Vous n'y échapperez pas ce matin, son visage contrit est à la Une de pratiquement tous vos journaux : du Figaro à Libération en passant par le Financial Times, la Croix ou Les Echos. Barack Obama a du mal à digérer sa défaite. "Une élection humiliante pour Obama" titre l'International Herald Tribune. Les journaux français sont plus sévères... Sa défaite : "une sanction" nous dit Le Monde, "une raclée" renchérit Libération. Et Anne Fulda dans Le Figaro décrypte l'attitude du président américain : "Il n'a plus le regard conquérant et le verbe étincelant qu'il arborait le jour de sa victoire. Ce jour-là, il y a un siècle, il appartenait à la race des seigneurs. Une défaite plus tard, Barack Obama n'est plus le même. Un peu groggy, le verbe mesuré, le regard baissé, l'homme le plus puissant de la planète avait changé de registre. Obama s'est mué en agneau tout doux, il a joué l'humilité, a dit comprendre les électeurs frustrés par une reprise économique qui se fait attendre". Mais Barack Obama a poussé l'exercice assez loin, juge Anne Fulda. Il n'a pas hésité à mettre son orgueil en berne. Il a même reconnu sa part de responsabilité. Et Anne Fulda, cruelle ou lucide, conclut : "Du grand Art !". La politique est un théâtre. Elle pourrait même tourner à la pantomime si l'on en croit Christophe Lucet dans Sud-Ouest. "L'intellectuel de Chicago, écrit-il, a intérêt à enfiler les gants de boxe pour aller boire le thé avec le camp d'en-face, car certains (ceux du tea-party au premier chef), ne rêvent que de lui briser la tasse sur le crâne comme les Bostoniens de 1973 firent sur celui des marins du roi d'Angleterre". "Dans les deux ans qui viennent, ça va tanguer à Washington" prédit Christophe Lucet. Et l'éditorialiste continue de filer la métaphore : "Obama est loin d'avoir perdu ses chances pour 2012. A condition de quitter l'ovale de son bureau pour le carré du ring et de soigner sa droite sans négliger sa gauche". Cohabitation forcée constate La Croix. Obama tend la main aux Républicains. On saura vite, dit Jacques Guyon dans La Charente-Libre, si la cohabitation qui s'annonce va être une guerre sanglante comme le promet le tout nouveau speaker républicain de la Chambre des représentants ou si l'ampleur des enjeux, notamment en matière d'emploi, va obliger les deux camps à composer. Seulement voilà, remarque Laurent Marchand dans Ouest-France, la percée du tea-party flaire plus l'obstruction que le dialogue. Depuis hier, la campagne pour les primaires républicaines est en route. Et même, selon Hervé Favre dans la Voix du Nord, la campagne des présidentielles de 2012 commence aujourd'hui et les intégristes laissent planer la menace d'une candidature tea-party si le candidat républicain est trop mou à leur goût. Et évidemment, nombre d'éditorialistes font des parallèles avec la France. Ainsi, Nicolas Fostier dans L'Union : "Voilà qu'une question nous remue les méninges : doit-on oser la comparaison entre Nicolas Sarkozy au plus bas dans les sondages, et le président américain ?" Pour cela, Nicolas Fostier joue au jeu des 7 erreurs. Obama est accusé de conduire une politique trop sociale alors que son homologue français est régulièrement tancé pour ses positions jugées trop injustes. Bref, les voilà l'un contre l'autre à front renversé. Mais la dernière différence entre les deux hommes est de taille : par le truchement du calendrier électoral français, Nicolas Sarkozy, lui, ne peut pas perdre sa majorité parlementaire en cours de mandat. C'est pour cette raison, d'ailleurs, que pas une seule voix ne lui a manqué au moment d'imposer sa réforme des retraites. Bruno Duvic : Ce qui nous ramène à la politique française et à ses coulisses, avec les soupçons d'espionnage de journalistes... Denis Astagneau : Vous connaissez Bernard Squarcini ? C'est le patron de la DCRI, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur. Hier, Le Canard Enchaîné accusait Nicolas Sarkozy de demander personnellement à Bernard Squarcini de surveiller tel ou tel membre de la presse dès qu'un journaliste se livre à une enquête gênante pour lui ou les siens. Le patron du renseignement a répondu à Libération : "Je ne reçois pas d'ordre de Sarko mais d'un patron, le directeur général de la police nationale. Je n'ai pas volé d'ordinateurs. Je ne m'intéresse pas aux journalistes. Je n'ai pas de cabinet noir à la DCRI. Bref, je ne suis pas la gestapo, ni la bête noire des journalistes". Libération ne paraît guère convaincu. Le doute subsiste et les affaires s'accumulent écrit le journal. Pour sa part, le site Mediapart, par la plume d'Edwy Plenel, s'insurge que Nicolas Sarkozy à une question sur les vols d'ordinateurs commis à l'encontre des journalistes enquêtant sur l'affaire Bettencourt, que Nicolas Sarkozy ait répondu : "Je ne vois pas en quoi cela me concerne !". "Si, Monsieur le président, cela vous concerne, écrit Plenel, c'est notre démocratie toute entière qui est éminemment concernée par ce qu'on nous rapporte depuis plusieurs semaines". Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées se pose des questions. L'affaire du vol des ordinateurs de journalistes du Monde, du Point ou de Mediapart comporte des aspects étranges : le fait que les ordinateurs aient été emportés alors que des professionnels pouvaient aussi bien copier leur disque dur. Que cherchait-on ? Intimider d'éventuelles sources à l'heure où, avec la nomination de juges d'instruction indépendants dans l'affaire Woerth-Bettencourt, certaines bouches pourraient s'ouvrir. Bruno Duvic : Etre jeune ou rester jeune ?... Telle est la question... Denis Astagneau : Etre jeune, c'est l'enquête de Courrier-International qui fête ses 20 ans. "Avoir 20 ans en 2010". Courrier-International nous propose un voyage autour de la planète jeune où l'on y voit ces improbables punks qui vivent en Birmanie. Ils ont 20 ans et n'ont connu que la dictature militaire et ses privations. Le rap et Internet les aident à oublier ou à combattre le régime en place. A Rangun, ces punks aux crêtes jaunes ont passé outre les consignes de la junte de rejeter les tenues décadentes de l'Occident. On vit dans la peur. On vit sous la dictature. Les gens ont besoin d'air frais, ils évacuent leur colère, leur énergie. Vous y verrez aussi comment, en Bosnie-Herzégovine, les jeunes ne veulent plus se faire avoir par la guerre. Comment, au Salvador, échapper aux gangs est un chemin de croix. Comment en Iran, on oscille entre engagement politique et paradis artificiels. Presque du conformisme occidental. Mais en Occident, on se préoccupe plutôt de rester jeune, autrement dit de vivre plus longtemps sans être vieux, ou du moins sans en avoir l'air. C'est le dossier du Nouvel-Observateur avec une enquête auprès de ces chercheurs qui veulent faire reculer les frontières du vieillissement. Si l'on en croit le "b.a. BA" du bien vieillir, il apparaît que le meilleur pour le cerveau, c'est l'exercice physique. Et que dans le même temps, le divan et la psychologie sont parfois plus efficace qu'un coup de bistouri. Quel âge avez-vous ? Si on vous le demande, vous direz que vous n'en savez plus rien. Tiens, regardez, Catherine Deneuve, elle est à la fois dans Paris-Match et dans les Inrockuptibles. "C'est la grande âme du cinéma" nous disent les Inrocks qui rappellent que François Truffaut écrivait d'elle "qu'elle n'était pas une fleur, mais un vase". François Ozon en fait désormais sa "potiche", le titre de son dernier film. Catherine Deneuve, vous pouvez aussi choisir de la retrouver dans Paris-Match qui a passé une semaine avec elle. Elle continue à ignorer le politiquement correct, cigarettes, gourmandises, shopping : elle a du mal à résister à ses désirs... On est bien loin de l'autre enquête de Paris-Match sur l'ultra moderne solitude, pour reprendre un titre de Souchon. Aujourd'hui, un Français sur dix à moins de trois conversations personnelles par an. Un chiffre effrayant publié par la Fondation de France. Le phénomène ne concerne plus seulement les personnes âgées, il touche des millions de Français dès 40 ans, en ville et à la campagne. A lire donc, dans Paris-Match de cette semaine.

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