes africains en exil, "Le Gri-Gri" mélange infos exclusives sur l'Afrique et le Maghreb, caricatures et humour corrosif... Il est un peu aux Africains ce que "Le Canard Enchaîné" est aux Français... Interdit dans les deux Congo, expulsé du Gabon, banni de Tunisie, "Le Gri-Gri" n'est en vente libre qu'au Sénégal, en Côte d'Ivoire... Et en France. Quant aux abonnements à destination de l'Afrique, ils sont diffusés par courrier, sous pli, afin d'éviter la censure. Jacques Chirac donc, dans "Le Gri-Gri"... A propos de son voyage en Libye. Le titre d'abord : "Kadhafi-Chirac : seules comptent les preuves d'amour"... Vous allez comprendre. Après la visite, le colonel Kadhafi aurait dit du Président français : "J'étais face à un courtier, et non pas face au chef d'un grand pays comme la France"... Chirac n'a pas parlé politique, rapport l'hebdomadaire, ni même de l'Afrique... Toutes ses discussions se sont concentrées sur les contrats qui pourraient être signés avec les entreprises françaises. Il paraît même que les patrons français, qui faisaient partie du voyage, se sont trouvés obligés de pousser le Président à parler politique pour relancer leurs affaires... Chose faite, d'ailleurs, en un temps record, avec Dassault, Total ou Alcatel... Ce qui explique le titre : l'amitié franco-libyenne n'existe pas... Seules comptent les preuves d'amitié... De préférence sonnantes et trébuchantes. Avec plaisir, pour un petit détour affriolant... Une information relatée par le journal "Geowissen", de Hambourg, cité par "Le Courrier International"... Avec une patience de bénédictins, des chercheurs allemands ont épluché des tonnes de statistiques nationales et de publications scientifiques, pour calculer le temps moyen consacré par les Allemands à diverses activités, pendant 78 ans... C'est l'espérance de vie moyenne outre-Rhin. Conclusion : nos voisins passent 24 ans et 4 mois à dormir, 5 ans et demi devant la télé, 5 ans à boire et à manger, 15 jours à prier, 6 mois dans les embouteillages... Autant sur les toilettes... Le détail qui tue... Et 6 semaines en préliminaires... Le détail qui fait rêver... Je vous souhaite un bon week-end !

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