Le 19 septembre dernier, François Hollande est au Mali, pour l'investiture du nouveau président Ibrahim Boubakar Keita. Discours au stade de Bamako, huit mois après le début de l'intervention française. Il parle d'une "victoire" et de la libération des différentes villes, notamment Kidal "enfin libérée".

Cette guerre au Mali, même Le Figaro en fait une des réussites de la présidence Hollande, ce matin encore. "Déclenchée sans tergiverser, elle a libéré des population du joug islamiste et permis le rétablissement d'un président légitimement élu à Bamako" écrit Philippe Gélie dans l'éditorial. Mais il ajoute quelques lignes plus loin : "Le double crime de Kidal jette une ombre sur ce bilan".

Au delà du voile noir jeté sur la liberté de la presse ("La presse assassinée", titre ce matin Libération ), la mort des deux envoyés spéciaux de Radio France Internationale rappelle une réalité simple et froide, comme la manchette de La Dépêche du Midi ce matin : "Mali : la guerre n'est pas finie". "Interminable guerre", se désole La Croix .

Mali
Mali © Maxppp

Kidal enfin libérée, disait le président Hollande dans son allocution. Dans l'éditorial de Libération ce matin, Fabrice Rousselot semble lui répondre : "Kidal reste une zone de non-droit, berceau de la rébellion touareg séparatiste et foyer de toutes les tensions islamistes".

Kidal, géographiquement, rappelle Jean-Louis le Touzet et Fabien Offner dans le même journal, nord-mali, au sud du massif des Ifoghas, "région totalement aride, écrasée de chaleur, la seule où la souveraineté de l'Etat n'est pas effective". Moins de 500 soldats français ou maliens dans la ville, pas assez pour la sécuriser. La preuve, souligne Le Figaro , les militaires étaient à l'entrée et la sortie de Kidal samedi, lorsque les deux envoyés spéciaux de R.F.I. ont été enlevés. Mais la voiture qui les emmenait a emprunté des terrains vagues.

Il reste encore 3.000 soldats français au Mali. Que font-ils ?

« Stabilisation », répond, Isabelle Lasserre dans Le Figaro . Ils mènent des opérations de ratissage, de contre-terrorisme dans le Nord du pays. "Ils fouillent les régions désertiques à la recherches de petits groupes d'insurgés et de caches d'armes". Ils cherchent à empêcher les groupes terroristes de réorganiser. C'est l'opération « Hydre », lancée le 20 octobre dernier.

"Mais au Mali, comme en Afghanistan, poursuit Isabelle Lasserre, spécialiste des questions de Défense, l'action militaire ne suffit pas pour éradiquer définitivement l'action des groupes djihadistes (...) En intervenant dans le Sahel, les militaires français ont provoqué l'éparpillement des groupes (...) ils ne sont plus capables de mener des actions coordonnées d'envergure, (mais) ils ont conservé leur pouvoir de nuisance".

Alors le calendrier de retrait des forces françaises est très mal engagé voire compromis, reconnait un proche du dossier dans Libération . Et Thomas Hofnung conclut : "Paris, qui voulait à tout prix éviter de se retrouver piégé dans le bourbier malien pourrait bien être en train d'y glisser. Lentement, mais sûrement."

La crise bretonne continue elle aussi

Et elle est de moins en moins lisible. Encore un portique éco-taxe incendié, celui de Lanrodec, hier après-midi. "Lanrodec aussi !" s'exclame Le Télégramme à la Une.

heurts à quimper lors d'une manifestation contre l'écotaxe
heurts à quimper lors d'une manifestation contre l'écotaxe © reuters

Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France , témoignage d'un homme qui pose les mains sur les hanches, au milieu de son champ. "Ils cassent, ils brulent, ils dégradent. Il n'ya que ça qui marche pour faire plier le gouvernement"

Cet éleveur laitier bio à Pont-de-Buis dans le Finistère reste à l'écart du mouvement.

« L'agriculture intensive est dans une impasse, dit-il. Les industriels de l'agro-alimentaire s'arc-boutent, les ouvriers et les paysans sont pieds et poings liés à leur boulot, toute la société est responsable. On a habitué les gens à manger de la viande pas chère, comment revenir en arrière ? (...) Comment se faire entendre, sans gros tracteur, sans gros lobby, sans gros bras ? »

Curieuse manifestation que celle de Quimper, samedi. Des paysans, des ouvriers, des artisans, des patrons, des pêcheurs, des groupuscules d'extrême-droite et des indépendantistes d'extrême-gauche côte à côte dans la rue.

Mais un autre témoin le dit sur Rue89 . "J'ai cru un instant que j'étais à 'La Manif pour tous'. Je suis passé par le parking le long de l'Odet, le petit fleuve qui coule à Quimper. Je n'ai jamais vu autant de 4X4 alignés (...) Ensuite, oui, la foule d'anonymes est arrivée, moins souriante, plus crispée, mélange des genres."

Ce témoin là n'est pas tout à fait neutre, il le reconnait, il travaille pour un élu PS dans la région. "J'ai l'impression que la douleur réelle et parfaitement ressentie des uns est utilisée par d'autres sans scrupule pour gagner plus et conserver leurs marges bien juteuses"

Ce mélange des genres commence à crisper L'Humanité . Le quotidien consacre son dossier d'ouverture à "La Bretagne qui souffre, loin des gros bonnets". « Oui, ça me dérange d'être à côté des patrons », dit un délégué Force Ouvrière.

Alors "Colère Bretonne : et maintenant ?" se demande Ouest France. Réponse d'un politologue qui essaie de poser les bonnes questions susceptibles de rassembler tout le monde : « L'Etat peut-il déléguer certaines compétences par exemple sur les politiques agricoles et environnementales à la région ? Et la région peut-elle négocier une sortie vers le haut de notre agro industrie ? »

Quoi d'autre dans la presse ?

Après les pigeons et tous les volatiles de la basse-cour, le cheval sera-t-il le nouvel emblème de la grogne fiscale ? Trois quotidiens régionaux consacrent ce matin leur Une aux protestations des centres équestres contre la TVA à 20% en vigueur le 1er janvier prochain. Ca vient de toutes les régions : Courrier Picard , Charente Libre et Vosges Matin .

L'appel du grand hebdomadaire allemand Der Spiegel . « L'Allemagne doit offrir l'asile politique à Edward Snowden ». C'est l'homme à l'origine des révélations sur le programme d'écoute des agences de renseignement américaines qui ont espionné jusqu'au portable d'Angela Merkel.

Les propositions des usagers de la route pour faire encore baisser la mortalité en ville et sur les grands axes. C’est à lire dans Le Parisien . Ils ont répondu à une enquête de « 40 millions d'automobilistes ». Leurs propositions : des herses rétractables aux soties d'autoroutes pour éviter les contresens, un phare de couleur différente pour les motos qui remontent les files de voitures, des feux stop à l'avant des véhicules pour mieux informer les piétons ou encore en ville des zones où l'on peut d'arrêter pour envoyer un texto ou passer un coup de fil.

Et puis un homme qui a la tête dure !

Le gardien de l'équipe de France de football Hugo Lloris. Lors d'un match hier avec son équipe de Tottenham il a pris un gros de genou dans la tête. 77ème minute : il perd connaissance, raconte Bruno Constant dans L'Equipe . Quand il se réveille, encore sur le stade, Hugo Lloris se sait pas où il est ni le score de la rencontre. Le remplaçant s'échauffe, mais après quelques minutes, le Français se relève et fait comprendre qu'il veut continuer. Incrédulité de ses coéquipiers. 10 minutes plus tard, il réalise un arrêt parfait qui sauve son équipe de la défaite. Quand à l'attaquant qui l'avait percuté. Il a terminé sur le banc de touche, une poche de glace sur le genou.

Les Anglais le savaient, ils en ont la confirmation : les Français sont têtus…

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